Il y a quelque chose d’étrange avec les pin’s. On en trouve un au fond d’un tiroir, on ne sait plus trop d’où il vient, et pourtant on ne l’a jamais jeté. Un souvenir de concert, un badge ramené d’un voyage scolaire, un logo d’entreprise reçu lors d’un séminaire. Ce petit objet métal-et-émail a traversé les décennies sans jamais vraiment disparaître. Et en ce moment, il revient plus fort que jamais.
Si vous avez envie de (re)découvrir l’univers du pin’s ou d’en créer un pour un événement, une association ou votre marque, vous allez voir que les possibilités sont bien plus larges qu’on ne l’imagine. Les pin’s personnalisés ont notamment le vent en poupe côté communication événementielle — mais on y reviendra.
Sommaire :
Une origine américaine, une explosion mondiale
Le pin’s tel qu’on le connaît aujourd’hui est né aux États-Unis dans les années 1960, dans les milieux politiques. Les campagnes électorales américaines utilisaient déjà des badges bien avant ça, mais c’est avec les mouvements sociaux et la contre-culture des sixties que le format « épingle émaillée » s’est popularisé à grande échelle. On en portait pour défendre une cause, afficher une appartenance, ou juste parce que ça faisait partie du style.
L’Europe a suivi dans les années 1970, surtout via la scène punk britannique. Les blousons en cuir couverts de pins antagonistes, c’était une déclaration d’intention autant qu’un choix vestimentaire. En France, la vague a déferlé dans les années 1980 avec une intensité particulière. Les enfants collectionnaient, les adultes aussi. On en voyait partout : sur les revers de veste, les sacs à dos, les rideaux de chambre épinglés comme des tableaux. Des marques automobiles, des stations de radio, des dessins animés japonais — tout le monde produisait des pins.
Le phénomène a atteint son pic médiatique autour des Jeux Olympiques de Séoul en 1988, où les délégations du monde entier ont échangé des pins par milliers. Cette tradition olympique dure toujours, d’ailleurs.
Les années 1990 et le retour du refoulé
Après l’euphorie des eighties, le pin’s a connu un relatif effacement dans les années 1990-2000. D’autres objets ont pris la relève côté personnalisation : le t-shirt imprimé, le bracelet en silicone, la tote bag. Le pin’s n’a pas disparu, mais il s’est retiré dans des niches : collectionneurs passionnés, communautés de fans, milieux associatifs.
Ce qui se passe depuis une dizaine d’années, c’est un retour par le biais de la culture internet et des communautés créatives. Les illustrateurs indépendants ont découvert dans le pin’s un support de vente parfait : peu encombrant, relativement abordable à produire en petite série, et très partageable sur les réseaux. Les boutiques Etsy et les festivals d’art ont largement contribué à relancer l’intérêt pour le format.
Aujourd’hui, on retrouve des pins dans les rayons de grandes enseignes, dans les box de cadeaux corporatifs et dans les boutiques de musées. Le cycle est complet.
Métal, émail, résine : comment c’est fait ?
La fabrication d’un pin’s suit un processus assez précis, même si les techniques varient selon le rendu souhaité.
La base est presque toujours en métal — laiton, zinc ou acier inoxydable selon les gammes. La découpe du contour se fait par estampage : on presse le métal dans un moule pour obtenir la forme souhaitée. C’est à cette étape que le relief est créé, notamment pour les modèles à émail dur.
Il existe deux grandes familles de finition :
L’émail dur (hard enamel) est coulé dans les compartiments métalliques puis poli à plat. Le résultat est lisse au toucher, brillant, solide. C’est le type qu’on associe souvent aux pins de qualité, ceux qu’on garde longtemps.
L’émail doux (soft enamel) est peint puis cuit, mais sans polissage final — ce qui laisse un léger relief entre le métal et la couleur. L’effet est plus texturé, plus tactile. Moins coûteux à produire, il convient très bien aux commandes événementielles.
Il existe aussi des pins en résine acrylique (souvent appelés acryliques ou charms), qui permettent des impressions photo et des détails très fins impossibles à obtenir en émail.
L’attache au dos peut être une épingle classique, un système de fermeture à clip, un bouton pression ou même un aimant pour ceux qui ne veulent pas abîmer leurs vêtements.
Pourquoi le pin’s reste un outil de communication redoutable
Là où le pin’s se distingue vraiment des autres goodies, c’est dans sa durabilité perçue. Un stylo publicitaire finit dans un tiroir ou à la poubelle. Un pin’s, lui, on le garde. On le montre. On le met sur son sac, sa veste, son bureau. C’est un objet qu’on choisit d’afficher, ce qui lui donne une valeur symbolique que peu d’autres supports promotionnels peuvent revendiquer.
Pour une entreprise, une association ou un organisateur d’événement, c’est une donnée qui compte. Un participant qui repart avec un pin’s aux couleurs de votre marque devient, à sa façon, un ambassadeur ambulant. Pas forcément à grande échelle, mais de façon authentique — parce qu’il porte quelque chose qu’il a voulu garder.
Les secteurs qui utilisent le plus les pins aujourd’hui : le monde associatif, les conférences et salons professionnels, les startups et agences créatives, les événements sportifs, et aussi les mariages. Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête.
Le pin’s dans les mariages et événements privés
L’idée peut surprendre, mais les mariages avec des pins personnalisés sont devenus une tendance bien réelle, particulièrement dans les pays anglophones, et elle gagne du terrain en France. Le principe est simple : offrir à chaque invité un pin’s aux initiales des mariés, à la date, ou avec un motif qui leur ressemble. C’est un souvenir que les gens conservent — bien plus qu’une dragée ou un porte-clés générique.
Certains couples vont plus loin et créent une sorte de « collection » pour les différents membres du cortège ou pour marquer les étapes du weekend (répétition, cérémonie, soirée). D’autres utilisent le pin’s comme passe d’entrée déguisé, ou même comme marque-place original.
Pour les anniversaires, les enterrements de vie de garçon/fille, les séminaires d’entreprise, le même principe s’applique. L’objet fonctionne parce qu’il est à la fois personnel et transportable, intime et visible.
Choisir son pin’s : ce qu’il faut savoir avant de commander
Quelques points pratiques si vous envisagez une commande :
La taille influe beaucoup sur la lisibilité. En dessous de 2 cm, les détails fins sont difficiles à reproduire. Entre 2,5 et 4 cm, c’est la zone idéale pour la plupart des usages.
Les couleurs sont généralement indexées sur le système Pantone pour garantir une fidélité de teinte. Si votre logo a une couleur précise, assurez-vous que le fabricant travaille bien avec ce référentiel.
La quantité minimale varie selon les fabricants, mais tourne souvent autour de 50 à 100 pièces pour les commandes personnalisées. Plus la quantité augmente, plus le coût unitaire baisse significativement.
Le délai de production est à prévoir : comptez en général 3 à 5 semaines entre la validation du visuel et la livraison, parfois moins pour des commandes urgentes avec un surcoût.
Pour aller plus loin sur l’histoire et les usages du pin’s comme accessoire de mode, le site Petit Bonhomme de Chemin propose un tour d’horizon intéressant sur la façon d’intégrer ce type de pièce dans une tenue au quotidien.
Ce que le pin’s dit de nous
Il y a une raison pour laquelle les collectionneurs de pins sont des profils aussi variés : étudiants, quadragénaires, directeurs artistiques, infirmières. Ce petit objet n’appartient à aucune tribu en particulier. Il peut signifier l’appartenance à un groupe, la fierté d’un accomplissement, l’humour, la nostalgie ou simplement le goût pour les belles choses bien faites.
Dans un monde saturé d’objets éphémères et d’interfaces numériques, il y a quelque chose de rassurant dans un objet qu’on peut tenir entre ses doigts, qui a du poids, qui a une texture. Le pin’s coche toutes ces cases. Et ça explique, je crois, pourquoi il ne disparaîtra pas de sitôt.

Bonjour, je m’appelle Manu Dibango et j’ai 37 ans. Cadre supérieur dans l’administration, je suis passionné par la gestion et l’organisation. Bienvenue sur Camernews où je partage ma veille sur les nouvelles technologies et l’innovation.