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Vox POP : Comment avez-vous vécu les casses ?

Vox POP : Comment avez-vous vécu les casses ?

“Je ne sais pas où aller” : Yvan Kamdem, sinistré
Nous vivons dans ce quartier depuis 15 ans. Je suis né ici. J’ai passé toute ma vie ici. Je ne sais pas où je vais m’en aller. Ce matin, je suis allé à 5 h 30 au marché pour vendre. Mes amis m’ont appelé quelques minutes plus tard pour me dire qu’on était en train de détruire notre maison. Lorsque je suis arrivée, j’ai trouvé qu’ils avaient déjà cassé notre maison. Je ne sais pas où sont mes diplômes. Mon père est allé garder quelques uns de nos effets chez un de ses amis. J’ai 20 ans et je suis élève en classe de terminale D. Si j’obtiens le baccalauréat, je ne sais pas avec quel argent je m’inscrirai à l’université.

“J’ai très mal” : Junior Nongni, sinistré
Avoir tous nos effets entassés dans un seul endroit, j’ai mal. J’ai très mal. Mon père a quitté le village pour venir se chercher en ville. Et aujourd’hui, tout ce qu’il a mis des années à chercher est détruit. Un coup de bulldozer et, trois chambres, un salon, une douche, une cuisine et une véranda sont détruits. Ils n’ont rien respecté. Ils ont dit 10 m et là, ils sont déjà à 15 m du drain. Ils ont enterré nos effets sous la terre. Nous n’avons pas eu le temps de les récupérer.

“Que vont devenir mes enfants ?” : Angélie Nguélemo, sinistrée
Ce tas de planches que vous voyez sont tout ce qui reste de ma boutique de vin de palme. Depuis huit années, j’y vendais du vin à tout le quartier. Mon commerce passait bien. J’ai quatre enfants et c’est avec le bénéfice de cette vente que je leur payais les études. Maintenant je me demande ce que vont devenir mes enfants. J’espère que la Communauté urbaine à détruit toutes ces maisons pour une bonne raison. Ça ne servira à rien de détruire si on n’arrange pas.

“Tout a été démoli” : Thierry Merlin, riverain
La maman nous a appelés vers 9h30 minutes. Nous sommes arrivés. Nous avons trouvé les gros bras et l’engin en train de détruire la maison. Nous avons supplié qu’ils nous accordent quelques minutes, juste le temps de sauver quelques meubles. Ils ont refusé.  Tout a été démoli. C’était une maison construite en matériaux provisoires, constituée de quatre chambres, un salon et une cuisine. La maman y vivait avec ses trois soeurs. Elle y a passé plus de 30 ans. Pourtant la maison de notre maman était hors de la zone concernée. La maison n’avait pas été marquée de la croix de Saint André. La maman est dépassée. Elle ne sait où aller. On ne nous a pas parlé d’une quelconque indemnisation.

 

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