Vous avez dit paix en entreprise ?

Une session de formation à la pratique de la médiation bouclée samedi à Douala. En milieu de semaine dernière, deux blocs d’actionnaires d’une entreprise faisant dans les relations humaines se sont retrouvés devant une instance d’arbitrage à Douala. Verdict, la nomination d’un administrateur provisoire.

« Cette décision n’a arrangé aucune des deux parties. Elles auraient mieux fait de recourir à un médiateur », explique Olivier Cuperlier, avocat français. Encore aurait-il fallu que ces actionnaires sussent de quoi il s’agit.

De fait, Me Cuperlier, comme plusieurs autres formateurs, dont Me Ada Nnengue, ont bouclé samedi un atelier de formation à la pratique de la médiation. Entendez ici l’art de résoudre des conflits à l’intérieur d’une entreprise, ou entre deux entreprises.

« La médiation ne tranche pas en faveur d’une partie, mais débouche sur un accord commun. Il n’y a pas de perdant, contrairement au tribunal. Il n’y a pas de décision, mais un contrat », précise Me Cuperlier.

Le métier se fraie encore un chemin au Cameroun : vingt personnes prenaient part à la session de formation qui s’achevait samedi, parmi lesquelles un magistrat de la Cour suprême, des avocats, un sous-préfet et deux directeurs de ressources humaines…

Cette formation, dont la partie théorique avait eu lieu en mars dernier, s’est déroulée au Centre professionnel de médiation et de formation à la médiation, à la négociation et au droit Ohada au Cameroun (Cepfomen), non loin du siège du Gicam à Bonanjo.

En octobre prochain, cet institut devrait livrer sa première promotion de médiateurs  qui auront au préalable passé un examen et soutenu un mémoire.

« C’est une formation complémentaire à mes connaissances d’avocat, indique Me Charlotte Tchakounté, apprenante. Elle me sort du cadre contentieux pour me pousser vers un cadre de paix, qui aboutit à deux gagnants », ajoute-t-elle.