VIH/SIDA : LES ADOLESCENTS DE PLUS EN PLUS INFECTÉS

Afin de barrer la voie à cette pandémie dont une étude projette une augmentation du taux de prévalence chez les jeunes à l’horizon 2020, un atelier a été organisé à Yaoundé du 5 au 6 juillet.

Selon les résultats de l’enquête CAMPHIA (Cameroon Population-based Hiv Impact Assessment), la prévalence a baissé de près de 20% au sein de la population générale (15-49 ans), passant de 4,3% en 2011 à 3,4% en 2018, soit 4,8% chez les femmes contre 2% chez les hommes. Ce taux élevé chez la gente féminine est dû en partie à sa vulnérabilité car « elle se trouve davantage au regard de la précarité beaucoup plus exposés à devoir répondre à des sollicitations sexuelles des hommes qui par moment peuvent être plus conscients que des femmes », explique Christian Bios, sociologue.

Parallèlement, une étude intitulée « rapport 2015, estimations et projections sur le Vih et le Sida au Cameroun : période 2010-2020), projette une augmentation du taux de prévalence chez les personnes âgées de 10 à 24 ans, passant de 72031 personnes en 2010 à 78818 en 2020. Bien plus, « chaque jour, 6000 jeunes de 15 à 24 ans contractent le Vih », apprend-on au cours de l’atelier de plaidoyer sur le positionnement de l’agenda de la jeunesse dans les politiques publiques nationales et les plans communaux de développement.

Un atelier organisé par l’Organisation non-gouvernementale Presse jeune et développement les 5 et 6 juillet à Yaoundé pour participer à la prévention de cette maladie qui constitue l’un des risques sanitaires auxquels sont exposés les jeunes. Des stratégies ont à cet effet été développées au cours de cet atelier pour attirer l’attention des jeunes sur cette pandémie sans les agresser. Parmi ces stratégies, l’adoption des comportements positifs. Pour ce faire, « nous sommes convaincus que les medias sont des meilleurs vecteurs de communication pour le changement de comportement », précise Simon Pierre Essomba, représentant du Centre national de recherche scientifique (Cnrs) à cet atelier. Investir dans le digital a également été envisagé pour atteindre le maximum des adolescents, afin de les sensibiliser davantage, la cause de la forte prévalence du Sida chez les jeunes, apprend-on, étant qu’ils ont une conception très erronée des modalités de transmission du Vih. Une ignorance due au fait que la sexualité au Cameroun reste encore entourée de mystères.