Vagues des motions contre Boko Haram, la surenchère Biya prend le dessus sur le soutien à l’armée

Depuis plusieurs mois, la scène politique locale, est marquée par la multiplication des motions de soutien, des déclarations publiques, adressées, non pas seulement aux troupes au front, mais, plus particulièrement, au chef de l’Etat, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram.

Du Nord au Sud, à l’Ouest, comme à l’Est du pays, il ne se passe plus de semaine, sans que l’on enregistre des déclarations publiques, faites à grand tapage médiatique, que les initiateurs –les hommes politiques du sérail, habités sans doute, par des calculs et des agendas cachés-, inscrivent dans le cadre de l’engagement patriotique contre la secte islamiste nigériane, Boko Haram.

Sous le prétexte, vite trouvé de mobiliser les populations sur l’ensemble du pays, -derrière le chef de l’Etat qui en une année de guerre, n’est pas allé au front par soutenir les troupes -, aucune localité sur l’étendue du territoire, n’est épargnée par la «fièvre», des motions de soutiens et autres déclarations publiques d’allégeance au président.

Dans leurs déclarations de soutiens, les signataires des différentes motions, ressassent le bilan des 32 ans de pouvoir du président Biya. Qui, «depuis son accession à la magistrature suprême en 1982 a fait du Cameroun, un îlot de paix, de prospérité et de stabilité ainsi qu’un creuset de l’intégration nationale, heureuse du vivre ensemble harmonieux entre ses diverses composantes sociologiques », souligne la motion desoutien Rechercher soutien des élites du Wouri dans la région du Littoral.

Certaines de ces motions de soutiens, ressemblent à des programmes de campagne et des appels, pour la candidature de Paul Biya à la présidentielle de 2018. Elles ressassent et brandissent le programme des réalisations économiques du régime de Yaoundé, les grandes réalisations en cours dans le pays, comme un argument de poids «considérant le programme des Grandes Réalisations ainsi que les multiples projets initiés par le Président de la République avec pour finalité majeure l’amélioration des conditions de vie des populations en général et celles des jeunes en particulier », ajoute une autre motion de soutien, pour justifier lesoutien Rechercher soutien au président de la République.

L’objectif recherché par toutes ces motions de soutien, -à l’endroit du chef de l’Etat-, qui envahissent la scène politique, est de servir de catalyseur face à l’opinion nationale,-qui pense que 32 ans de pouvoir c’est trop-, à l’incontournable candidature de Paul Biya, pour la prochaine présidentielle prévue en 2018, mais qui se joue maintenant, lance en filigrane, le célèbre enseignant d’université, Dr Mathias Eric Owona Nguini.