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Université de Douala:Pr André Akam : Bienvenue au chaudron de la Faculté des sciences juridiques et politiques

Université de Douala:Pr André Akam : Bienvenue au chaudron de la Faculté des sciences juridiques et politiques

Autrefois considérée comme le ventre mou de l’Université de Douala, la Faculté des sciences juridiques et politiques était revenue depuis un an aux avant-premières des fondamentaux de la bonne gouvernance et du dialogue social. Des acquis susceptibles d’être remis en question avec l’arrivée d’un doyen à la réputation inquiétante. Panique. Analyse !

Méconnaissable et objet de toutes les risées sous l’ère Bekolo Ebé comme l’attestent les récentes décisions du Consupe, l’Université de Douala s’est refaite une image humaine et plus dynamique sous Dieudonné Oyono. L’autoritarisme, les frustrations, les humiliations et les détournements de fonds publics ont laissé la place au respect mutuel entre collègues, à une considération inégalée envers les étudiants, à la bonne gouvernance et à la décentralisation de la gestion académique, administrative et financière des établissements.

Une dynamique qui a particulièrement profité à la faculté des sciences juridiques et politiques, considérée pendant près d’une dizaine d’années comme le ventre mou de cette institution universitaire. Dans le registre des états de service de ces années noires : des querelles et bagarres à n’en plus finir entre le staff dirigeant et les enseignants, les conseils de discipline à répétition, les engueulades, menaces et procès en justice, une tribalisation de la gestion de la faculté, un mécontentement permanent des étudiants bâillonnés et frustrés, une cacophonie dans la gestion de leurs notes, des années académiques chevauchant les unes sur les autres, voire interminables, des montagnes de requêtes non traitées, des attestations et relevés de notes indisponibles, des programmes de masters à durée indéterminée, des thèses en attente de soutenance dans les placards depuis des lustres, des pratiques de rançon et de harcèlement psychologique et sexuelles, etc. Bref ! Une faculté potentiellement explosive qu’héritera le Doyen Léopold Sockeng Donfack en aout 2012, dépêché en catimini du Ministère de l’enseignement supérieur par Jacques Fame Ndongo pour jouer les sapeurs-pompiers.

Aussitôt mis en confiance par Dieudonné Oyono, Recteur de cette université, et entouré d’une équipe dynamique constituée des professeurs Janvier Onana, James Kobila Mouangué, Aboya Manassé Endong et Jean Gatsi, le nouveau doyen a contribué en un an à hisser la faculté des sciences juridiques et politiques à une hauteur jamais atteinte par cet établissement depuis sa création, réussissant à la fois le pari du dialogue social et de la bonne gouvernance.

Selon nos enquêtes, sous le règne du Doyen Sockeng Donfack, la scolarité est devenue un lieu fréquentable pour les étudiants : les requêtes sont traitées en permanence et les solutions immédiatement apportées. Mieux, l’Association des étudiants s’est trouvée associée aux instances de traitement des problèmes des étudiants sous la coordination du Pr Aboya, en charge de la scolarité et du suivi des étudiants. L’AE (association des étudiants) est représentée et active dans les jurys de requête, les journées d’orientation académique et professionnelle (JOAP), le forum Universités/Entreprises, l’accueil de nouveaux étudiants pour les préinscriptions, la collecte des requêtes et la communication aux étudiants des solutions apportées, assorties de la distribution des relevés de note. Une plate forme interactive internet assure le lien et la transmission des informations académiques, y compris les résultats d’examens.

Le Doyen Sokeng Donfack a fait soutenir dès décembre 2012, une vingtaine de thèses en attente depuis près de 5 ans, tandis que les trois informaticiens de la cellule informatique rendus particulièrement  fragiles par leur statut de temporaire et de longs mois d’arriérés ont été « sécurisés » par leur recrutement grâce à son entregent auprès du Recteur Oyono.  4 nouveaux masters Professionnel très prisés dans la sous-région (Gouvernance locale, Banque et Assurances, Gestion des ressources, Pratique du contentieux) ont été lancé par lui, non sans avoir dynamisé les masters professionnels existants (administration fiscale, fiscalité appliquée, juriste conseil d’entreprise), dont les étudiants désespéraient d’en finir un jour. Appuyé de manière déterminante par les professeurs Jean Gatsi, Dorothé Sossa (droit des affaires),  Janvier Onana et James Kobila (science politique et droit public), il a réussi le pari de faire respecter le calendrier académique des masters II recherche qui se déroulent désormais en 12 mois : de l’inédit dans cette faculté où les masters s’effectuaient en 3 ans minimum. Cette dynamique a permis d’éviter les tensions avec les étudiants qui trouvent en la faculté un lieu d’écoute, d’accueil et de dialogue. Elle a surtout permis aux enseignants – dont une douzaine a été promue au grade supérieur en un an, du jamais vu dans cette fac ! – désormais responsabilisés chacun dans sa spécialité de retrouver leur dignité et le désir de donner le meilleur d’eux-mêmes pour la bonne marche de la faculté, en plein chantier de modernisation de la scolarité pour une sécurisation définitive des notes.

En clair, c’est une faculté en pleine ascension, hissée à ce niveau dans la paix et la sérénité que laisse le Professeur Donfack, récompensé par une nomination comme Vice-recteur à l’Université de Dschang. C’est donc un colis très délicat que va ainsi hériter Pr André Akam Akam, lui qui est précédé par une réputation d’arrogance et de mépris de collègues, aux dires des enseignants et étudiants rencontrés sur le campus. « Pourquoi pense-t-on à Yaoundé que Douala n’a pas droit à la paix et à la sérénité ? Pourquoi devons-nous nous satisfaire des indésirables de Soa ? », fulmine un enseignant visiblement très courroucé sur le perron du décanat. Plus loin, des étudiants – apparemment de master – ne cachent guère leurs craintes quant à l’avenir de leurs nouvelles formations professionnelles.

Le Doyen Akam aura-t-il la même capacité d’écoute, le même sens de la justice et l’attention nécessaire pour « nous autres petits personnels », interroge à voix haute un agent manifestement agacé par ces remue ménages de lendemain de nomination ? La question vaut donc son pesant de CFA : le nouvel arrivant, visiblement très attendu, aura – t-il le doigté nécessaire, en termes de qualités humaines, pour suivre le mouvement impulsé par son prédécesseur? Echouera-t-il, comme l’ont fait ses aînés privatistes à la tête de cette faculté ? C’est bien en plein chaudron que l’ancien doyen de Ngaoundéré et de Yaoundé arrive pour être installé le 17 février 2014. D’où cet ultime avertissement au nouveau venu : à Douala, ça passe ou ça casse !

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