Un sénat au cameroun !

Un sénat au cameroun !

Paul Biya concrétise une promesse politique rappelée dans son discours du nouvel le 31 décembre 2012. 10626 Conseillers municipaux appelés grands électeurs désignent dimanche 14 Avril 2013, soixante dix Sénateurs de la haute chambre du Parlement du Cameroun.

Les sénatoriales une première au Cameroun et une nouveauté dans un pays habitué à la convocation de l’ensemble du corps électoral aux urnes. La campagne électorale des sénateurs est une campagne électorale qui fait très peu de bruit. Pas de grands débats à la télévision, pas de meetings géants qui coûtent des fortunes, pas de déplacements des leaders à travers le pays. Cela se passe dans des mairies des villages, dans des chefs-lieux de départements. Le public n’a pas accès à ces conciliabules. Les candidats aux sénatoriales s’adressent à leurs grands électeurs. Les sujets abordés reflètent leurs préoccupations. «On ne parle que des questions locales et de la manière dont les lois s’appliquent dans la commune ou le département, assainissement, voirie communale, électricité, routes, logements, des institutions démocratiques prévues dans la Constitution. Comme partout dans chaque système démocratique, leur mode d’organisation et de stabilisation est appelé à s’améliorer. Que n’a-t-on pas entendu dire du pouvoir camerounais en la matière ? Que s’il s’est proposé ou encore retardait inutilement la création d’une chambre haute du parlement c’était pour des raisons politiciennes. Le septennat des grandes réalisations s’annonce comme celui de la grande maturité, l’adage ne dit-il pas : tout vient à qui sait attendre ? A force d’attendre de voir ses désiratas faire force de loi ? l’opposition au pouvoir en place au Cameroun se perd éternellement en conjectures. C’est un système électoral parfait qui assurera l’alternance entend-on souvent dire du côté de l’opposition. On oublie par de telles déclarations péremptoires, la volonté du peuple souverain. En tout cas, un verrou qui alimentait les plus folles spéculations, en cas de vacance du pouvoir, va être levé. On a vu récemment au Gabon la présidente du Sénat, assurer l’intérim à la tête de l’Etat jusqu’à l’organisation d’une nouvelle élection. Le Cameroun lui en serait incapable à croire les détracteurs de la vision politique du Président Biya… Qui peut croire à un tel non sens ? La vraie préoccupation pour les prétendants à la magistrature suprême devrait être non pas les institutions qu’ils ne risquent pas de changer mais bien la relation qu’ils ou elles ont pu construire depuis des années avec le peuple camerounais. Car, on se prépare pour gouverner, aujourd’hui c’est la vacuité et les élucubrations politiques qui tiennent lieu de programme politique pour une alternance démocratique. Où sont nos Macky Sall, Yayi Boni, John Dramani Mahama ? A la place nous avons des pamphlétaires qui croupissent dans les geôles de la République, ou des transfuges du parti dominant qui confondent une déclaration d’existence d’une association politique à un programme de gouvernement. Le Cameroun est un vaisseau qui ne souffrira pas de laisser sa barre, à des piroguiers amateurs qui n’ont ni la dimension politique ni une vrai histoire d’amour et de confiance avec le peuple camerounais. Nous sommes de ce point de vue accroché comment ne le serions nous pas, à l’ultime vision de l’homme qui a forgé le destin de cette nation depuis trente ans et qui certainement sait plus que quiconque, ne serait-ce que pour son propre parti politique, qui est en capacité de continuer sa tâche. Nous n’en sommes pas encore là. Mais en instituant la mise en place du Sénat cette année 2013, on notera que le Sphinx d’Etoudi a lancé le grand chantier de la création des grandes institutions qui manquaient à notre organisation politique et démocratique.

Nous devons tous participer à l’émergence de notre pays…

C’est sur des chapeaux de roues que cette année a démarré pour le Cameroun. Les évaluateurs des institutions économiques faitières du monde parlent, chiffres à l’appui, d’un boum économique en gestation dans notre pays. Il est certain que l’activité diplomatique et politique du Président BIYA ; au cours des mois de Janvier et Février 2013, s’est montrée particulièrement féconde. A l’actif de ce constat, nous mettrons en première place, la visite de travail passée en France sur invitation du Président François Hollande. Assortie de plusieurs rencontres et moments de partages intenses, cette communion franco-camerounaise a donné l’occasion au Président du Cameroun de séduire par sa verve et les termes des contrats qu’il proposait, une bonne frange du patronat français. La moisson va honorer la promesse des fl eurs au regard des contrats signés avec divers investisseurs, quelques semaines après. A ces réalisations, il faudrait adjoindre un suivi sans faille de l’action gouvernementale depuis que la loi des Finances 2013 a été validée et promulguée. En effet, assise sur une ambitieuse augmentation de son enveloppe, la loi des Finances 2013 se distingue des autres en ce qu’elle ne vient pas simplement quantifier les prévisions de recettes et transcrire leurs répartitions dans les différentes rubriques qu’identifient le fonctionnement de l’Etat, mais elle est d’abord et avant tout un nouvel instrument mis au service d’une cause : l’atteinte de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. Constituée de tout un outillage de clés de gestion, mises au service d’une traçabilité budgétaire transparente, le budget programme est ce gendarme du trésor public qui rappellera aux gestionnaires de notre fortune que le moindre sous engrangé doit servir à quelque chose d’utile. Il faudrait rappeler que cette forme de gestion du budget annuel de l’Etat, choisie par le Président de la République et surtout mise au service de son DSCE ; est aussi un appel, une invite à un changement de comportement des citoyens camerounais. Un changement d’habitude. Une observation plus participante aux cotés des élus et intendants des biens publics, leur demandant de rendre compte. L’Etat n’est plus une vache à lait. L’heure est fatidique et nous impose à tous, un changement de comportement
pour mériter les lauriers prévus pour notre entrée dans cette ère d’émergence tant rêvée. Le Président Paul BIYA n’a de cesse de le répéter dans ses discours : « oui, je l’affirme, la nouvelle dynamique est en route et rien ni personne ne pourra l’arrêter » (Message à la Nation, le 31 décembre 2012). Lorsqu’on observe la mentalité de la classe dirigeante camerounaise faites pourtant de grands universitaires et technocrates (certains même issus de la diaspora qui ne cesse de réclamer ses droits ) et la confrontons à celle des classes moyennes et du petit peuple, on finit par s’interroger sur la cible visée par Paul Biya dans son inlassable combat ayant pour visée la transformation du Cameroun en une Nation prospère. A qui profiterons les « Grandes Réalisations » si nous ne nous préparons pas à les recevoir et en tirer partie, intelligemment ?
Qui arrêtera, en modifiant les élans des esprits, cette habitude qu’ont les Camerounais (tous niveaux intellectuels confondus) de toujours préférer la tricherie à l’effort ; le guain illicite et surdimensionné au salaire ; la médiocrité et l’usurpation à l’excellence et au mérite ? Personne d’autre que nous même. Le Président de la République n’ignore pas que ce n’est pas le petit peuple qui refuse le changement de cap : « je suis bien conscient en effet que nous devons encore compter avec l’inertie, l’incompétence, voire la malveillance de certains qui freinent notre redressement. S’y ajoutent la corruption sous diverses formes et la fraude dans la passation des marchés publics. Le récent rapport de la CONAC est particulièrement édifiant à cet égard ». (Message à la Nation, 31 décembre 2012). La question que nous pouvons nous poser est celle de savoir : qu’est ce que fait le peuple au moment où l’on voudrait lui ravir ce programme d’émergence que lui propose celui qu’il a élu ?
L’annonce vient d’être faite pour les élections sénatoriales, certainement le coup d’envoi pour les autres échéances électorales qui viennent. A qui devons nous confier notre Sénat et nos Régions pour atteindre l’émergence ?
Encore une promesse du Président Paul BIYA tenue.