UN MINISTRE EN FONCTION DÉFIE LE MÉTRONOME NATIONAL

UN MINISTRE EN FONCTION DÉFIE LE MÉTRONOME NATIONAL

Il clair qu’au Cameroun, l’on baigne dans une certaine somnolence, où les quelques moments « électriques » se produisent chaque fois que le Chef de l’Etat donne un coup d’accélérateur à sa machine. C’est toujours le cas lorsqu’il émet quelques signaux susceptibles de donner un coup de pieds à la « fourmilière gouvernementale». Ce fut le cas le 31 décembre de l’année dernière, à l’occasion de son traditionnel message à la nation. Des langues s’étaient alors déliées annonçant l’imminence d’un remaniement ministériel. Douze mois après c’est la platitude.

C’est également le cas ces derniers jours, à l’occasion de sa « reprise » en main de l’initiative à travers le conseil ministériel, trois ans après, ainsi que celui de la Magistrature, trois ans plus tard, avec les importants textes subséquents. Cette « hyperactivité de l’homme-lion » est un leurre. Il vient simplement porter un coup de semonce à certains « agitateurs » qui entendaient lui ravir la vedette, en cette fin d’année en contestant par « tous les moyens » la désormais et très controversée loi anti-terroriste.

D’autant plus que les principales forces politiques et autres acteurs importants de la scène publique se sont prononcés contre plusieurs pans de ce texte. C’est le cas de l’angélique militant du RDPC du NKAM, blâmé lors du dernier conseil de discipline de son parti, qui, lors d’un débat dans une télévision locale la semaine dernière, a annoncé que « la loi est bonne, en dehors de quelques formulations ».

Une personne qui semble avoir compris la psychologie du métronome, c’est cet ancien Ministre des finances qui ne cessait de parler d’Agriculture alors même qu’on ne lui demandait que de fructifier les finances de la République. Ce Ministre, aujourd’hui à l’Agriculture, lors d’une émission politique à la seule télévision habileté à percevoir la redevance audio-visuelle au Cameroun, a déclaré hier que le remaniement ministériel le laisse à 37°. En effet, répondant à une question insistante du très doué Alain BELIBI, qui souhaitait savoir si le remaniement ne lui donnait pas des sueurs froides, il a répondu placidement qu’  « en me levant le matin, je bois de l’eau froide ».

Mais dans un pays comme le Cameroun, une telle déclaration risque de faire tâche d’huile et d’être interprétée comme un véritable défi à l’autorité de celui qu’il appelle pourtant « le chef ». L’on se souvient en effet qu’un autre Ministre du même bord politique que ce dernier, à l’apogée de son aura, déclarait dans des conditions presque identiques qu’ « un bon joueur ne manque pas d’équipe ». Il devait subir les affres du « chômage  ministériel » quelques mois seulement après.

Jusqu’aujourd’hui, il tente de nuancer ses propos par toutes sortes de subterfuges. Mais rien n’y fait, il est sans « équipe » véritable, malgré tous ses « appels de balles » Ce fut également le cas avec un ancien Ministre de la Santé, ancien Représentant de l’OMS pour l’Afrique, qui avait été viré pour cause d’inélégance envers le « chef » devant qui il avait « abandonné » les mains dans les poches alors même qu’il conversait avec ce dernier. Cet autre « politique incorrect », connaitra-t-il le même sort que ses aînés ?
Wait and see !

 

camernews-CRTV

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