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Tragédie d’Eséka: «Le pays était endeuillé et le Président n’était pas là», constate le journaliste Jean-Baptiste Placca au sujet de Paul Biya

Tragédie d’Eséka: «Le pays était endeuillé et le Président n’était pas là», constate le journaliste Jean-Baptiste Placca au sujet de Paul Biya

Notre confrère n’apprécie pas les fréquents voyages du Chef de l’État à l’étranger. Il déclare que sur ce point, il est l’antithèse d’Ahmadou Ahidjo qui, affirme-t-il, a quitté le pouvoir pour ne pas avoir à diriger son pays de loin.

Les incessants voyages du Président camerounais Paul Biya à l’étranger n’arrêtent pas d’alimenter la chronique. Le journaliste Jean-Baptiste Placca est à son tour monté au créneau le samedi 29 octobre 2016. Dans le cadre de sa chronique hebdomadaire sur Radio France Internationale (RFI), il a critiqué l’attitude du Chef de l’État camerounais, à qui il reproche le fait de n’être pas rentré au pays immédiatement après avoir été informé de l’hécatombe d’Eséka.

«Le pays était endeuillé et le Président n’était pas là. Ô oui ! Les voyages fréquents du Président Biya à l’étranger semblent assumés. Mais au-delà de ses absences prolongées du pays, ce qui choque, ici, c’est le fait qu’il ne soit rentré que deux jours après le drame. Il était à 6 heures de vol de là. Et, plus attristant encore, il ne s’est déplacé ni sur les lieux de la catastrophe ni au chevet des blessés».

Jean-Baptiste Placca déplore le fait que les motifs des absences de Paul soient «inconnus». Il l’accuse de voyager ainsi souvent «pour convenances personnelles». Notre confrère en profite pour rappeler que le prédécesseur de Paul Biya, Ahmadou Ahidjo, avait renoncé au pouvoir pour n’avoir pas voulu gouverner le pays à distance.

«En 1982, ses médecins auraient diagnostiqué au Président Ahidjo une maladie qui, lui auraient-ils dit, allait l’obliger à s’absenter fréquemment du pays ! Il aurait alors répondu que ce n’est pas ainsi qu’il concevait la charge que lui avait confiée son peuple. Ne voulant pas gouverner son pays en vacancier, il a donc démissionné, et transmis le pouvoir à Paul Biya, son Premier Ministre d’alors».

Un acte que salue le journaliste togolais. «Avec le recul, l’on apprécie encore plus le courage qu’il a fallu à Ahidjo pour consentir librement un tel geste. Ceux qui le connaissaient y voient une simple preuve de patriotisme».

Placca dénonce un Président qui «ne s’embarrasse pas» des préoccupations de son prédécesseur. Il critique un dirigeant qui «exerce la réalité du pouvoir par intermittence, ou alors à distance, s’absentant quand il veut, aussi longtemps qu’il veuille, et sans jamais prévenir ni s’excuser auprès de son peuple».

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