Trafic des hydrocarbures : Quand grossistes et détaillants siphonnent les bouteilles de gaz domestiques

Pourquoi le Gaz domestique ne reste-t-il pas dans les bouteilles ? Du point de chargement de la SCDP aux consommateurs que se passe-t-il ? Grossistes et détaillants du précieux gaz domestique ont-ils dépassé le gouvernement et les différents organismes et comités interministériels mis en place pour la lutte contre la contrebande des produits pétroliers ? Ceux sont les consommateurs qui trinquent au moment où les ligues des consommateurs scrutent leurs intérêts ailleurs.

Le gaz domestique est l’une des denrées de première nécessité la plus utilisée au Cameroun. En zone urbaine, environ huit familles sur dix utilisent le gaz domestique. D’après une enquête savamment menée par nos soins, aucune bouteille de gaz, sortie chez des grossistes ou détaillants ne dépasse huit kilogrammes, or les bouteilles les plus utilisées devraient contenir douze kilogrammes. Pour soutenir ces affirmations, nous avons réussi à acheter des bouteilles de gaz à la sortie des dépôts de la scdp. Apres la pesée, il est constant que les problèmes rencontrés ne provenait pas de la scdp, car presque toute les bouteilles avaient le contenu requis : 12 kg.

Que s’est-il donc passé pour que l’on retrouve des bouteilles de Gaz à moins de 10 kg chez certains détaillants ? Grosse question à élucider. Pour comprendre la chronologie des évènements qui meublent cette escroquerie, le journal s’est permis de jouer les détectives. Tout d’abord il a suffi qu’un camion qui sort droit de la scdp, soit pris en filature pendant son trajet, et par nos soins. Pendant le déchargement chez le détaillant, le nouveau stock est mis à part. L’entourloupe ici réside dans le fait qu’aucune de ces bouteilles ne sera vendue tant qu’Ille n’aura pas été siphonnée.

Que ce soit à douala ou à Yaoundé, lorsqu’un client insiste pour se faire servir dans le nouveau stock, il a une réponse univoque : faut ajouter mille francs. Et là, on avait la réponse à la question. En fait, par extraordinaire, les bouteilles entrent au magasin à 12 kg de contenu et ressortent à 8kg. Dans certains de nos précédents numéros, nous dénoncions la fraude des produits pétroliers. Des années plus tard le phénomène a pris des proportions beaucoup plus angoissantes. Il nous a été dit qu’il existait tout un service chargé de combattre ce phénomène à la snh et qu’il existait une commission nationale de lutte contre la fraude des produits pétroliers. Mon œil ! S’il faut, aujourd’hui que le petit camerounais qui gagne à peine 50 000frs à la fin du mois commence par débrousser deux fois le prix de la bouteille de gaz par mois, que lui restera-t-il pour vivre ? Comme là toujours mentionner le journal, tous ces gangsters qui punissent ainsi des nombreuses familles sont connus ! Un petit calcul s’impose à tous :

Ce gangster qui reçoit par exemple cent bouteilles de douze kilos chacune. Lorsqu’il les passe à son unité de siphonage, il retient 400kg de gaz et en divisant les 400kg par huit, on obtient 50 bouteilles supplémentaires que le malfrat revend au même prix de 6500frs au pauvre camerounais. Soit un grand vol de 350 000frs par livraison en dehors de son bénéfice réglementaire de près de 500frs par bouteille vendue. Lorsqu’on se rend compte que ces gangsters ont ainsi au moins deux livraisons par moi, au bout d’un an il aura volé la rondelette somme de sept million huit cent mille francs CFA. C’est ce que l’on appelle le risque économique d’un escroc assermenté.

Que l’on dise donc au camerounais que de tous les organismes de lutte contre le trafic des produits des hydrocarbures, aucune ne le savait. Est-ce une complicité agissante tant il est connu que tous ces organismes et comités ne sont que des budgétivores. Au regard de l’indifférence qui est constatée depuis des années, il y a lieu de comprendre que tous ces responsables qui trônent à la tête de cette maffia sont des complices de la misère des camerounais. Pour un consommateur qui ignore même qu’il existe un comité national de lutte contre le trafic des produits des hydrocarbures et qui croit cette mission dévolue à la police et à la gendarmerie « si ce comité existe vraiment, ceux sont des gens qui doivent tous aller en prison par ce qu’ils doivent être cité comme des complices de toutes les misères que vivent les ménages ».

L’on comprend à cet effet pourquoi ces hommes auraient laissé entendre au Président de la république que ce pays n’avait pas besoin d’un organe indépendant pour combattre la fraude pétrolière. Pourquoi ne peut-on donc pas avoir les résultats au terme d’une année sur le déploiement de ces comités sur le terrain ? Ceux sont des comités qui ont des obligations de résultats. Attention il est donné d’assimiler que le nkoukouma finit toujours par envoyer les gens des qui obstruent sa vision sociale en prison. Au regard de ce qui se passe autour de la distribution et la commercialisation des produits des hydrocarbures, comment ne pas croire, sans risque de se tromper que ce sont les responsables de ces comités de lutte qui sont les véritables propriétaires de ces nombreuses (industries de siphonage) qui sont également des bombes à retardement, dissimulées entre les maisons dans toutes les villes.

Il y a lieu de comprendre ici que ceux sont les maigres salaires des camerounais qui prennent un considérable coût, du moment où on a l’impression que des complicités agissantes sont mises en exergue pour saper la vision du Président de la république qui aspire à une politique qui minimise les produits de premières nécessité. Faut-il pour ce fait ignorez le nombre de vies humaines et la quantité de bien matériels que l’on perd à chaque feu d’hydrocarbure provoqué par ce « grand travail » de transfert de gaz d’une bouteille à une autre ? Un fléau à combattre avec la dernière énergie. Et où est passée cette tapageuse ligue camerounaise des consommateurs? On a l’impression que ceux-ci ne réagissent que lorsque leurs intérêts sont mis à mal, ou alors lorsqu’il faut se faire voir dans les campagnes de communication. Pourquoi évite-t-il de parler de la fraude des produits pétroliers liquides, certainement trop compliquée pour eux ? Pour un produit indispensable que le gaz domestique sans lequel bon nombres de camerounais ne peuvent passer à table, pourquoi un silence complet sur le phénomène ? Pour 6500frs la bouteille de 12kg c’est-à-dire que le kg de gaz revient à environ à 542 francs, pour dire que nous perdons 2165frs a chaque fois que nous achetons une seule bouteille de gaz ! Quelle catastrophe !