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Suspension du Dr NKE : Nouvelles Révélations

Suspension du Dr NKE : Nouvelles Révélations

Suspendu pour 02 ans pour harcèlement sexuel, cet enseignant de philosophie dit être victime d’une cabale orchestrée par le Pr Lucien Ayissi.

Le Dr Fridolin Nke clame son innocence

Le Dr Fridolin Nke se remet peu à peu de l’accident de circulation qu’il a fait dans la nuit du 24 juin dernier, à bord de son véhicule sur la route Yaoundé-Douala. Mais ce même 24 juin aura décidément été une journée mouvementée pour cet assistant au département de philosophie de l’université de Yaoundé I, essentiellement passée au ministère de l’Enseignement supérieur. Il y a été convoqué pour l’affaire de sa suspension de deux ans des universités d’Etat.

«Ils me demandent de me calmer. Entre-temps, mon salaire a été suspendu, ma réputation est salie. Pourtant, je ne connais rien dans cette affaire. Ces gens veulent me finir», confie le Dr Fridolin Nke qui pourrait porter l’affaire au tribunal. Les jours à venir nous le dirons.

Mais le Dr Fridolin Nke connait parfaitement qui sont ses «bourreaux» : Elise Ngo Hagbe, étudiante en Master 2 Philosophie à l’université de Yaoundé I et élève-professeur à l’école normale de Yaoundé, et Pr Lucien Ayissi, chef de département de Philosophie à l’université de Yaoundé I. «Je n’ai aucune information à vous donner», lance sèchement Elise Ngo Hagbe.

Et le Pr Lucien Ayissi, lui, de déclarer : «On ne commente pas les décisions du conseil de discipline de l’université dans les journaux. Je sais que le Dr Nke vous sollicite beaucoup  et qu’il m’accuse beaucoup. Moi, je suis un vieux fonctionnaire, j’ai 30 ans de service ; je connais un peu l’administration. Je ne peux pas me permettre de commenter les décisions de l’auguste conseil de discipline. Ce serait une faute administrative grave de ma part.

Et Nke ne va pas me pousser à la faute. Si vous voulez investiguez, procédez étape par étape : demandez-lui qui l’a fait recruter. C’est moi, il ne peut pas le nier. On m’a accusé de tribalisme, on m’a tiré dessus ; je n’en suis pas mort. Mais une fois recruté, il vient se comporter de façon transgressive  à l’égard de l’éthique de l’université. Et pour qu’une affaire soit portée à l’attention du conseil de discipline, ça traverse beaucoup d’étapes. Ce n’est pas quelque chose qu’on fait de façon frivole. Il n’a qu’à s’en prendre à lui-même».

Cabale

En effet, le 02 juin dernier, le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Jacques Fame Ndongo, a signé une décision du conseil de discipline de l’université de Yaoundé I, sanctionnant deux enseignants, dont le Dr Fridolin Nke «pour présomption de comportements contraires à l’éthique (harcèlement sexuel, agression) et à la déontologie universitaire (manquement aux obligations professionnelles)».

Ce conseil s’est tenu le 27 mai 2016. Mais avant la sentence, le Dr Fridolin Nke avait adressé une correspondance au ministre de l’Enseignement supérieur, le 30 mai 2016, portant à son «attention les éléments qui pourraient conduire à une décision biaisée du Conseil de discipline de l’Université de Yaoundé I». Il y relève deux violations des droits de la défense : le défaut de lecture de sa déposition écrite qui tenait lieu de plaidoirie et la non admission en salle du Pr Hubert Mono Ndjana qui devait témoigner en sa faveur s’agissant des «manquements aux obligations professionnelles».

Et sur le fond, l’accusé «estime que l’issue du procès aurait changé si l’on m’avait jugé sur les motifs pour lesquels j’étais traduit au Conseil de discipline, si le Rapporteur avait lu ma déposition, si tous les témoins avaient été admis dans la salle et si l’on avait tenu compte des listings des appels produits, des SMS où, après que Mlle Ngo Hagbe eut été manipulée par son autre amant, le Professeur Ayissi, elle me promet de briser ma carrière».

Toutes choses qu’il porte par ailleurs à l’attention du doyen de la faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines de l’université de Yaoundé I (Falsh), criant à la cabale. Il y évoque aussi des causes lointaines du conflit entre lui et Pr Lucien Ayissi. Notamment sa proximité avec les ministres Jacques Fame Ndongo et Henri Eyébé Ayissi. «Au lendemain de mon recrutement donc, en janvier 2015, le chef du Département m’a reçu à son bureau et il m’a intimidé en affirmant exactement ceci, je cite :

« Le petit Fame et ton ami Eyébé Ayissi ne pouvaient pas te faire recruter à l’Université ; je l’ai fait et tu dois suivre mes instructions à la lettre si tu veux survivre ici. Fame Ndongo, cet incompétent et ce sectaire, a osé hésiter entre moi, Pr Ayissi Lucien, et Kenmogne, avant de me nommer Chef du Département de philosophie ? Nous sommes dans quel monde-là ? Un vaurien, ce type», a écrit Dr Fridolin Nke au doyen. Des tensions qu’il dit avoir tenté d’apaiser par des «médiateurs» tels le Pr Hubert Mono Ndjana et le Dr Oumarou Mazadou, enseignants de philosophie.

Sexe

S’adressant au doyen de la Falsh, Dr Fridolin Nke précise avoir fait la connaissance de Mlle Elise Ngo Hagbe avant son recrutement à l’université le 13 janvier 2015. Mais leur relation amoureuse n’aura véritablement duré que la période de juillet à novembre 2015. La rupture ayant été provoquée par l’existence d’un «amant principal» de Ngo Hagbe, en la personne de Donatien Nke Tsimi, étudiant en doctorat dans le même département, sous la direction du Pr Lucien Ayissi. Ce «rival» qui, après une rixe le 21 janvier 2016 avec le Dr Nke Fridolin, aurait promis à ce dernier de «compromettre ma carrière par l’entremise de son cousin qui est le Pr Ayissi».

Parlant de Elise Ngo Hagbe, Dr Fridolin Nke écrit : «Mlle Ngo Hagbe reconnaît qu’elle se prostituait auprès de moi et  «m’offrait ses services». Elle parle aussi d’une séance de photographie consentante en «tenue de chambre», qui était le résultat de ses propres fantasmes», au point de la comparer à la mante prie-Dieu femelle, polyandre, qui «gère» jusqu’à sept mâles et les dévore tous l’un après l’autre pendant l’accouplement. Très souvent elle commence son festin immonde par la tête de ses victimes, lorsqu’elles sont le plus vulnérables».

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la demoiselle au centre du scandale, qui est «une beauté noire à l’Africaine» selon des témoignages sur ses deux profils Facebook, née le 10 juin 1990, a fait son entrée à l’université de Yaoundé I en 2010. Elle a soutenu son mémoire de Dipes II en philosophie en juin dernier, avec comme rapporteur de son jury le Pr Lucien Ayissi, sur le thème : Gilbert Hottois et la critique de la philosophie du langage au XXe siècle.

 

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