Sur le chemin de l’école: ces cartables trop lourds

Un mois après la rentrée, des enfants trainent encore toutes leurs fournitures chaque jour de classe.

« Un enfant ou un adolescent ne peut porter un sac équivalent à plus de 10% de son poids sans faire courir un risque à sa jeune colonne vertébrale. Il faudrait donc diviser par 10 le poids de l’enfant afin d’obtenir la charge maximale qui devra être portée. » A en croire le kinésithérapeute Jean-Pierre Owona, ces enfants qui continuent de trimbaler chaque jour de classe leurs trop gros cartables, plus d’un mois après la rentrée, s’exposent à des risques réels. En effet, rappellent les spécialistes, cette masse trop lourde est à l’origine de certaines déformations de la colonne vertébrale. Le poids du cartable a aussi une influence sur le développement et la position debout de l’enfant. « Les scolioses, bosses au niveau du dos, ne sont pas directement causées par le sac à dos. En revanche, s’il est trop lourd ou s’il est porté de façon asymétrique, l’enfant peut, dans une certaine mesure, commencer à développer la maladie », explique Bernard Tchatchouang, spécialiste en orthopédie pédiatrique.

Cahiers, stylos, livres de cours, classeur, goûter, bouteille d’eau… La liste de ce qu’un enfant doit transporter chaque jour est longue. Et en moyenne, les sacs à dos des enfants du cours moyen première année (CM1) à la 6e pèsent 8,5 kg, selon une étude publiée en 2010 par la Fédération internationale des parents d’élèves.

Certains parents rendent les enseignants responsables de la situation. Agnès M, mère au foyer, estime que « les enseignants du primaire ne prêtent que très peu d’importance à la charge portée par nos enfants (…) Ils ont même la possibilité de garder une pile de livres dans la classe pour leur faciliter la vie, mais ne le font pas».