SUR L’ABSURDITÉ DE LA POLITIQUE «CIVILISÉE» AU CAMEROUN :: CAMEROON

Le Dr. Éric Mathias Owona-Nguini, l’idéologue ethno-fasciste du régime Biya, est symptomatique d’un discours politique camerounais qui a littéralement touché le fond.

Il se plaint en effet de ce que les oppositions légitimes au régime Biya sont des «non civilisées, tribalistes et ethnofascistes ». Cette sentence sans appel émane d’un personnage qui soutenait tout récemment Jean de Dieu Momo, le ministre délègue à la justice de Biya, favorable à l’utilisation des escadrons de la mort du régime de Yaoundé pour gazer le peuple bamiléké comme Hitler avait procédé avec les Juifs, au motif d’après lui que les bamilékés seraient « arrogants et gourmands ».

Gazer les gens est une peine capitale qui est cruelle et inhabituelle. Aucune société voulue civilisée ne devrait recourir à un tel procédé barbare, y compris contre des ennemis désignés en raison de leur origine ethnique et/ou tribale. Cela trahit au fond une conception de la justice illégitime qui confirme que le droit pénal de Biya ne vise pas la justice réparatrice, mais uniquement à mettre en application la vengeance et le châtiment de mort. En défendant ce principe d’extermination des Bamilékés, Mr. Owona-Nguini et son ami Momo entérinent la vacuité morale et les pratiques d’injustice odieuse du régime sanguinaire qu’ils servent avec zèle.

Il faut que les choses soient dites clairement: les punitions doivent toujours correspondre et être proportionnées au crime avéré. Se porter candidat à une élection présidentielle et même revendiquer la victoire dans un soi-disant pays démocratique n’est pas et ne doit pas constituer un crime passible de la peine de mort. Le Dr. Owona Nguini semble penser que s’opposer démocratiquement contre son « prophète » est un acte « insurrectionnel » punissable de mort. Voilà où en est tombé un homme qui soutient aveuglement une dictature en cherchant tous les prétextes pour justifier ses emprisonnements arbitraires et ses crimes de sang.

Car dans l’acception du Dr. Owona-Nguini, l’exemple du bon «civilisé» serait donc ce président de 86 ans avec ses courtisanes et courtisans qui vident frénétiquement le trésor d’un pays pauvre et très endetté, en dilapidant ses maigres ressources dans un hôtel cinq étoiles en Suisse pour montrer aux Blancs combien qu’ils sont «civilisés». Pendant que ses opposants légitimes sont enfermés dans ses cachots privés, quand ils ne sont pas tués sur le champ par ses tontons macoutes.

En réalité dans tout pays sérieux et véritablement démocratique, quand un universitaire fut-il estimable, s’est autant illustré que M. Nguini dans l’incitation récurrente à la haine ethnique sur facebook, avec des appels explicites sur un plateau de télévision (Vision 4 pour ne pas la nommer) au massacre des populations civiles anglophones, ses prises de parole ne devraient plus susciter le moindre intérêt. Parce que sa place devrait d’abord se trouver sur le banc des accusés pour apologie de crimes contre l’humanité, voire de génocide. Mais plus dans le débat public où il a définitivement perdu toute crédibilité.

Le CL2P soutient qu’il y a une attitude simple et digne à tenir contre le régime nécropolitique de Biya qui, dans l’ensemble, n’a fait qu’ajouter de la violence et de l‘horreur à notre société pour oser exiger une quelconque civilité de notre part, encore moins que nous devrions faire ressortir le meilleur de nous-mêmes, de notre société et de nos institutions juste mériter d’être considérés comme des « civilisés » par un incitateur de la haine ethnique et apologiste notoire de crimes contre l’humanité. Cette attitude simple et digne se résume à notre quête insatiable la justice, et nous n’avons pas besoin de veiller puis attendre de boire le calice jusqu’à la lie en signe de miséricorde, alors même que cette miséricorde continue à entretenir l’arrogance de théoriciens tropicaux de l’extermination ethnique dans leur escalade de l’horreur.

En conclusion le Dr. Owona Nguini est aujourd’hui la vedette par excellence de la médiocrité des établissements d’enseignement supérieur au Cameroun sous le règne de Paul Biya. Ce type d’idéologue tribaliste réduit à chanter les louanges du dictateur et de son épouse à travers son concept de «diarchie institutionnalisée» est assez symptomatique de la pauvreté intellectuelle des institutions académiques du pays où des universitaires plus méritants sont soit maintenus arbitrairement en prison, soit contraints à l’exil.

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques – CL2P