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Sommets: La diplomatie d’absence chez Paul Biya

Sommets: La diplomatie d’absence chez Paul Biya

Même s’il s’est  fait représenter  par le ministre des Relations extérieures, le président  de la République était bel et bien absent, une fois de plus, à un sommet de l’Union africaine(Ua) comme celui qui vient de se tenir, le 22ème, à Addis-Abeba, en Ethiopie . Un peu comme il se fait souvent représenter  aux sommets de la Communauté économique d’Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) par le Premier ministre chef du gouvernement Philémon Yang. Alors que des chefs d’Etat de pays africains dont la  Gambie et la Zambie  n’hésitent pas à s’arrêter à Douala, en transit, lors de leurs déplacements pour Addis-Abeba, le Chef de l’Etat camerounais ne sent pas  obligé  de se rendre au siège de l’Ua.  Peut-être n’y trouve-t-il aucune utilité  ou  est-ce parce qu’un tel sommet n’a pas à ses yeux la même importance que le sommet France-Afrique  sur la paix et la sécurité auquel il part en décembre 2013 à Paris, en France  ?

Perte de la considération et du respect

Son illustre prédécesseur avait pourtant inauguré et mis un point d’honneur  à concrétiser au Cameroun ce que tous les diplomates formés ou   non à l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (Iric) connaissent  par cœur: une diplomatie de présence, de participation et de rayonnement. Ce n’était  pas de vains mots, ni de simples slogans.  Le président Ahmadou  Ahidjo était généralement présent aux grands rendez-vous planétaires, continentaux, régionaux et sous-régionaux. Il s’efforçait d’être personnellement présent aux différents sommets  de l ’Organisation de l’unité africaine  (Oua), devenue plus tard Union africaine (Ua).  Il rendait visite à ses homologues des pays africains. Yaoundé  était  une des capitales de  la diplomatie africaine.

Paul Biya semble  plutôt se distinguer par une diplomatie  d’absence de sa personne et de présence de son représentant.  Comme si  son représentant, bien que plénipotentiaire,  pouvait valablement, efficacement et légitimement poser les mêmes actes que lui,  au nom du Cameroun et infléchir les positions ou décisions d’autres  chef d’Etat de pays souverains !  L’absence physique de Paul Biya aux sommets de l’Ua, de la Ceeac et de la Communauté économique  et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a des conséquences sur la perception et sur l’impact de la diplomatie  africaine du Cameroun.  Devenu président en exercice de  l’Oua à la faveur du sommet de l’Oua organisé à Yaoundé du 8 au 10 juillet 1996, Paul Biya n’avait pas fait le déplacement de Harare au Zimbabwe pour passer le témoin l’année d’après  à son homologue Robert Mugabe.

Perte du leadership dans la sous-région

Cela avait laissé un goût amer dans les milieux diplomatiques africains. La considération et le respect dont jouissait le Cameroun auprès des pays africains, en commençant par  ses proches  voisins de l’Afrique centrale, n’est plus la même. L’image du pays a pris un coup. L’absentéisme de Biya aux sommets de l’Ua a été préjudiciable à des Camerounais qui visaient des postes dans des institutions internationales. L’Union africaine (Ua) a fréquemment soutenu des candidatures  venant des pays dont les présidents  étaient réguliers aux sommets.  Par ailleurs, le Cameroun a perdu son  leadership dans la sous-région. A travers des décisions politiques  fortes et des actes concrets d’une part concernant un ou plusieurs Etats  membres ou  et d’autre part le contrôle des secrétariats exécutifs de la Ceeac et  de la Cemac,  le Tchad et le Congo Brazzaville se partagent le leadership politique  de la sous-région.

En  forçant  l’application des réformes à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) et en obtenant de haute lutte le gouvernorat de la Beac, le pays de Teodoro Obiang Nguema Mbazogo s’est pratiquement approprié le leadership économique et financier de la sous- région.  Que reste-t-il au Cameroun qui aspire à l’émergence en 2035 en étant encore  pays pauvre  très endetté en 2013 ?

Quelle émergence avec le diagnostic froid de l’échec cuisant du gouvernement effectué par Paul Biya lui-même dans son message à nation   du 31 décembre 2013 ? Où en est le Cameroun dans la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (Omd) dont l’horizon est de 2015 ?  Que signifie  « Le  Cameroun, c’est le Cameroun » (dixit  Paul Biya), lorsque  des Camerounais sont  maltraités à leurs frontières ou à l’intérieur de  la Guinée équatoriale ?

Insécurité des Camerounais en Guinée Equatoriale

Des Camerounaises et des Camerounais de tous les âges sont  régulièrement humiliés, brutalisés, agressés,  violés, dépouillés  de leurs biens et  même assassinés  par les forces de sécurité  équato-guinéennes –  sous le regard parfois  passif si ce n’est complice des autorités camerounaises -.  Sur la base des clichés plus ou moins vraisemblables façonnés par Malabo sur nos compatriotes, les Camerounais  ne sont plus les bienvenus en Guinée équatoriale. Les Camerounais qui ont été en Guinée équatoriale ou qui y vont souvent pour des raisons économiques ou pour d’autres raisons  ne se sentent pas protégés par leurs gouvernants. Voilà  quelques faits  qui donnent une idée de la valeur de  l’absence du président Paul Biya aux sommets de l’Ua  et des institutions sous régionales.

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