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Sodecoton : L’ex-Dg innocenté avant l’heure

Le 1er novembre 2013, le juge d’instruction du Tcs, Ekanga Evouh, a auditionné le directeur général de la Sodecoton et son adjoint, Abdou Namba et Christian Clavier respectivement, dans le cadre des présumées malversations financières commises au préjudice de cette entreprise par Mohammed Iya et certains de ses collaborateurs.

Nouvellement arrivé à la tête de l’entreprise, le Dg avait naturellement refilé le dossier à son second, qui en même temps était resté en contact étroit avec la Conac. Abdou Namba se disait toutefois disposé à se porter partie civile dans l’affaire, pour exiger des dommages et intérêts. Manifestement plus volubile, le Français Christian Clavier, en poste depuis mi-octobre 2007 et qui avait longtemps travaillé sous les ordres directs de Mohammed Iya, avait marqué sa stupéfaction, face aux questions du juge d’instruction liées aux prétendues malversations portant sur le fonctionnement courant de l’entreprise, la vente de logements à Kaélé, le financement de l’équipe de football Coton sport de Garoua et autres sorties d’huile sans contrepartie, dont est accusé Mohammed Iya.

La Sodecoton dispose de statuts supranationaux, conformes à l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (Ohada) et qui, sauf dispositions contraires du conseil d’administration en charge de la stratégie ou encore du contrôle, stipulent que le directeur général, dont les actes de gestion sont par ailleurs sanctionnés dans des audits des commissaires aux comptes, a les pouvoirs les plus étendus reconnus par les textes organiques et les conventions internationales.

La période de gestion 2005-2010, dont s’était intéressée le Consupe, avait été étudiée par le conseil d’administration qui lui a régulièrement décerné des quitus de bonne gestion. Il en est ainsi du financement de Coton Sport de Garoua, pour lequel Christian Clavier a martelé qu’il intervenait dans le cadre des actions sociales approuvées par le conseil d’administration. Rien d’illégal, donc. Au sujet des sorties de cartons d’huile et de tourteaux, qui semblent avoir ému les enquêteurs du Consupe, le Dga avait dit sa «surprise», ce type d’opérations étant du ressort de la direction des ventes de la Sodecoton.

Face aux interrogations du juge d’instruction, qui tentait de savoir si Mohammed Iya n’avait posé aucun acte préjudiciable à l’entreprise, Christian Clavier était resté inflexible, se bornant à rappeler que les faits reprochés à son ex-Dg n’avaient fait l’objet d’aucune observation des commissaires aux comptes, ni du conseil d’administration. Le Dga ne s’était pas encombré de la langue de bois. Il avait, sans fards, décrié la persécution dont est victime le non moins ex-président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot).

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