Sécurité assurée dans les zones de conflit autour du Baccalauréat 2015

Grâce à une logistique aérienne du  Mindef, l’Office du bac a dépêché une mission  pour constater l’effectivité du déroulement des épreuves écrites.

 A bord du MI 17 de l’armée camerounaise, l’équipe des journalistes mobilisés par l’office du bac et encadrés par la Région militaire interarmées n°4 fait son premier atterrissage dans la ville de Makary, chef-lieu de l’arrondissement du même nom, à 125 km de Kousseri dans le département du Logone et Chari. Il est presque 12 h ce mardi, 2 juin 2015. C’est le deuxième jour des épreuves écrites du baccalauréat 2015. Dans la cour du lycée de Makary,  les candidats commentent l’épreuve de philosophie qu’ils viennent de passer. Simon Taidjaré Taossé, de la Tle A4 attend fermement les résultats de cet examen pour postuler au concours de l’Ecole normale supérieure de Maroua.

Pour la jeune Iyagana Nana, venue du lycée de Fotokol, le plus important est de bien boucler les épreuves écrites du baccalauréat. Dans ce sous-centre écrit classé en « zone rouge », du fait de l’insécurité orchestrée par la secte Boko Haram, 65 candidats ont été enregistrés. Malgré l’hostilité et l’austérité ambiantes, le proviseur, Athanase Ayida Ayida booste le moral de ses élèves. Après 20 ans, le sous-centre écrit de Makary vient d’être réhabilité et accueille les candidats du lycée de Blangoua. Makary n’a pas été touchée par les attaques de la secte Boko Haram mais les assauts orchestrés dans les localités voisines notamment à Bargaram, Fotokol et Bodo ont fini par installer ses habitants dans la psychose. La ville constitue ainsi la « terre promise » pour de nombreux élèves « déplacés » venant des établissements environnants.

Mais le gros des candidats déplacés au baccalauréat dans le Logone et Chari se trouve au lycée mixte de Kousseri. Ce sous-centre écrit a enregistré 315 candidats pour la session 2015. Le proviseur, Bicher Moussa annonce six absences. Les épreuves écrites du bac se déroulent sans anicroche. Dans l’enceinte de l’établissement, le dispositif sécuritaire est minimal. « Le lycée dispose d’un système d’auto-défense », révèle le chef de l’établissement. Le lycée a  accueilli 228 élèves « déplacés » toutes classes confondues, venant de Fotokol, de Bodo, Waza, Limani et Kolofata. Parmi eux, une dizaine est inscrite dans les classes terminales. Pour faciliter l’accueil de ces nouveaux venus, l’établissement a bénéficié d’un forage et d’un bloc de latrines dans le cadre du plan d’urgence présidentiel.

Dans le Mayo-Sava, le lycée classique de Mora, l’unique sous-centre écrit du bac pour l’ensemble du département compte 378 candidats. Selon le proviseur Edouard Sadou, six candidats manquent à l’appel. L’établissement a accueilli des candidats « déplacés » venant des lycées de Limani, Kolofata et de Kerawa.

Dans ce département, cible de plusieurs  attaques et incursions terroristes les mesures déployées par les pouvoirs publics ont permis d’éviter une année blanche. Le sous-centre écrit du lycée de Mozogo compte 119 candidats inscrits dont deux absents. Un seul candidat « déplacé » vient du lycée de Limani.  La situation est davantage plus calme à Mogodé,  à une quarantaine de kilomètres de Mokolo. Le sous-centre écrit de ce lycée présente 76 candidats inscrits. Aucune absence n’a été enregistrée. Les deux candidats « déplacés »  viennent des lycées de Limani et de Tchéré.