Régine-Gwladys, chanteuse, journaliste et humanitaire…

À 22 ans, Régine-Gwladys Lebouda a déjà un séduisant parcours. Entre journalisme et travail en ONG, la Camerounaise trouve un peu de temps pour la musique, et a gagné le 1er prix de Chansons sans frontières.

« Tout ce que j’ai, je le dois à l’école »

Avec son large sourire et son enthousiasme communicatif, Régine-Gwladys Lebouda se sent très vite à l’aise, où qu’elle soit. Cette Camerounaise de 22 ans a remporté le 1erprix de la 9e édition du concours international Chansons sans frontières. À la clef : un voyage d’une semaine en France, tous frais payés, durant lequel elle visite Paris mais aussi la Normandie. Ce mercredi soir, elle assiste à la remise de prix qui se tient à Caen.

Née à Yaoundé, capitale politique du Cameroun, d’une mère traductrice et d’un père inspecteur des impôts, la jeune fille suit un parcours scolaire d’excellence. Elle empoche son bac à 16 ans, rentre dans une prestigieuse école de communication où elle obtient une licence en journalisme, puis enchaîne les stages entre journaux locaux et télévision camerounaise. « Je ne viens pas d’un milieu riche, tout ce que j’ai, je le dois à l’école », confie-t-elle.

Depuis huit mois, la jeune femme travaille en tant que chargée de communication au sein de l’organisation non gouvernementale (ONG) Fairmed, qui apporte une aide médicale aux plus défavorisés. Mais Régine-Gwladys Lebouda n’a pas pour autant laissé tomber le journalisme : en parallèle de ses activités à l’ONG, elle suit un master. « J’ai un rythme de malade : en semaine, j’enchaîne le travail et les cours, et le week-end, je participe à une émission à la télé camerounaise. »

Bosseuse et fonceuse, Régine-Gwladys Lebouda cite Audrey Pulvar ou encore Denise Epoté, journaliste à TV5 Afrique, comme modèles de « femmes qui ont su s’imposer, à une époque où le journalisme n’était pas un métier de femme ».

« Trop intelligente pour chanter »

Si elle adore écrire et aime le rythme trépidant qu’offre le métier de journaliste, sa première passion est la musique : « J’ai commencé à chanter dans la chorale de mon collège de campagne. Il n’y avait pas vraiment d’autres loisirs. Après mon premier solo, je ne pouvais plus m’arrêter ! » Ses parents ne voient pas ce soudain enthousiasme pour le chant d’un bon oeil : « Ils m’ont dit que j’étais trop intelligente pour chanter. »

La sage jeune fille devient une élève studieuse, alors qu’elle se rêve sur scène. « Si je m’étais écoutée, j’aurais arrêté l’école », avoue-t-elle dans un éclat de rire. Grattouillant sa guitare qu’elle s’est payée avec son premier salaire, Régine-Gwladys Lebouda continue de travailler ses cordes vocales, mais se plaint de n’avoir « plus de temps pour écrire des chansons ».

Le concours qu’elle vient de gagner a été, pour elle, l’occasion de reprendre la plume et de constater que son amour de la musique est intact. Sur le thème « Un ami que je ne connais pas encore », la bouillonnante Camerounaise a choisi un sujet grave et lourd le viol comme arme de guerre. Dans son texte, elle se glisse dans la peau d’une de ces jeunes lycéennes enlevées, il y a un an, au Nigeria par les combattants islamistes de Boko Haram. « C’était très dur d’écrire, mais c’était ma manière de leur rendre hommage, lâche-t-elle. Elles rentraient de l’école, cela aurait pu être moi… »

Ambitieuse et sereine, la jeune femme pense s’exiler un temps pour se former aux nouvelles technologies. Mais c’est au Cameroun qu’elle veut vivre : « Si tout le monde part, qui va aider au développement du pays ? »