Ramadan 2015 terrorisme, corruption et paix au menu

Dans sa prière, l’imam de la mosquée centrale de Douala a confié le Cameroun entre les mains d’Allah. Non sans soutenir l’interdiction du port du voile intégral.

Le climat sécuritaire au Cameroun est loin d’être serein. Surtout après les premières attaques kamikazes (11 morts de sources officielles) à Fotokol la semaine dernière. Du coup, pour les grands rendez-vous, les mesures exceptionnelles sont prises. Vendredi 17 juillet 2015. Pour accéder à l’esplanade de la poste centrale de Douala où se déroule la grande prière de la fête du ramadan, il faut montrer patte blanche. Le directeur de la Police judiciaire du Littoral et ses hommes filtrent le passage. Il faut passer au détecteur de métaux, présenter son sac pour la fouille. Certains éléments des renseignements se faufilent dans la foule à la recherche du moindre geste suspect. Le grand imam de la mosquée centrale de Douala a saisi l’aubaine de la fête de l’Aid el fitr pour remercier Dieu. Et confier le Cameroun à Allah.

«Nous remercions Allah pour un pays de paix. Nous voulons adresser un message de remerciement, de reconnaissance parce que quand Dieu vous accorde les bienfaits, il faut le remercier. Il fallait expliquer aux fidèles la manière de remercier Dieu, d’abord par les paroles et à travers nos gestes, nos comportements», argumente El Hadj Mohamad Malik Farouk. En disant sa reconnaissance à Dieu pour «un pays de paix et de stabilité. C’est un don du Seigneur Allah», l’imam de la mosquée centrale n’oublie pas qu’il «y a une organisation satanique qui veut briser cette paix.» Mais avec les prières des spirituels, Boko Haram «va s’effacer. Depuis combien de temps nous menace-il ? Mais Allah refuse. On va continuer à se défendre et à éradiquer complètement ce genre de ténèbres qui veut nous détruire. Allah doit préserver le Cameroun de toute calamité, de tout trouble, de tout terrorisme. Qu’il donne plus de force et de victoire à nos forces de défense.» Répondant à la préoccupation des médias sur le port du voile intégral qui fait des vagues ces derniers jours, le guide religieux révèle : «L’islam n’accepte pas qu’on se couvre intégralement le visage, les yeux.» Même si la première autorité de la région, le gouverneur, n’a pas proscrit la burqa, ce serait «normal si la région l’exigeait, surtout en cas d’urgence».

L’amour du prochain est un autre défi à atteindre par les Camerounais, recommande l’orateur. «Que Allah inculque dans les cœurs des Camerounais l’amour vrai et le respect mutuel. On le demande aussi à nos gouvernants. S’ils le font, on aura toujours des bénédictions. Tout gouvernement doit savoir qu’Allah ordonne la justice et l’équité. Allah lui interdit de transformer la justice en une sorte de commerce.» Exit le sérieux du discours, les réjouissances se sont poursuivies dans les quartiers. Quoi de plus normal après des jours de jeûne. «C’était une épreuve qu’ils ont heureusement bravée, félicite le gouverneur Joseph Beti Assomo. Aujourd’hui c’est la joie. Par notre présence, nous avons voulu montrer notre appréciation par rapport au comportement très positif des musulmans de notre région. Cette paix qui existe et qui est menacée puisse toujours prévaloir dans la région», et au Cameroun.