Quelle politique pour l’oeuvre d’éducation de L’eglise Evangélique du Cameroun ?

Au secours! L’éducation, oeuvre de témoignage chrétien de l’EEC se meurt! En plus des enseignants en nombre insuffisant et sans salaire, les écoles paroissiales doivent supporter les charges d’inspection! L’Eglise Evangélique du Cameroun (EEC) anciennement Mission protestante française avant l’autonomie avait des oeuvres de témoignage chrétien, notamment dans les domaines de la santé et l’éducation qui faisaient sa fierté et le bonheur des populations.

Dans le domaine de la santé, les Hôpitaux Protestants de Bangwa, Ndoungue, Mbouo (Bandjoun) et Njissé (Foumban) en sont les fleurons. L’oeuvre de témoignage dans ce domaine a tellement prospéré que les hôpitaux et centres de santé ont foisonné.

Dans le domaine de l’éducation, les écoles primaire existaient partout où il y avait un temple et Dieu seul sait combien de gens ont été formés dans ces écoles qui ont existé bien avant beaucoup d’écoles publiques.

Ecole Delabree Cameroun:Camer.be

On les appelait Ecoles CEBEC (Conseil des Eglises Baptiste et Evangélique du Cameroun). Elles faisaient même plus pour les enfants en rendant l’éducation obligatoire parce qu’on n’attendait pas les élèves sur place comme aujourd’hui, mais on envoyait ceux qui étaient déjà à l’école arrêter ceux qui ne fréquentaient pas pour les conduire à l’école. Pour assurer leur hébergement, les écoles avaient des dortoirs où la vie était une autre école car l’enfant ne retournait en famille que les week-ends pour s’approvisionner ou les vacances.

Pour faire le cycle primaire complet, l’enfant pouvait passer dans plusieurs villages, tous les niveaux n’étant pas dans toutes les écoles.

L’EEC avait aussi, en plus des établissements scolaires, des Fermes-écoles où les enfants étaient formés pour l’agriculture et l’élevage. Il y avait enfin des centres ménagers pour la formation et l’éducation des jeunes filles et Dieu seul sait combien de grandes dames sont passées par là. Faute de poursuivre cette oeuvre, celui de Bangangté à prêté ses locaux à l’université des montagnes.

Après la période faste où les écoles ont foisonné, l’oeuvre de l’éducation se meurt. L’Eglise a-t-elle transformé cette oeuvre de témoignage chrétien en une opération de rentabilité? Elle a divisé ses écoles primaires en deux groupes : les écoles régionales prises en charges par elle et les écoles paroissiales laissées à la seule charge de la paroisse.

EEC Bamena:Camer.be

Dans le Ndé par exemple, l’Eglise ne prend en charge que cinq écoles sur onze : Fetoum, Sa’gnam et Toukop pour Bangangté, Tap et Louh pour Bamena.

Les autres étant laissées à la seule charge des paroisse qui les hébergent et qui peinent à survivre avec pour conséquences trois enseignants dont un directeur pour six classes, ayant chacun un salaire mensuel de vrai catéchistes (20 000 FCFA) pendant quatre à six mois par an, à moins que quelques élites bons samaritains ne fassent quelque chose pour atteindre sept à huit mois.

Une absurdité apparait à Bangoua avec l’école Evangélique de Batoula qui avait son annexe à l’hôpital où les enfants pouvaient commencer les petites classes et aller finir leur cycle dans l’école-mère. L’annexe de l’hôpital, tout en restant annexe, est devenue une école paroissiale à cycle complet, l’Hôpital ayant une paroisse.

Les deux écoles, situées à moins d’un kilomètre l’une de l’autre sont devenues concurrentes et n’ont pas d’effectifs (une soixantaine chacune).

Cette concurrence entre une école et son annexe ne peut faire que le bonheur des écoles publiques de Kamna et de Ndepnuo, toutes situées dans un rayon d’un kilomètre et de l’école catholique où chaque classe a son maître qui a son salaire assuré.

Les écoles paroissiales de l’EEC n’arrivent pas à supporter ni la charge des enseignants, ni celle de l’inspection, sans compter les frais d’assurance scolaire obligatoire. Qu’attend l’Eglise de cette formation ? Des enfants mal formés à la base impliquent des pasteurs mal formés à la base, pour ne pas dire mal formés tout court.

Si l’Eglise abandonne ses devoirs, où sont passés les anciens élèves de ces écoles qui ont fait leur fierté?

Paroisse Eglise Evangélique du  Cameroun à Bamena:Camer.be

NB: Le Petit Piment est un mensuel d’information et de débats paraissant le dernier Jeudi du mois Yaoundé. B.P.: 3 281 Yaoundé Cameroun. Tel (+237) 222 23 10 28/Cel: 699 96 32 24, 677 43 65 95, 242 02 32 37. EMaillepetitpiment@yahoo.fr