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Quel est le rôle ou le désir de la diaspora dans le développement sociopolitique économique du Cameroun?

Quel est le rôle ou le désir de la diaspora dans le développement sociopolitique économique du Cameroun?

La diaspora camerounaise est un ensemble démographique qui représente tous les camerounais à l’extérieur du Cameroun et cela dans tous les secteurs d’activités. Il y a donc aussi de la diaspora camerounaise dans tous les pays africains. On peut distinguer la diaspora camerounaise politiquement engagée et la diaspora camerounaise politiquement non engagée ou qui se veut comme telle, si l’on tient compte du fait que le silence est une forme d’opposition ou de caution au régime.

Au vu de ces définitions, nous pouvons affirmer sans ambages  que ce qui fait la force de cette diaspora, est son soutien moral, financier à ses proches restés au Cameroun.

Aussi la plupart des camerounais résidant à l’étranger s’adonnent à une activité qui leur est particulière: envoyer de l’argent régulièrement à leurs familles restées au pays pour des besoins alimentaires, sanitaires, scolaires et autres. Pour tout dire, de l’argent pour l’entretien de la famille. Voilà ce qui permet à cette diaspora d’exister.

Certes la diaspora camerounaise est un monde fait de personnes vivant à l’étranger, pour diverses raisons, mais c’est aussi, un monde de désunion et de clivages. Les clivages politiques et ethniques qui ont mis en péril l’unité nationale, ont été malicieusement transposés partout où vivent les camerounais de l’extérieur.

La mode est à la promotion des associations d’idéologies ethnico-culturelles et linguistiques, qui contrastent avec les réalités démocratiques des pays hôtes.

La diaspora camerounaise est à l’image du Cameroun. Elle est, dans certains de ses aspects, une reproduction extranationale de toutes les tares du Cameroun actuel. Une Diaspora qui préconise et revendique tout, sans jamais le rendre possible…Ordonne sans permettre que ce soit possible…Promet sans rien tenir. La diaspora camerounaise est le reflet d’une société camerounaise paradoxale, indécise, incomprise, confuse…Ou tout simplement une diaspora flottante au gré des enjeux…

Cette diaspora est celle qui est plus active sur les problèmes ivoiriens,dont les moindres mots en faveur de X ou Y les divisent en pros-X qui se considèrent comme de « vrais » africains du bon côté de l’histoire. En pros-Y indexés comme des traîtres, des complices, des vendus du mauvais côté de l’histoire. Nous avons très vite oublié que même en guerre ce pays valait mieux que le Cameroun en paix.

Il faut faire un tour dans les fora des Camerounais pour lire à longueur des journées des analyses pertinentes sur l’Afrique, le franc Cfa, la Côte d’Ivoire….. Ils voient et comprennent juste ce qui concernent les autres et laissent leur situation en jachère. Nous n’avons jamais vu les ivoiriens, les libyens, les Maliens…… écrire et/ou manifester pour dénoncer les abus du pouvoir de Monsieur Biya du Cameroun

D’ailleurs les ivoiriens dans leur grande majorité ne parlent du Cameroun qu’à travers Samuel Eto’o ou Roger Milla…

Nous voulons enlever la poutre que nous voyons dans l’œil de l’autre alors que notre propre œil porte une poutre! Il faut d’abord enlever la poutre qui obstrue ses propres yeux avant de pointer celle qui encombre ceux de l’autre.

Donc une diaspora camerounaise sans fil conducteur idéologique, imprécise, indécise, incompréhensible….. Voilà le vrai problème. C’est du chacun pour soi. 0n dirait que, sur le web, dans les fora  camerounais où les mêmes cyber opposants s’insultent entre eux à longueur des journées, beaucoup s’amusent à refaire le monde comme on le refait au comptoir d’un bistrot. Ça discute, ça rigole, ça crie, ça gesticule… puis, en fin de soirée, quelqu’un dit « et maintenant, concrètement, qu’est-ce qu’on fait ? », et tout le monde s’en va. Il est plus facile de se cacher derrière le clavier de son ordinateur et écrire « Biya must go » et lui lancer des ultimatums et des menaces. L’émotion l’emporte sur les actions.

Aujourd’hui, la diaspora camerounaise peine à rassembler pour défendre une cause juste et redonner espoir à un peuple de plus en plus pris en otage d’un coté par un régime totalitaire dont le seul projet est de s’éterniser au pouvoir et de l’autre par une opposition irresponsable et une diaspora désorganisée.

Les appels à manifestation font peau de chagrin et ne connaissent plus de répondant. Bref les camerounais ne font plus foule à part les fêtes. De Bruxelles, Londres, New-York, Montréal, Hambourg, Genève, Paris ou Berlin, on préfère la belle posture de quelques animations culturelles de certains week-end bien arrosés ; les cérémonies de baptêmes, d’anniversaires, de mariages, les sortie de deuil, … Bref là où il y a à manger, à boire, à danser et à draguer.

Hier les associations ou les organisations qui ont fait, bouger la diaspora, qui ont fait la fierté de celle-ci s’étiolent ou ont disparu à cause du « one man show » de leur dirigeant . Beaucoup de structures et d´associations naissent, disparaissent malheureusement sans aucune action d’éclat après quelques années d´existence ou n´existent plus que sur papier ou dans un forum..

L´une des raisons est la volonté destructive de ceux qui se croyant indispensables, sabotent et phagocytent tout projet lorsqu´ils ne sont plus au centre de l´action. Les quelques rares personnes de bonnes volontés qui essaient de jouer aux rassembleurs, à la mobilisation pour construire une action concrète sont très vite vilipendés et soupçonnés de tous les noms d’animaux. Ici apparaît donc la stérilité des actions qu’entreprennent ces responsables qui pensent animer la diaspora et qui espèrent pouvoir changer les choses, alors qu’en réalité ils sont secrètement accusés de rechercher quelques strapontins auprès du régime en place.

Dans cette diaspora, il y a ceux qui une fois arrivés en Occident découvrent leur virginité de manifestant, de combattant, de politicien .Au début, Ils sont excités, même surexcités à participer à toutes les réunions, à toutes les manifestations. Ils veulent même provoquer et organiser des manifestions là où il y en a pas. Et après plus rien. Ils disparaissent dans la nature.

Et lorsqu’il arrive au hasard qu’on croise quelqu’un d’eux au détour d’une entrée dans une station de métro, et à la question pourquoi « on ne vous voit plus aux réunions. » Tout d’abord il feint la trop grande occupation et après il vous répond triomphalement: « Moi je ne suis plus dans vos affaires de camerounais là. Les Camerounais parlent trop. C’est pourquoi je ne fréquente plus les Camerounais ». «Maintenant J’ai créé une entreprise import-export. Si tu veux envoyer quelque chose au pays tu m’appelles. » Ou encore « j’ai créé une église avec un ami congolais et un ami nigérian ». D’ailleurs, il cherche directement à vous récupérer pour son église et à vous décourager contre toute adhésion à un projet communautaire.

Cependant, lorsqu’il arrive qu’un frère, un cousin, un neveu, une sœur, se trouve dans un centre de rétention, on crie au complot et on appelle à l’aide les responsables de la communauté camerounaise qu’on croyait ne plus appartenir.

La toile cybernétique a révélé ces derniers temps une nouvelle catégorie d’opposants dans la diaspora camerounaise. 

De parfaits et illustres inconnus (es) sans conviction, ni programme, ni visage. Les cyber-opposants devenus très actifs sur Internet habités par la haine aveugle de la pensée critique. Ils font la course aux scoops, la manipulation et utilisent la misère du peuple pour se donner un nom sur la toile. Ils aiment écrire. Leur action est concentrée dans la poursuite d’un objectif qui au peigne fin se transforme en un véritable “One man show” où le m’as tu vu est plus mis en avant que la véritable cause qu’ils sont supposés défendre.

Aujourd’hui, on a l’impression que la diaspora camerounaise n’est ni parmi les souris ni parmi les sauve-souris. Longtemps disparate, elle s’est agitée sans jamais pouvoir coordonner ses forces pour s’impliquer efficacement dans la lutte pour la démocratie au Cameroun. Finalement, elle a apparu comme de minuscules groupes d’activistes désireux de se faire voir..

On voit donc que la question de la diaspora camerounaise est loin d’être simple. Tant dans l’approche de la communauté camerounaise expatriée, que dans son organisation qui est extrêmement éclatée sans parler d’autres défis auxquels la communauté camerounaise expatriée doit faire face.

Avec un pouvoir cinquantenaire en panne d’innovations, on peut se demander quel est finalement le rôle – ou le désir – de ces diasporas dans le développement socio-politico- économique du Cameroun? Telle est la question de la semaine

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