Que font les Volontaires des Nations Unies? le cas de Joseph, volontaire camerounais au Mali

« J’ai été déployé en tant qu’officier des affaires judiciaires, au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali », explique Joseph Agbor Effim

Quand Joseph Agbor Effim est arrivé au Mali au début de l’année 2014, il a été déployé à Kidal, une ville du nord du pays, théâtre d’affrontements entre rebelles et forces gouvernementales. Son rôle: participer aux efforts destinés à trouver une solution durable à la crise récurrente dans ce pays et plus particulièrement s’assurer que les droits des prisonniers soient respectés.

«J’ai été déployé en tant qu’officier des affaires judiciaires», au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), a expliqué ce Camerounais de 37 ans, Volontaire des Nations Unies, dans un entretien téléphonique avec le Centre d’actualités de l’ONU.

Dans une ville où le système judiciaire s’était effondré, Joseph Agbor Effim était chargé de surveiller le traitement des détenus et plaider pour que leurs droits soient respectés.

«J’ai surveillé les violations des droits des détenus et le traitement de ces derniers dans tous les lieux de détention», aussi bien ceux contrôlés par la police et la gendarmerie que ceux sous l’emprise des factions rebelles, a-t-il souligné.

Ce volontaire des Nations Unies a organisé des sessions de travail à la fois avec des interlocuteurs étatiques et des membres des diverses factions rebelles pour les encourager à reconstruire le système judiciaire et à restaurer l’état de droit. Il s’est ainsi efforcé d’expliquer le mandat des Nations Unies et de plaider pour le respect du droit international des droits de l’homme.

Interrogé sur ce qui l’a motivé à se porter volontaire pour les Nations Unies, Joseph, qui a de nombreuses années d’expérience dans le secteur judiciaire, a expliqué avoir voulu «mettre ses compétences au service de l’humanité et contribuer à la paix et au développement dans les domaines de la justice, des droits de l’homme et de la protection de l’enfance».

L’environnement de travail à Kidal n’était pas facile mais il a eu le sentiment qu’il a pu faire quelque chose«en parlant à ces rebelles et en leur faisant comprendre que même si les gens sont détenus, leurs droits continuent d’être protégés». Il leur a expliqué les bonnes pratiques en matière de détention.

«J’ai essayé de créer des relations cordiales avec ces factions rebelles et elles m’ont accepté», a-t-il ajouté.

 

© Minusma
Joseph Agbor Effim, volontaire des Nations Unies, (au centre) fait une présentation devant des collègues à Bamako, au Mali

Joseph Agbor Effim a le sentiment d’avoir apporté son expérience «au service du Mali, une nation qui venait de sortir d’un conflit». En ce qui le concerne, ce travail lui a aussi appris beaucoup et lui a permis de « faire l’expérience des difficultés du travail sur le terrain ».

Son séjour à Kidal a duré quelques mois seulement. En mai 2014, à la suite d’affrontements entre les rebelles et les forces armées maliennes, il a été redéployé dans la capitale malienne Bamako au sein d’un service de la MINUSMA chargé de collecter des informations et des statistiques sur l’état de droit au Mali.

A l’attention des personnes qui seraient tentées par l’expérience de volontariat au sein des Nations Unies, il a souligné combien cette expérience lui a permis de «rencontrer des gens d’horizons divers». «Vous augmentez votre capacité à traiter avec des gens de différentes parties du monde. Vous pouvez apprendre une nouvelle langue», a-t-il raconté.

Le programme des Volontaires des Nations Unies (VNU) a publié vendredi 5 juin le premier Rapport sur la situation du volontariat dans le monde. Ce rapport montre combien les volontaires jouent un rôle primordial pour rendre les gouvernements du monde entier plus responsables et plus réactifs face à leurs citoyens.

Joseph prévoit de rester encore au moins un an au Mali. Ensuite, si son contrat n’est pas renouvelé, il retournera peut-être dans son pays, mais une chose est sûre, il continuera de «plaider pour les droits des gens à être protégés».