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Produit de grande consommation: Le marché du sucre est paralysé

Produit de grande consommation: Le marché du sucre est paralysé

Les pouvoirs publics semblent dépassés par les agissements de certains acteurs du secteur.

Un flou total règne quant à la maîtrise des importations et surtout l’approvisionnement en sucre au Cameroun. Il y a quelques jours, 12 tonnes de sucre granulé ont été déchargées par des aconiers au Port Autonome de Douala (PAD). Cette cargaison appartenait à la société Insuco, alors que l’importation de cette denrée avait été limitée.

«On ne peut que subir face à cette situation où il y a une sorte de deux poids deux mesures. D’un côté on interdit, de l’autre côté, on laisse une ou deux personnes commander des quantités», confie sous cape un acteur du secteur au journal La Nouvelle Expression.

Dans sa publication du 29 décembre 2016, le journal rappelle qu’une réunion s’est tenue au Ministère du Commerce, au cours de laquelle une autorisation d’importation de 25 000 tonnes de sucre avait été donnée à la Société Sucrière du Cameroun (SOSUCAM) pour accroitre son offre. Des sources indiquent que le rapport a été transmis à la Présidence de la République pour trouver des solutions à une situation de pénurie de sucre décriée par tous.

«Mais, entre-temps, Insuco et son top management semblaient ne pas être concernée par la suspension des importations instruite par le Secrétaire Générale de la Présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, en vigueur depuis le 21 août 2014», fait-on savoir.

La même entreprise avait déjà vu son stock de sucre saisi par le Ministère du Commerce pour activité non conforme. Certains acteurs du secteur parlent alors de «jeu trouble» de l’administration et de certains membres du Gouvernement qui en tireraient profit dans l’ombre. Et c’est «le consommateur qui, dans tous ces jeux d’intérêts, paie le prix fort. Il en est de même pour certaines grandes entreprises brassicoles qui ont le sucre comme principale matière première. Et c’est toujours le consommateur qui va en pâtir», note Albert Mandeng, économiste.

«On s’étonne de l’enfermement de la Présidence de la République. Les hauts fonctionnaires veulent nous faire comprendre qu’il n’y a que la SOSUCAM et ses associés pour ravitailler le marché camerounais, alors même que la demande est plus forte et croissante. On est fatigué de crier dans nos rencontres qu’il faut harmoniser le marché. Donner un quota à la SOSUCAM et laisser que la petite parcelle soit distribuée aux autres acteurs, chacun selon ses capacités et ses forces pour que le marché soit permanemment fourni et les prix au rabais. Mais il y a un entêtement qui pousse au soupçon. On n’est pas loin de dire qu’il y a une connivence», laisse entendre un haut cadre du Premier Ministère.

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