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PRÉSIDENCE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE : AMADOU ALI PROPOSE DES DÉPUTÉS POUR REMPLACER CAVAYE

PRÉSIDENCE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE : AMADOU ALI PROPOSE DES DÉPUTÉS POUR REMPLACER CAVAYE

La guerre de positionnement de l’élite politique de l’Extrême-nord a atteint sa vitesse de croisière et pourtant, la région est le théâtre des violents combats entre Boko Haram et l’armée camerounaise soutenue par le Tchad.

Depuis la mise en place du Sénat, le 27 février 2013 jusqu’aux élections organisées le 14 avril de la même année, en passant par la nomination des 30 pour compléter les 70 élus, de Sénat Camerounais que préside Marcel Niat Njifenji qui peine encore à s’imposer comme chambre haute du parlement à qui incombe la charge de gérer la transition au Cameroun en cas de vacance au sommet de l’Etat. La raison serait simple selon une certaine opinion, l’Assemblée nationale camerounaise en vogue depuis plus de 05 décennies garde le contrôle de l’essentiel du pouvoir parlementaire grâce aux lois votées pour la marche des affaires du pays. De Salomon Tandeng Muna en passant par Fonka Shang Lawrence et Honorable Cavaye Yeguie Djibril, le parlement camerounais désormais bicaméral garde la main mise sur les grandes décisions du sérail.

Toute chose qui provoquerait des convoitises à certains de ses postes clés qui restent et demeurent essentiellement politique. Ainsi, depuis 1992 le destin aura voulu que l’enfant chéri de Tokomberé, préside au perchoir de l’hémicycle de Ngoa et Kellé grâce aux talents politiques qu’il incarne faisant de lui le plus ancien député de l’Assemblée Nationale. En effet, élu il y a plus de 40 ans comme membre de notre parlement alors qu’il n’avait qu’une trentaine d’années, le président de l’Assemblée nationale(PAN) est devenu une figure marquante de la politique camerounaise dont la popularité et l’estime ne souffrent d’aucun doute. L’homme n’a pas attendu être membre du gouvernement pour se faire un nom grâce comme sont devenus certains à travers le siphonage des caisses publiques, mais plutôt à travers un dynamisme sans faille qui a contribué à la stabilité dont bénéficie notre pays aujourd’hui.

Mais Cavaye Yeguie Djibril reconnaissons-le pour atteindre ce niveau de popularité et de reconnaissance qui suscite autant de convoitises n’a pas toujours évolué sur un terrain qui lui est favorable. Entre écueils, obstacles et champs de mine rien n’a été oublié pour le faire tomber dans son Mayo Sava natal du Mayo Danay, Logone et Chari car, de ce côté, une forte élite aspire aussi lui arracher la vedette et jusqu’à présent n’a pas capitulé à cette détermination.

Cavaye Yeguie Djibril : un grand obstacle dans l’accomplissement de certains voeux politiques d’Amadou Ali ?

Cela est loin d’être un secret, tous les Camerounais semblent connaître par coeur les ambitions politiques d’Amadou Ali. Celles d’une division politique du Cameroun entre le Grand-nord, les Anglophones et le reste du pays. Après le décès de l’ancien chef de l’Etat, Hamadou Ahidjo l’échiquier politique de notre pays avait connu des changements remettant le pouvoir suprême aux Bétis à travers Paul Biya qui était son successeur constitutionnel. Le parlement était reposait entre les mains des Anglophones et présidé par Tandeng Muna tandis que la primature a été confié au Grand-nord. Bello Bouba, Ayang Luc et Sadou Hayatou ont accompagné l’immeuble Etoile jusqu’au chamboulement du système de distribution des cartes.

C’est ainsi qu’en 1992, l’Assemblée nationale s’en ira au Grand-nord et la primature aux Anglophones. Achidi Achu, Mafany Musongue, Chief Inoni Ephraïm et Yang Philémon ont successivement dirigé l’Immeuble Etoile depuis 1992 jusqu’à nos jours. Bien que mis en place, le Sénat n’a pas changé considérablement l’agencement des choses asphyxiant ainsi les visées d’un homme enraciné dans le sérail depuis 40 ans sans un véritable pouvoir. Levice premier ministre, ministre délégué à la présidence chargé des relations avec les assemblées, Amadou Ali est celui là qui pourrait se sentir trahi et marginalisé pour n’avoir pas bénéficié d’un portefeuille influençant les lois constitutionnelles. Entre président de la République, président de l’Assemblée nationale et Premier ministre, l’homme fort de Kolofata est passé à côté de ces pouvoirs depuis 30 ans compromettant ainsi sa carrière politique.

Plus rusé que tous, Paul Biya l’a surtout utilisé dans les postes clés et intermédiaires de son régime. MINDEF, SG/PRC, MINJUSTICE, Vice-pm, MINDEL PRC en relation avec les assemblées. Ce dernier poste apparemment isolé aura permis à Amadou Ali de trouver une faille pour en découdre avec celui qu’il considère comme un caillou dans sa chaussure. Cavaye Yeguié Djibril continue de présider aux destinées de l’hémicycle de Ngoa et Kellé, alors qu’Amadou Ali ronge ses freins pour n’avoir aucune chance de briguer un portefeuille constitutionnel. D’où certaines manoeuvres obscurantistes mises en place pour chasser Cavaye Yeguie de l’Assemblée Nationale depuis 2013. La candidature des députés proscrits au Sénat, les positions radicales de Sali Dahirou, de Kamsouloum Abba Kabir n’auraient été que des missiles préparées par Amadou Ali pour détruire le fils de Tokomberé.

Au moment où l’on parle et que le remaniement ministériel tarde à arriver, tout comme le conseil constitutionnel, Amadou Ali dans sa soutane voudrait rompre avec la longévité du PAN en proposant d’autres noms au chef de l’Etat pour rétablir l’équilibre dans tous les sens. Entre autre, députés qu’il aurait proposé les noms Zondol Hersesse président de la commission de lois constitutionnelles à l’Assemblée Nationale et ressortissant du Diamaré, Djibrilla Kaou député RDPC du Mayo Tsanaga et Monjowa Lifaka du Sud-ouest. Il faut dire que la session parlementaire du mois de mars qui pointe à l’horizon s’annonce sous le prisme des remous au sein de la famille politique avec ces postulants préparés pour temporiser le destin du président de l’Assemblée nationale sans compter les médias mis à contribution pour appuyer le projet, évoquant ainsi l’idée d’une rotation des postes politiques. Il voudrait juste les exploiter pour trouver une fissure sur son chemin vers Etoudi ou à l’Immeuble Etoile.

Les manoeuvres déstabilisatrices du vice-PM

Depuis les élections sénatoriales jusqu’au double scrutin du 30 septembre 2013, on a vu les listes des dynamiques militants du RDPC rejetées sur ordre du ministre Amadou Ali parce que ces gens étaient acquis à la cause de Cavaye Yeguie Djibril. Les nouveaux venus étaient parfois de l’UNDP parfois des personnes façonnées par Amadou Ali pour combattre le PAN dans l’avenir. Certaines requêtes parvenues au comité central du RDPC n’ont pas trouvé de solutions pour réajuster le RDPC dans cette partie du pays. Ce qui prouve qu’Amadou Ali pendant des décennies aura entonné un autre chant en dehors de celui du président national du parti du flambeau.

Quid MONJOWA LIFAKA ?

Cette femme originaire du Sud-ouest est vice présidente de l’Assemblée nationale, Amadou Ali fonderait beaucoup d’espoir en elle pour briser le système politique qui attribue la primature aux Anglophones. Ainsi, si l’Honorable Monjowa devient présidente de l’Assemblée Nationale, la primature ira directement au Grandnord entre l’Adamaoua et l’Extrême-nord. Se référant à la maîtrise des rouages du sérail, le chef de l’Etat jettera à coup sûr son dévolu sur le vice-PM Amadou Ali. Que des calculs ambigus d’un espoir fondé sur l’irrationnel et la trahison. Croisons les doigts…

 

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