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Peur: Le tour du Cameroun amputé au Nord

Peur: Le tour du Cameroun amputé au Nord

Les étapes de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua ont été annulées par l’Union cycliste internationale, pour éviter les enlèvements de la secte Boko Haram.

La 11 ème édition de cette compétition ne partira plus de Maroua le 9 mars prochain, comme initialement prévu, mais d’Ebolowa. «Nous ne pouvons pas faire comme si le septentrion est une région comme toutes les autres au Cameroun. Dans cette zone, plusieurs étrangers sont très souvent enlevés. Nous ne voulons pas courir de risque, nous ne pouvons pas emmener tous les visiteurs qui seront au Cameroun dans la gueule du loup, ça, tout le monde sait que Boko Haram sévit dans le Grand Nord», déclarait il y a quelques jours, François Njélé, le chef du projet du Tour du Cameroun.

Des informations sur la menace de la secte nigériane sont remontées à l’Union cycliste internationale (Uci) et cette instance a décidé de suspendre les étapes du Nord, malgré la position d’Adoum Garoua, le ministre des Sports, et Moustapha Dogo, le président de la Fédération camerounaise …de cyclisme (Fécacyclisme), qui tenaient à ce que les étapes du Nord soient maintenues. Le ministère des Sports et la Fécacyclisme ont fini par céder, en acceptant lundi dernier, d’annuler les étapes censurées par l’Uci. Cette institution ne leur a d’ailleurs, pas laissé le choix.

«Nous venons d’apprendre par le biais du président du jury, M. Coppenolle, que le grand départ du Tour du Cameroun doit se faire dans le Nord et l’Extrême-Nord du pays. Vous n’êtes pas sans savoir qu’actuellement, les autorités de nombreux Etats déconseillent fortement à leurs ressortissants de se rendre dans cette région. Nous attirons à cet égard, votre attention sur l’article 1. 2. 035 du règlement Uci, qui prévoit que «l’organisateur doit prendre toutes les mesures de sécurité que la prudence impose», a écrit Philippe Chevallier, le directeur Sport et technique de l’Uci, dans une correspondance qu’il a adressée à François Njélé le 19 février dernier.

Cet article précise que «sans préjudice des dispositions légales et administratives applicables et du devoir de prudence de chacun, l’organisateur doit veiller à éviter dans le parcours ou sur le lieu des compétitions, des endroits ou des situations présentant un risque particulier pour la sécurité des personnes (coureurs, accompagnateurs,officiels, spectateurs, etc) ».

Mauvaise ambiance

C’est en raison de cet article que l’Uci a demandé au comité d’organisation de reprendre le tracé du parcours et de limiter la compétition dans les régions du Centre, Littoral, Sud, Sud-Ouest et Ouest. Philippe Chevalier a d’ailleurs fait savoir que si cette recommandation n’était pas respectée, l’Uci n’enverrait pas son commissaire superviser la course. Des sources à l’ambassade de Belgique au Cameroun nous ont par ailleurs révélé que Jean-Pierre Coppenolle a reçu une recommandation du ministère belge des Affaires étrangères de ne pas se rendre dans les régions septentrionales du Cameroun.

L’annulation des étapes du Nord a été mal accueillie à la Fécacyclisme. Et, le premier à monter au créneau pour décrier cette «injustice», c’est Moustapha Dogo, le président. «C’est malheureux, notre pays est politisé. Si aujourd’hui, l’Union cycliste internationale, qui est l’instance qui dirige cette discipline dans le monde, suspend les étapes du Grand Nord, c’est parce que ceux qui ont pris cette décision ne connaissent pas la réalité de notre pays. Notre pays est un pays où la sécurité et la paix règnent. Nous n’avons pas de problème. si enlèvement il y a, ce sont des gens qui sont bien ciblés», a déclaré le dirigeant.

Au ministère des Sports aussi, cette décision ne fait pas beaucoup d’heureux. «Comment comprendre que l’Uci vienne nous dire que le Cameroun n’est pas sécurisé, alors que Moustapha Dogo, le président de la Fécacyclisme, qui était dans les régions du Nord a fait savoir que toutes les mesures ont été prises? Je suis au regret de vous le dire,mais, il est clair que ce sont certains Camerounais qui ont envoyé de mauvaises informations à l’Uci, juste pour perturber l’organisation de la compétition. Mais une chose est sûre, c’est le Cameroun tout entier qui perd», a confié une cadre de la Direction des affaires générales du ministère des Sports.

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