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Opération Epervier: Tous morts en prison – Cannibalisme: le régime dévore ses créatures

Opération Epervier: Tous morts en prison – Cannibalisme: le régime dévore ses créatures

Booto à Ngon, Joseph Angoula Angoula, Henri Engoulou, Catherine Abena, Jérôme Mendounga

Nécrologie: Jérôme Mendouga  n’est plus

L’ancien ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis, et coaccusé de Jean-Marie Atangana Mebara dans le détournement des fonds destinés à l’achat d’un avion présidentiel, est décédé samedi dernier à l’Hôpital général de Yaoundé. Il était jusqu’à l’heure de sa mort pensionnaire de la prison centrale de Kondengui.

La nouvelle a circulé samedi 15 novembre en milieu d’après-midi, alors que tous les esprits étaient tendus vers la rencontre de football Cameroun-République démocratique du Congo au stade Ahmadou Ahidjo : Jérôme Mendouga a poussé son dernier souffle après plusieurs semaines de maladie à l’Hôpital général de Yaoundé. Dans ce centre hospitalier de référence, tout était dans l’ordre à 19 heures. Vides, les couloirs le sont, et plus encore au «pavillon Vip» situé au troisième étage où Jérôme Mendouga a passé les derniers jours de sa vie. Les deux infirmières de garde se refusent à quelque commentaire sans une autorisation écrite de l’administration, mais la chambre 321 entrouverte ne laisse percevoir aucune présence humaine. Celle qu’occupait l’ancien ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis après un énième malaise. Le dernier. « Toutes blessent, la dernière tue » (la douleur : Ndlr) dit l’adage.

Au domicile du défunt à Elig-Essono, la consternation est vive. En cette soirée, les portes de la villa sont grandes ouvertes, et une soixantaine de personnes assistent à une prière à la mémoire du défunt. L’un de ses fils, à la fin de la prière, va prendre la parole pour rassurer pour ce qui est du programme des obsèques. Sa mère et épouse de Jérôme Mendouga est encore à l’étranger, informe-t-il l’assistance, il faut attendre son retour pour organiser les obsèques de leur parent. Cela n’empêche pas pour autant la famille de tenir un conciliabule dans la cuisine pour définir la suite à donner aux évènements.

«L’avenir nous dira»

Dehors, le sujet de la mort du patron des lieux et surtout les circonstances semblent tabous. L’arrestation du professeur Gervais Mendo Ze alimente quelques conversations mais rien sur le défunt. A l’exception d’un des fils qui réunit autour de lui ce qui apparait être ses collègues de bureau. «La diplomatie est une grande famille, nous ne devons jamais perdre les valeurs de ce métier», leur recommande-t-il. « La diplomatie a des valeurs que nous devons continuer de défendre, a-t-il conseillé avant de préconiser, mon père était un grand homme et il a fait de grandes choses, que j’espère, vous aurez le temps de découvrir». S’excusant de ne pas avoir rempli ses obligations professionnelles ces dernières semaines du fait de l’état de santé préoccupant de son père, le jeune homme va remercier ses collègues pour leur soutien. N’évoquant point les ennuis judiciaires qui ont sans doute été pour beaucoup dans les soucis de santé de son père, il aura juste ce mot : «l’avenir nous dira».

Jérôme Mendouga était en poste à Washington au moment où le gouvernement camerounais décide de se mettre en cheville avec le groupe Boeing pour l’acquisition d’un aéronef destiné aux déplacements du président de la République. Il était accusé avec Jean Marie Atangana Mebara, ci-devant secrétaire général de la présidence de la République, lui aussi actuellement en détention à Kondengui, du détournement des fonds affectés à cette opération. L’ « affaire Albatros » était née. Cette disparition porte à trois le nombre de prisonnier de l’opération épervier décédés en détention au cours de cette année 2014. En effet Catherine Abena ancien secrétaire d’Etat aux enseignements secondaires et Henri Engoulou, ancien ministre délégué au budget sont décédés dans les circonstances similaires. Jérôme Mendouga tire sa révérence avant que vérité ait été faite sur l’ « affaire Albatros » dont il a été condamné pour un des pan par le Tgi de Yaoundé. Le même qui acquittait Atangana Mebara.

 

 

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