Odeur de corruption chez Alpha assurances

Les ex-employés crient misère depuis mars 2013, le liquidateur porté disparu pendant que l’administrateur provisoire fait de la résistance.

«Le blocage du processus de mise en liquidation de notre défunte société serait-elle le fait d’une corruption rampante ?» La grosse interrogation fait le titre d’un mémorandum adressé au gouvernement par les ex-employés de Alpha Assurances, société dont la totalité des agréments avait été retirée depuis le 27 mars 2013 par la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (Cima) pour «incapacité d’honorer ses engagements vis-à-vis des assurés, notamment le non paiement des sinistres, ayant même entraîné sa suspension par la commission d’arbitrage de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asc)».
Dans leur cri de détresse, les signataires de la lettre ouverte constatent qu’après la disparition de la circulation de Marcel Tchangongom, nommé par ordonnance du 26 février 2014 par le tribunal de grande instance du Wouri, aucun autre liquidateur n’a pris la relève alors que, depuis d’interminables mois, trône toujours un administrateur provisoire alors que l’agrément a été retiré et

que l’entreprise n’a plus de dirigeants. «Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’administrateur provisoire continue d’être payé, tout comme les loyers de l’ancien immeuble dit Amacam, ce qui réduit l’actif devant servir à désintéresser les créanciers».
L’administrateur provisoire de Alpha Assurances, selon les mesures conservatoires à lui fixées le 23 avril 2013 par le directeur général du trésor, de la coopération financière et monétaire du ministère des Finances, était notamment chargé «de gérer la période transitoire dans le sens de la sauvegarde des intérêts des assurés bénéficiaires des contrats d’assurances et de la préservation du patrimoine» de l’entreprise fermée.
Au premier rang des victimes de la fermeture de la société, se trouve sa centaine d’employés, envoyés au chômage sans le moindre kopeck d’indemnisation ou de paiement de leurs droits sociaux. Et ce alors que, écrivent-ils, ni le ministre des Finances, ni ceux de la Justice ou encore de l’Emploi ne semblent sensibles à leur misère. Est-ce la direction des assurances (ancienne division des assurances) du ministère des Finances qui ne fait pas son travail ? Comment peut-on imaginer que l’exécution d’une décision d’un organisme supranational comme la Cima, dont le Cameroun est membre, soit bloquée par ce qui apparaît comme des manœuvres obscures ?» s’interrogent les malheureux.
Les mêmes avaient déjà, le 8 mai 2014, à travers le collectif de leurs délégués du personnel et dans une déclaration de créances adressé au liquidateur, résumé leurs doléances au paiement des retenues abusives sur salaires, des congés non payés, du 13ème mois, du préavis, des indemnités de licenciement, des heures supplémentaires, de l’Arbre de Noël, des suppléments familiaux, de la prime de bonne séparation, des droits obtenus à l’issue des départs volontaires, des salaires des trois derniers mois ayant suivi le retrait des agréments, etc.