Obsèques: Guy Lobè, chevalier de l’ordre national de la valeur

L’artiste musicien a été élevé à titre posthume samedi dernier, avant son inhumation au cimetière de Bonadibong à Douala.

Il est 15h13 minutes lorsque le corps de Serge Guy Lobè est descendu en terre. C’est l’explosion de pleurs au cimetière de Bonadibong, à Douala. Des cris vont se mêler à l’une des chansons du défunt artiste qui passe en boucle grâce à un émetteur baladeur et un baffle. L’atmosphère devient lourde et pesante. Toute de blanc vêtue, la mère éplorée du chanteur, assise sur une pierre tombale, attire sur elle des regards compatissants. «La photo de maman. La photo de maman part», se lamente-t-elle. L’un de ses fils, debout à côté d’elle, veille et tente de la calmer. Ce qui n’est pas chose facile. Les amis et le reste des membres de la famille ne cachent pas leur émotion.
Les larmes coulent à flots. Les gorges sont nouées. C’est à peine si les cantiques religieux entonnés par Grace Decca sont repris par les personnes présentes. Quand arrive

le curé de la cathédrale Sts Pierre et Paul de Douala pour l’absoute et la prière d’enterrement, l’émotion est à son comble. La tristesse et la douleur ont raison de ceux qui ont résisté jusque là. «Donc, c’est la fin comme ça ?», s’écrie en sanglotant une jeune femme. Les adieux de la mère du défunt sont émouvants. En pleurs, ses paroles sont à peine audibles. Seul le mot «Mounam» (mon fils) se fait entendre véritablement. Quelques heures avant l’inhumation, Guy Lobè a été élevé à titre posthume au grade de chevalier de l’ordre de la valeur par le gouverneur de la région du Littoral, Joseph Beti Assomo.
Cette distinction a eu lieu au Collège Alfred Saker où s’est tenue la veillée artistique. Laquelle a d’ailleurs connu la présence d’une foule immense d’amis, d’artistes musiciens et d’hommes de médias. Tous vénus témoigner et accompagner le père de «Dégager», son tout premier album devenu célèbre dès sa sortie en 1984. «Guy Lobè était un modèle. C’est lui qui nous donnait la force de continuer dans ce métier. Il n’y a plus de respect dans ce métier. Pourtant, il était l’un des rares à être respectueux», soutiennent les jumeaux Epée et Koum. Les deux frères regrettent l’absence d’Aladji Touré à qui Guy Lobè doit ses débuts de chanteur.
Dans son témoignage, Nkotti François affirme que le défunt «était un grand artiste. Un grand arrangeur, un excellent compositeur. On doit lui rendre un bel hommage. Guy nous précède comme Eboa Lottin, Nelle Eyoum et tous ceux qui ont œuvré pour la musique camerounaise.»
Vendredi soir, il n’y avait pas que les témoignages. Pour l’occasion, c’est à un véritable concert de musique que les personnes présentes assistent. Les désormais anciens collègues de l’auteur de «Mon ami à moi», gros tube des années 1980, reprennent à tour de rôle les titres du défunt. Ainsi que ceux d’autres artistes de regrettée mémoire. Notamment Eboa Lottin. En rappel, c’est le lundi 16 mars dernier que Guy Lobè à rendu l’âme à l’hôpital général de Yaoundé, des suites de maladie. Annoncé pour mort il y a 5 ans, à la suite d’un accident vasculaire cérébral (Avc), la terre s’est finalement et définitivement refermée sur l’auteur de «Africaines» samedi dernier.