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Ô Kamer… Avant, j’étais quelqu’un

Ô Kamer… Avant, j’étais quelqu’un

Sortir la jeunesse post pubertaire de l’adolescence avec un choix sans alternatives! L’énergie de jeunes pousses issus d’un parcours académique d’excellence est consumée par le désert d’opportunités, l’incitation contiguë pour ceux sans parrainage à l’abandon dépravé de philtres et plaisirs qui gardent enchainés aux besoins primaires. Quelles perspectives sans alternatives, quelles options sans visibilité: quand le choix, le seul est l’exil, quand écueils et périls tentent le seuil de tes fils … Ô Kamer qu’est-il advenu de toi… pour te dépouiller ainsi de tes graines germées, t’astreindre à cette résignation qui n’est qu’absinthe inoculée en ton sein. Des briques de Kamer, bâtisseurs d’excellence restent béats devant l’absolution de gangsters ordinaires érigés à coup de pécule en archétype d’ascension, béats devant l’ivresse décadente de l’asservissement au charisme du patronyme.

Ceux d’en face, dans des habitacles thermo-tempérés et autres filtres lumineux, barricadés dans une réalité astreinte de convolution avec le tiers état, ces architectes de ce réel s’abreuvent d’essence de sacrifiés, épris d’exhalaisons aux nébuleuses vertus ils observent et se délectent… Peuple misère, Peuple colère, Peuple… où es-tu?

Le recommencement perpétuel de schémas sans renouvellement, de schémas aux résultats éprouvés, invariablement les mêmes, contemporains de l’élu dont l’envergure n’en obstrue le rayonnement, ces horizons passéistes rompus aux méthodes coercitives, aux méthodes d’asservissement du plus grand nombre, sont appelés, rappelés… Le culte de personnes surannées, qui ont plus vécu que ne vivront, la force de l’âge dans le lointain du rétroviseur, sans utopie de transmission, sans perspective perspicace, quid de l’héritage! Le bouc émissaire désigné est dans la lignée première de l’ordre de préséance, à l’avant-garde de la (de-) construction de l’intégrité unitaire du triangle quinquagénaire. Ce dernier et ses collusions aux conséquences embastillées, cette génération née de renouveau dont les figures d’autorités sont écrouées, comme pour signifier que l’alvéole de responsables émérites appelés à faire valoir leurs droits dans de lugubres alcôves, dans l’expectation d’un retour en grâce pour refaire ombrage aux mêmes qu’hier, serait seul mauvais grain.  Dans le même temps, la pupille en embuscade s’engraisse ostentatoirement, portée par la flamme, à l’abri de l’oiseau rapace, dans l’attente de son moment… pour perpétrer l’héritage hégémonique. Le bien commun est fait essence de quelques-uns. Ô Kamer où sont tes leadeurs, Ô Kamer où sont tes piliers… « la main sur le cœur, j’ai le blues du pygmée » (Kheyno Évindi; Negrissim).

Résister à la facilité, de s’être accompli dans l’hostilité d’un environnement austère, étranger, apprivoisé. Se rendre à l’évidence que le vrai courage serait de renoncer à cette aisance acquise dans l’ascèse effective du lointain exil et de songer à se mêler à la masse de ceux qui asphyxiés, opprimés, abimés de violence ordinaire se sont résignés à la contingence de leurs quotidiens, consentant l’intendance aux 77,9% du tiers.

 

 

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