camernews-Lionnes-indomptables

Mondial 2015 : Turbulences autour des primes des lionnes

Mondial 2015 : Turbulences autour des primes des lionnes

Les dames qui devaient en principe s’envoler hier attendaient encore leurs primes malgré le rendez-vous donné par Joseph Owona au Canada.

Centre de l’Excellence de la Confédération africaine de football (Caf) sis à Okoa Maria dans l’arrondissement de Mbankomo, banlieue de Yaoundé en cet après-midi du jeudi, 14 mai 2015. Les joueuses de l’équipe nationale de football du Cameroun avec à leurs côtés l’ensemble du staff technique prennent leur dîner au restaurant. Habillées en short noir maillot jaune-noir, elles sont assises les unes face aux autres. Le groupe déguste les derniers mets du terroir en présence de Joseph Owona, le président du Comité de normalisation à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) avant son vol prévu à 23h pour le Canada.

Sur le visage des unes et des autres se lit la tristesse. Mais les Lionnes sont en quête d’un sourire.  Dans les couloirs, les unes et les autres espèrent que « le messager » leur apportera une bonne nouvelle. Mais, il n’en est rien. L’une des joueuses tient en main une chemise bleue. Celle dédiée aux doléances de l’ensemble de l’équipe. Mais le contenu du message n’est pas lu. Les Lionnes sont priées de réviser leurs leçons de patriotisme et miser sur l’effort personnel nécessaire pour leur carrière professionnelle à cette expédition canadienne. « La fédération n’a rien à prévoir. Dans les textes, c’est le gouvernement qui donne les primes » tranche Joseph Owona.

Même si le départ est prévu cette même soirée, tout n’est pas encore clair. Mais le président du Comité de normalisation veut jouer carte sur table. « Je suis venu vous faire des annonces très précises. Mais laissez-moi vous dire que toutes démarches ont été faites et sont en cours depuis près de trois mois. Quand j’arriverai au Canada, on sera probablement mieux fixés. Le Gouvernement et la Fécafoot prennent cela au sérieux. Nous ne vous décevrons pas. C’est pourquoi je vous dis que c’est le premier pas. J’ai tenu à venir vous dire bonne route, mais sachez que vous défendez le drapeau du Cameroun, et votre avenir de sportives. Je ne désespère pas. Moi je sais que vous allez encore porter haut le drapeau du Cameroun ».

A ces mots, les joueuses se regardent réciproquement. Certaines ont les bras croisés, tandis que d’autres ont la tête baissée. « Aujourd’hui, je suppose pour nous tous, commence le voyage pour le Canada. Et le voyage commence toujours par le premier pas, et nous allons marquer ce premier pas aujourd’hui. Je ne sais pas comment caractériser cette cérémonie. Ce n’est certainement pas une cérémonie d’au revoir, parce que, comme tout le monde sait, vous nous précédez au Canada. Ça veut dire que nous serons tous ensemble au Canada, pour représenter le Cameroun » note Joseph Owona.

Même sans prime, les Lionnes sont priées de savoir que « il y en a qui en meurent pour le porter. Le drapeau, c’est l’honneur du pays. Vous irez défendre l’honneur de notre pays. Mais je sais aussi qu’il y en a parmi vous, des joueuses qui aiment le football et qui veulent aller loin. Et comme elles veulent aller loin, elles devront se souvenir qu’elles vont jouer pour le Cameroun, mais elles vont jouer aussi pour elles-mêmes. Une Coupe du monde c’est une épreuve exceptionnelle. Jouer une Coupe du monde, ça ne s’oublie pas, on le porte sur sa licence » rappelle le professeur. Pour lui, les Lionnes ont deux intérêts majeurs : défendre le drapeau et tracer leur voie vers l’avenir.

Carl Enow Ngachu, le sélectionneur de cette équipe, sait tout de même que ses pouliches vont donner le meilleur d’elles-mêmes. « Les filles savent pourquoi elles sont là. Certes ce ne sera pas facile, mais on a mis le paquet ». Le président du Comité de normalisation se retire avec quelques responsables de l’équipe. Au sortir des échanges, les Lionnes cherchent à regagner leurs chambres respectives. Les visages serrés. Au moment où nous mettions le journal sous presse, l’équipe boudait de faire le déplacement pour Surrey, à 40km de Vancouver au Canada (à moins huit heures du temps  qu’on a au Cameroun) où elle devra s’acclimater pendant deux semaines. Des négociations entre le staff technique et les joueuses ont été engagées.

 

camernews-Lionnes-indomptables

camernews-Lionnes-indomptables