Mesures préventives de Lutte contre la torture

Un atelier a été ouvert, à cet effet, hier au ministère de la Justice, alors qu’est attendue ce jour, la validation du 5e rapport au Comité de lutte contre le fléau.

Les acteurs intervenant dans la détention des prévenus et la privation des libertés se sont retrouvés hier dans la salle de conférence du ministère de la Justice pour faire un état des lieux. La police, la gendarmerie, le parquet, l’administration pénitentiaire, les Ong, ont partagé leurs expériences et la réalité telle que vécues dans les cellules et les prisons. Le but de l’exercice était d’apprécier le mécanisme national de contrôle et évaluer le niveau de prévention des abus et tortures dans les lieux de détention. Ici et là, le constat est presque le même. D’abord les contrôles sont effectifs et multiformes pour dissuader les tentatives d’abus et de violation des droits inaliénables des détenus. Ces contrôles existent pour éviter d’en rajouter à la peine de celui qui est privé de liberté. Les abus portent sur la maltraitance, les tortures, les sévices corporels, etc.

Des communications faites par la police, la gendarmerie, le parquet, l’administration pénitentiaire, il ressort que les contrôles sont d’ordre technique, administratif et humanitaire. Dans les différents cas, ils sont ordonnés, soit par le parquet ou le siège pour que la loi en la matière soit respectée, soit par les responsables des unités de détention afin que les standards soient observés. Les contrôles sont aussi initiés par les ONG dans leur rôle d’alerte. Dans tous les cas, le mécanisme de prévention de la torture parvient à réduire la commission des actes inhumains, à dénicher les auteurs de torture, à rassurer les détenus et leurs familles, voire à rehausser l’image du pays.

Toutefois, des manquements ont été soulignés par les participants. L’insuffisance des moyens et des ressources humaines ne permettent pas d’entreprendre les contrôles dans tous les lieux de de détention du pays. Les zones reculées sont les plus négligées. Les descentes de la Commission nationale des droits de l’Homme et des libertés sont très souvent annoncées, ce qui empêche d’apprécier toute la réalité telle qu’elle se présente. Les contrôles se focalisent généralement sur l’objet et la durée de la garde-à-vue au détriment de l’alimentation ou la santé. Les officiers de police judiciaire n’accueillent pas toujours favorablement l’intrusion de la société civile dans les unités de détention. Et puis, les cellules de détention ne respectent pas toujours les standards internationaux en la matière.

L’atelier ouvert hier a été présidé par Helen Galega, directeur des droits de l’Homme et de la coopération internationale au ministère de la Justice. Les travaux s’achèvent ce jour par la validation du cinquième rapport du Cameroun au Comité de lutte contre la torture.