Mercure, ennemi mal connu

Les dangers de l’exposition à cette substance viennent d’être expliqués à Douala.

Jusqu’à présent, aucun cas de maladie liée à une exposition chronique au mercure n’a été signalé. Toutefois, des études menées par des chercheurs camerounais et américains montrent que le danger existe. En 2013, des chercheurs du Centre de recherche de l’éducation pour le développement (Crepd) ont trouvé du mercure dans les cheveux de personnes installées dans la zone de Youpwé, arrondissement de Douala II.

Il y a peu, lors d’une conférence sur le thème « Pollution par le mercure, ce que cela coûte à la ville de Douala », organisée à l’occasion du lancement des activités de l’Ong Wapp (Word Action Phyto Protection), les chercheurs du Crepd ont révélé qu’une exposition chronique au mercure était un vrai danger pour la population, et que guérir un éventuel mal à grande échelle  coûterait des milliards de francs.

Gilbert Kwepouo, coordonateur du Crepd, indique : « Il a été prouvé dans notre étude que l’une des sources de contamination du mercure se retrouve dans les entreprises telles que les cimenteries, les fabriques de peinture, les cabinets dentaires… ».

La « mauvaise gestion des ordures ménagères » y contribue aussi. Selon le chercheur, cette mauvaise gestion des ordures fait en sorte que tous les produits contenant du mercure se retrouvent dans les déchets qui sont parfois brulés à l’air libre. Il explique que le mercure est une substance naturelle qui ne peut être éliminée ni par une réaction chimique, ni par la chaleur.

Le Pr. Hugo Mbatchou Ngahane, consultant physicien, également exposant à la rencontre, a mis un accent sur les dangers liés pour santé. «  En dehors des sources de mercure que l’on a dans les déchets, la plupart des ampoules, thermomètres, relais électriques, contiennent du mercure ». Il poursuit : « Si une femme enceinte est exposée au mercure, l’enfant qu’elle porte va naître avec un déficit sur le plan neurologique. L’exposition au mercure peut aussi  être une entrave au développement moteur. Un enfant qui doit normalement marcher à 8 mois peut éprouver de la peine à se tenir debout à 3 ans ».

Pour les participants à cette conférence, une synergie est nécessaire entre gouvernement, communautés et organisations de la société civile, pour des actions plus fortes afin que le public soit informé.