Me Assira de retour dans l’Affaire Albatros

L’avocat de la défense s’est reconstitué lundi après que le tribunal a constaté l’absence de Me Alice Nkom. Ses plaidoiries sont attendues le 21 septembre prochain.

Installé en tenue civile dans la salle d’audience à l’ouverture, Me Assira avait l’air d’un spectateur.

D’aucuns murmuraient qu’il venait suivre le procès de son ancien client, qu’il a défendu pendant sept ans, avant de se retirer en juin dernier. Que non ! Lorsque l’audience est suspendue afin que Jean Marie Atangana Mebara, ancien secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) contacte ses nouveaux conseils, Me Alice Nkom et Me Ashu, invisibles à l’audience, coup de théâtre. Après un tour à l’extérieur, Me Assira revient drapé dans sa robe d’avocat. « Je me reconstitue pour défendre Jean Marie Atangana Mebara », a-t-il indiqué, avec l’air de vouloir  relever  un défi.  « C’est dans l’intérêt de la défense que je le fais. J’ai mis mon égo de côté. Et au-delà, le temps accordé à mes confrères pour s’imprégner du dossier était assez court », détaille-t-il. Cette reconstitution est d’abord verbale. Il annonce transmettre sa lettre après. Sa consœur Me Ekani a, quant à elle,  transmis, sa lettre de constitution au tribunal.

Seul à l’entame de l’audience vers 10h30 mn, voilà, à nouveau, l’accusé assisté 30 minutes après. Installé sur le banc des accusés, Jean Marie Atangana Mebara a semblé apprécier la tournure des évènements. Me Assira va essayer d’amener les juges à autoriser l’audition des témoins de la défense, tout en permettant, à nouveau, à son client de s’exprimer. Peine perdue une fois de plus. La lettre envoyée par Me Alice Nkom pour informer le tribunal de céans qu’elle a saisi la Cour suprême, parce que le Tcs ne leur permet pas de défendre pleinement l’accusé, ne sera pas reçue. Le document, regrette le représentant du ministère public, ne porte aucune trace d’un passage à la haute juridiction. Malgré tout,  Me Assira et Me Ekani auront l’occasion de défendre leur client lundi prochain, jour fixé par le tribunal pour leurs plaidoiries, après leur demande de report d’audience. Car bien avant, Me Nomo Beyala et Me Ngongo Ottou, avocats de l’Etat du Cameroun ont requis la culpabilité de Jean Marie Atangana Mebara. Pendant plus de deux heures, ils ont expliqué au tribunal « les manœuvres et les manipulations qui ont permis le détournement de  cinq millions de dollars (2,5 milliards de F), déboursés par l’Etat pour l’acquisition d’un avion pour le chef de l’Etat ».  « Combien un seul de ses milliards peut-il construire d’hôpitaux, d’école ou de forages dans nos villages reculés ? »,  a inidiqué Me Nomo, pour charger davantage l’accusé.