Maurice Kamto livre les raisons de sa candidature contre Biya

Invité Afrique du mercredi 18 avril sur Rfi, l’ancien ministre délégué à la Justice de Paul Biya a donné les raisons qui motivent sa candidature à la présidentielle d’octobre au Cameroun.

Pendant 07 ans, il a été ministre délégué à la Justice dans le système du président Paul Biya. Ancien doyen de la faculté de Droit et de Science politique de Yaoundé,  Maurice Kamto est en lice pour la présidentielle prévue pour le mois d’octobre 2018. Investi par son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), il a expliqué à Rfi ce mercredi 18 avril pourquoi il veut succéder au président Biya.

« J’ai quitté le gouvernement parce que mon pays est dans une situation qui n’est pas bonne. La zone dite anglophone de notre pays est pratiquement en état de guerre civile d’une part. D’autre part, en ce qui concerne les écoles, la plupart des établissements scolaires du primaire et du secondaire manquent cruellement d’infrastructures. Il y a encore beaucoup d’écoles, en particulier dans les  zones rurales où les enfants suivent les cours, quand ils peuvent les suivre, assis par terre à même le sol » a d’abord expliqué l’opposant camerounais.  Ensuite poursuit Maurice Kamto, « Deuxièmement, dans le secondaire, il y a plusieurs matières qui n’ont pas d’enseignants. Notre pays est bilingue mais, je peux vous dire d’expérience que dans beaucoup d’établissements, il manque par exemple des professeurs de langue anglaise dans les zones francophones. La condition des enseignants est absolument déplorable. Vous avez dû suivre, il n’y a pas longtemps, les manifestations, les remous, la grève des enseignants qui n’ont pas perçu leurs salaires depuis plusieurs années ».

Le prétendant à la succession de Paul Biya au Cameroun, déplore la situation du système sanitaire de son pays. « Prenons la santé. On a construit quelques grands centres de santé, c’est-à-dire quelques grands hôpitaux sans les doter de moyens nécessaires. A Yaoundé par exemple, nous avons trois grands hôpitaux. L’hôpital général qui était censé être un hôpital de référence et qui aurait d’ailleurs dû réduire  si non éliminer complètement les évacuations sanitaires à l’étranger, il n’en est rien. Bien au contraire, on a jamais autant évacué qu’au cours des années récentes ». Pour sa part, il estime qu’« Il faut construire les installations sanitaires là où il y a les populations et non là où il y a les hommes politiques ».