Maroua : plusieurs quartiers coupés du centre-ville

Cela fait suite à la rupture du pont sur le Mizao.

Le pont Mizao conduisant au quartier Baoliwol et à l’hôtel Mizao sérieusement endommagé il y a quelques jours à la suite des pluies diluviennes qu’a enregistrée la ville a finalement cédé ce matin, aux premières heures vers 4 heures. En effet, cet ouvrage d’art déjà interdit à la circulation ne tenait que sur par; tie.

Ce 29 août contrairement aux autres jours, la sécurité autour du pont a été renforcée avec une présence de 4 policiers de deux rives du Mayo. Les populations riveraines des quartiers Baoliwol, Missingleo, Koudbao, Palar ne pouvaient que constater sous leurs yeux les dégâts, qui paralysaient la circulation.

Pour les riverains desdits quartiers, il faudra désormais trouver des voies de contournement pour rallier les trois communes de Maroua, les tribunaux, services du gouverneur, plusieurs délégations régionales et départementales, l’hôpital régional, le marché central et bien d’autres structures vitales pour les populations.

Pourtant, on s’en souvient, les travaux d’un deuxième pont sur le Mizao avaient fait l’objet en juillet 2018, d’une rencontre présidée par le gouverneur de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari qui annonçait en grande pompe le début imminent des travaux. Ces derniers devraient être lancés en octobre de la même année pour s’achever 8 mois plus tard. Coût des travaux, 4 milliards issus d’un fonds spécial.

Sur la maquette, l’on présentait l’ouvrage comme futuriste qui devrait révolutionner le visage de la ville. L’ouvrage d’art est prévu sur 60 mètres linéaires, avec lkm de route à bitumer. Ce 2e pont Mizao devrait être relié à la nationale N81 d’une part et à la résidence présidentielle d’autre part.

Pourtant en son temps, le Groupement d’entreprises SGC OA BTP/Matière SAS, basé à Yaoundé, chargé de réaliser les travaux, avait rassuré sur le respect des délais contractuels « il n’y a pas d’inquiétude à se faire. Les conditions sont réunies pour que les populations de Maroua aient un ouvrage d’art exceptionnel et de qualité », avait rassuré Dr François Cache, le conducteur des travaux. Un an plus tard, seules les plaques de signalisation de l’entreprise résistent à l’usure du temps. Pas l’ombre d’un début des travaux.

À la délégation régionale de l’habitat et du développement urbain, chef service délégué du marché, on semble ne pas être au fait du dossier. Le nouveau délégué se refuse à toute information, préférant s’en référer à sa hiérarchie ou au gouverneur. Une source nous affirme néanmoins sous cape,  » nous savons seulement que les études géologiques sont entièrement boudées. Et tout porte à croire que les travaux commenceront après les pluies. »

Pendant ce temps, les populations doivent encore continuer à trinquer. Elles crient leur ras-le-bol face à ce qu’elles considèrent comme l’abandon des hommes politiques, et craignent même le pire. « N’ayons pas peur des mots, aujourd’hui il y a des quartiers de Maroua qui sont coupés d’autres et du centre-ville. Figurez-vous, pour arriver au bureau, il faut laisser le véhicule à la maison, traverser le pont à pied et prendre la moto. Sinon il faut contourner soit par Frolina ou Carrefour pour rallier le marché central ou même dans la ville. C’est pénible. Puisque le pont de Missingleo aujourd’hui ouvert pour remédier la situation, lui-même ne tiendra pas pour longtemps, parce qu’il est fortement entamé par l’érosion. C’est la preuve que nous n’avons pas des dirigeants qui anticipent, qui agissent, mais attendent toujours des dégâts pour réagir, et passer pour des héros. Ça ne va pas. Rien ne marche aujourd’hui à Maroua« , a indiqué, courroucé, Gilbert habitant de Baowlïwol contraint de garer sa voiture pour rallier son lieu de travail sis au centre administratif de la ville.

À la commune de Maroua 1er, le maire Hamadou Hamidou, évoque les mesures d’urgence prises avant de trouver une solution durable. « Les mesures prises en urgence c’est de suspendre la circulation sur cet ouvrage d’art pour éviter le pire. Il fallait trouver des voies de contournement, chose que nous sommes en train de faire en ce moment même. Nous sommes en train de renforcer un radier à Missingleo. Lequel radier a également quelques problèmes liés à l’érosion« , a-t-il. Avant d’ajouter qu “on devrait mobiliser toutes nos élites pour amener l’entreprise à lancer dans les meilleurs délais les travaux. »