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Manœuvres dilatoires: une meute se met en place pour Essimi Menye

Manœuvres dilatoires: une meute se met en place pour Essimi Menye

Les porte-flingues de l’ex-ministre de l’Agriculture, empêtré dans des scandales financiers, tirent à boulets rouges sur le ministre la Justice. La diversion ne passera pas.

Même du temps de sa splendeur, lorsqu’il trônait au ministère des Finances (2007-2011), Essimi Menye n’avait pas autant d’amis dans la presse locale. Au prix de quoi est-il parvenu à ce petit miracle ? L’avenir le dira. Toujours est-il qu’une armée de mercenaires de la plume a sonné l’hallali contre Laurent Esso.  La presse pro-Essimi Menye, dont la paranoïa est le moindre défaut, invoque «un acharnement médiatique», «un complot ourdi contre l’ex grand argentier camerounais», dans le cadre d’une affaire de fonds débloqués à la Banque Atlantique du Cameroun S.A. (Bacm), patrimoine de l’ex-Société camerounaise de tabac (Stc).

Interné à l’hôpital de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) au lendemain de sa sortie du gouvernement intervenue le 2 octobre, l’ancien ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) est sous pression. Selon des sources introduites, son état de santé se serait beaucoup amélioré. Une nouvelle qui ferait bondir de joie le Tribunal criminel spécial (Tcs) qui brûle de l’entendre. Pas sûr que l’ex-Minader s’enthousiasme à l’idée de quitter sa chambre d’hôpital pour le pénitencier de Kondengui, car il est de plus en plus évident qu’il ne comparaîtra pas libre. Une escouade de force de l’ordre l’a à l’œil 24h/24. Cependant, Essimi Menye bénéficie au même titre que tous les justiciables de la présomption d’innocence.

Le successeur de Polycarpe Abah Abah au ministère des Finances  traîne, comme un boulet, des dossiers compliqués qui devraient lui valoir au moins d’être confronté avec la perspicacité – ou à la curiosité – des magistrats. Ainsi que votre journal a déjà eu à le relater, l’ex-Minader a été entendu le 13 janvier 2014 par des magistrats du Tcs dans le cabinet du ministre d’État, ministre de la Justice, garde des Sceaux, Laurent Esso, pour «deux dossiers potentiellement explosifs pour lui, et qui pourraient le conduire derrière les barreaux». Les juges se sont intéressés à un détournement présumé de 9,025 milliards Fcfa, destinés à la restructuration d’Amity Bank of Cameroon (Abc) du temps où Essimi Menye était le patron des Finances (Minfi) et mandataire de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), des fonds qui furent plutôt transférés à Banque Atlantique. D’où des soupçons d’accaparement du passif et de l’actif d’Abc par sa concurrente.

Essimi Menye est aussi épinglé dans la procédure de liquidation de la Société camerounaise des tabacs (Sct), sur laquelle il aurait fait main basse pour 50 millions de Fcfa, via un proche avant de faire inscrire, dans le budget de son département ministériel, une ligne budgétaire pour un montant de 150 millions de FCFA au profit de la Sct au titre d’une subvention pour la culture du tabac.

Manigances

Dans leurs manœuvres de diversion de l’opinion publique, des médias à la solde de l’ancien Minfi le présentent comme une victime expiatoire de Laurent Esso. Une façon maladroite de noyer le poisson. Le fin mot de l’affaire Essimi est que le ministre de la Justice n’a pourtant fait que son travail en proposant, selon ses attributions, l’audition de l’ex-Minfi comme témoin. Ces médias brandissent aujourd’hui une lettre confidentielle qui n’a d’incendiaire que le nom, du Minjustice au ministre-secrétaire général de la présidence de la République en date du 7 août 2014. Laquelle rend compte, ainsi que le veulent les procédures, de la situation du dossier Essimi Menye.

Laurent Esso se réfère à la dénonciation reçue au parquet près le Tcs, en rapport avec la liquidation de Amity Bank et dont le procureur général près ledit tribunal lui a fait parvenir le rapport d’étape de l’enquête diligentée par le corps spécial d’officiers de police judiciaire, duquel il ressort que le ministre des Finances de l’époque a signé une convention avec la Banque Atlantique le 9 mai 2009 en vue de la reprise des activités d’Amity Bank. Selon cette convention, écrit Laurent Esso, l’Etat devait payer 9.025.000.000 à Banque Atlantique en douze semestrialités avec quatre années de différé. En contrepartie, l’Etat devait recevoir les créances douteuses d’Amity Bank à concurrence du même montant et en confiait le recouvrement à la Société de recouvrement des créances (Src). L’Etat avait ainsi déjà payé deux semestrialités pour un total de 1.360.563.500 Fcfa, sans pourtant recevoir en retour les créances douteuses évoquées en vue de les faire recouvrer.

S’agissant toujours de la liquidation d’Amity Bank, intervenue en décembre 2013, M. Esso précisait que non seulement ses services ignoraient tout du sort de la convention issue de cette nouvelle donne, mais qu’en plus «les cadres du ministère des Finances, interrogés, déclarent tout ignorer de cet aspect du problème». Mais d’où vient-il donc que des oiseaux de mauvais augure, surgissent de nulle part pour crier à la mise à mort de l’ancien Minfi alors que la procédure suit son cours ? Comment comprendre que l’avis du ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, proposant l’admission de l’ex-Minader dans une officine locale spécialisée en lieu et place de l’évacuation sanitaire désirée dégénère en affaire d’Etat? Et où se trouve l’implication de Laurent Esso dans un prétendu «complot» contre Emmanuel Essimi Menye ? N’est-il pas normal qu’un gestionnaire, sur qui pèsent des soupçons de crimes économiques, soit traduit devant les juridictions compétentes ? La réponse à cette question ne peut se trouver que dans le vent de paranoïa qui a gagné les rangs de personnes ayant perdu leur sang-froid. Quant au Minjustice, ses proches collaborateurs le disent «plus que serein» et pas du genre à se laisser «distraire».

 

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