Lutte contre le diabète: L’éducation, un remède

Alors qu’on a célébré le 14 novembre dernier, la Journée mondiale contre cette maladie, les praticiens et les patients appellent à une sensibilisation accrue.

Selon une étude mise à jour en 2014 par la fédération internationale du diabète, plus de 21 millions de personnes sont atteintes du diabète en Afrique subsaharienne, dont environ 500 000 Camerounais. Un nombre qui pourrait atteindre le million d’ici 2035, soit 5,6% de la population, si rien n’est fait. Cette étude, baptisée International Diabetes Managing and Practise Study (IDMPS) et rendue à sa 6e édition, estime qu’au Cameroun, 13 800 décès liés au diabète ont été recensés.

Mais de l’avis des responsables du groupe Sanofi, qui ont présenté les résultats de cette étude récemment à Frankfurt, en Allemagne, il ne faut pas voir le diabète seulement en termes de chiffres. « Cette maladie touche vraiment les gens, quel que soit le statut social », a indiqué le Pr. Jean-Claude Mbanya, l’un des endocrinologues ayant conduit cette étude. Et ces personnes ont besoin d’être accompagnées, éduquées car au Cameroun, le diabète reste un tabou et sa prise en charge demeure inaccessible. Cependant, pour attester cette réalité, on doit encore s’appuyer sur des chiffres. Selon le Pr. Mbanya, un patient sur 10 a un mauvais suivi (absence de contrôle des yeux, des reins, du pied, du foie, du cœur, tous facteurs de complications de la maladie) ; plus de la moitié des patients présentent justement des complications telles que les maladies cardiovasculaires, le pied diabétique qui peut entraîner l’amputation, l’insuffisance rénale, etc. Le praticien indique également que la moitié des patients ne fait pas le self monitoring de la maladie, parce que ça coûte cher.  C’est pourquoi, au terme de l’étude, il a été recommandé d’accroître l’éducation des populations en général, et celle des personnes touchées en particulier, sur le diabète.  « C’est un facteur important dans la lutte et la prise en charge de la maladie, de même que dans l’auto-gestion », a indiqué le Pr. Mbanya. Et de lancer, un peu ironique, que ce ne sont pas les moyens pour lutter contre les maladies d’une manière générale qui manquent aux pays africains. « Quelques soirées mondaines ou des festivals budgétivores peuvent être annulés afin que l’argent qui y est destiné serve ) à éduquer les populations face aux maladies », a-t-il lancé.

Cette recommandation semble avoir été suivie par le groupe Sanofi qui est engagé dans la lutte contre cette maladie, entre autres, depuis des décennies. Outre la production d’insuline (14 à 15 tonnes métriques par an dans une usine entièrement dédiée à Frankfurt), cette firme internationale soutient beaucoup les associations de diabétiques à travers le monde par des formations et la mise à disposition de praticiens bien outillés entre autres. Le groupe a, par exemple, mis sur pied le concept de clinique du diabète et de l’hypertension, en collaboration avec les ministères de la santé des pays d’Afrique de l’Ouest et centrale. Il s’agit d’espace aménagé  dans des formations hospitalières, pour faciliter le diagnostic, la prise en charge, le suivi et l’éducation des patients atteints de diabète et/ou d’hypertension artérielle.