Lutte contre Ebola: Le Cameroun organise des tests volontaires

Les tests libres et gratuits effectués sur un échantillon de 200 à 400 personnes rentrent dans le cadre de la  prévention de la maladie.

Mené par la firme GlaxoSmithKline avec, entre autre, le soutien de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’essai vaccinal volontaire dénommé «ChAd3-EBO-Z» est destiné à des individus âgé de plus de 18 ans. S’agissant de la sécurité des sujets, les autorités du pays précisent qu’une assurance a été prise par le laboratoire GlaxoSmithKline pour la prise en charge et l’indemnisation de tout effet indésirable inattendu ou grave.
Selon les autorités sanitaires, ledit essai exige que le sujet qui souhaite y participer soit en bonne santé et bénéficiera préalablement d’un examen clinique et biologique approfondi et gratuit, ainsi que d’un suivi médical rapproché durant toute la durée de l’étude qui court sur un an.
On rappelle qu’aucun porteur du virus n’a été détecté à ce jour au Cameroun.  Mais lorsqu’on sait la rudesse de l’épidémie d’Ebola il y a quelques mois en Afrique de l’Ouest, , notamment en Guinée, au Libéria

et en Sierra-Leone avec plus de 11 296 personnes officiellement décédées, «nous ne pouvons pas rester les bras croisés en attendant que la maladie arrive chez nous», a déclaré le ministre de la Santé, André Mama Fouda.
Quelque 125 personnes ! C’est le nombre de personne volontaires inscrites aux essais cliniques de Yaoundé et Bamenda dans le cadre du test du vaccin à virus Ebola. Ce manque d’engouement de la part de la population se justifie par une campagne médiatique ayant créé la psychose au sein de l’opinion. «On a fait croire aux gens qu’en faisant des tests, on allait leur inoculer des virus mortels ou que le produit utilisé provoquait d’irréversibles effets secondaires sur leur santé», explique un agent de laboratoire du Centre Pasteur de Yaoundé.

Notoriété
Pour le moment, deux centres de dépistage ont été retenus à travers le pays, en l’occurrence, le Centre Pasteur de Yaoundé et l’hôpital régional de Bamenda, dans le Nord-ouest. En plus des tests volontaires, le Centre Pasteur serait disponible pour l’analyse de certaines molécules d’autant  plus qu’en l’absence d’un vaccin contre cette terrible maladie, la prévention reste la meilleure arme contre Ebola
En effet, la fièvre à virus Ebola est une maladie qui se manifeste par une fièvre, des douleurs musculaires, des maux de têtes, des vomissements et de la diarrhée. Cette maladie a causé la mort de plus de onze mille personnes au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone. Malgré le fait que le Cameroun n’ait jamais été touché, les autorités sanitaires ont choisi tout de même de tester ce vaccin dans le pays dans la logique de l’assertion « prévenir vaut mieux que guérir ». Ce choix d’essai vaccinal s’explique aussi par le fait que le pays veut gagner en notoriété sur le plan mondial et veut surtout se garantir une place pour le test de certains vaccins à venir comme celui du paludisme.
Raïssa Belane

Dénonciations
Depuis l’annonce de cet essai vaccinal, cette nouvelle a créé une polémique au sein des populations. Une association civile camerounaise non déclarée a engagé, sur les réseaux sociaux, une campagne de mise en garde contre cet essai vaccinal jugé «très dangereux» pour la santé humaine. A travers des messages anonymes, les promoteurs de ladite campagne conseillent aux populations de ne prendre ce vaccin «sous aucun prétexte». «Ce n’est qu’un d’essai, il est donc très dangereux. Ils proposent de l’argent pour administrer un vaccin ! Cela pourrait tuer des gens et infecter leurs entourages. Les Africains ne sont pas des cobayes», tels sont quelque propos que l’on peut obtenir de cette association. Dans les rues, les populations demandes aux autorités de se faire passer elles même pour ces cobayes.
Le Southern Cameroon National Congress (SCNC), un mouvement politique anglophone qui prône la sécession des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays, a rejeté «avec véhémence et sans équivoque le vaccin soi-disant contre Ebola». Dans un communiqué officiel, il demande à toutes les autorités traditionnelles, associations culturelles, de jeunes et de femmes ainsi que les leaders religieux, de passer le message du boycott aux populations sur une initiative à propos de laquelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS) «n’a pas encore fait de déclaration» à ce jour. Tout compte fait, le Minsanté a pris sa décision et ce qui sera fait suivra.