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LUTTE CONTRE BOKO HARAM:QUAND LA PROPAGANDE DIVISE

LUTTE CONTRE BOKO HARAM:QUAND LA PROPAGANDE DIVISE

Les terroristes se servent des préjugés ancrés dans notre société pour diviser et décrédibiliser la guerre qui leur est menée. La perfidie dont fait montre Boko Haram au front ces derniers jours avec l’usage des engins explosifs improvisés disséminés en territoire camerounais oblige les forces combattantes engagées par notre armée à revoir leur approche de la guerre.

Samedi dernier, les militaires de l’opération Alpha ont fait une immense rafle dans la localité de Doublé. Ils avaient appris par des informateurs que ce bourg était infesté de membres de la secte infiltrés. Selon eux, les terroristes profitent de leurs affinités tribales dans les petits villages de Kanouris, pour se cacher et porter des coups dans leur dos. Les forces du maintien de l’ordre sont persuadées que des combattants de la secte se sont procurés des cartes nationales d’identité camerounaises et se confondent
aux populations.

Pour nos militaires, il ne fait aucun doute que de nombreuses populations des villages frontaliers du Nigéria dans l’Extrême Nord pactisent avec l’ennemi. L’armée pour prévenir cette situation a fait des propositions aux hommes politiques qui ne semblent pas suivies d’effets. « Nous avions abordé la guerre selon une approche globale ». Les soldats du Bir outre les combats, menaient des actions dites civilomilitaires. « Nous distribuions pour près de trois millions de FCfa de vivres dans des villages ciblés. Cette méthode a été mal vue de certaines autres administrations voire unités de l’armée. Ils pensaient que c’était inefficace et inutilement couteux. On a fini par nous couper ce moyen de convivialité et les populations nous regardent comme des envahisseurs ».

Les opposants à cette opération de séduction du Bir soutiennent que la cause est perdue. Pis, que la région n’est habitée que de Kanouris ou de musulmans voire d’islamistes sympathiques au djihad des Boko Haram. Ils n’hésitent pas avec une étonnante facilité à faire l’amalgame entre Kanouris, barbus, musulmans, islamistes et terroristes qui pour eux sont tous pareils.

En revanche, l’approche militaire prônée par eux faite de combats et de rafles a très tôt saturée. Les lourdes pertes qui sont infligées à Boko Haram sont banalisées par une propagande dans la quelle les djihadistes excellent. « Ils prétendent que pour eux, le nombre de martyrs tombés au combat ne compte pas, seule a une signification à leurs yeux le nombre de recrues ou adhérents à la « cause » ou Djihad », confie un militaire.

Dans les villes et des lieux insoupçonnables, les vidéos des atrocités de la secte circulent. Des personnes faussement indignées les font voir à qui le veut bien ignorant que la secte les diffuse dans le dessein de se gagner des sympathies.

La secte qui s’est vue refuser l’allégeance (acte qui signifie qu’un groupe djihadiste est reconnu par l’Ei, qui dès que ce dernier l’accepte, le considère comme une filiale et cautionne ses agissements ndlr) qu’elle convoitait à l’Etat islamique (Ei) par Al Bagdhadi le leader de l’Ei, copie désormais le mode opératoire de cette nébuleuse.

Après la proclamation de son khalifat, Shekahu admet désormais des combattants étrangers.

Des combattants touaregs ont été aperçus sur le champ de batailles. Mais, ce qui semble réussir à Boko haram, c’est la portée de sa propagande qui tend à illégitimer les actions que les armées conventionnelles.

 

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