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Lutte contre Boko Haram: Le Gouvernement hypothèque l’aide américaine

Lutte contre Boko Haram: Le Gouvernement hypothèque l’aide américaine

Le Département d’Etat enquête sur des accusations de violations des droits de l’Homme par les forces de sécurité dans la guerre contre Boko Haram, ainsi que la gestion de la crise anglophone. Mais le gouvernement brille par un attentisme qui pourrait coûter au pays une précieuse assistance sécuritaire américaine.

Selon le bihebdomadaire Repères en kiosque ce mercredi 21 juin 2017, le Gouvernement camerounais ne semble pas prendre la pleine mesure de la situation.

En effet, explique le journal,  c’est depuis le 9 mai 2017 que le membre du Congrès américain M. Donald M. Payne. JR, a saisi M. Rex Tillerson, Secrétaire d’Etat américain à l’effet de solliciter l’ouverture d’une enquête sur des suspicions de violation des droits de l’Homme perpétrées par les éléments du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), unité d’élite des forces armées camerounaises qui bénéficie d’un soutien notoire des Etats-Unis dans la lutte contre cette nébuleuse. Cette aide pourrait être suspendue si lesdites informations reçues sont avérées.

Pour donner du poids à son action, M. Donald M. Payne. JR rappelle au Département d’Etat que son récent rapport sur les droits de l’Homme au Cameroun parle de détention et de torture par les éléments de la police et du BIR. Ledit rapport, souligne-t-il, invoque un incident survenu en mai 2016 au cours duquel les éléments dudit bataillon ont torturé à mort deux personnes, peut-on lire dans le journal.

  1. Donald M. Payne JR souligne surtout que les responsables de ces actes bénéficient d’une totale impunité. Dans le même sciage, le membre du Congrès invoque la crise anglophone, en notant que le gouvernement camerounais a violemment réprimé les contestations, usé de manière disproportionnée de la force pour disperser les manifestants, arrêté et persécuté les avocats contestataires, coupé Internet trois mois durant dans les deux régions en crise.

Même si le membre du Congrès salue les efforts des autorités camerounaises pour faire face aux défis sécuritaires dans la sous-région, notamment la menace de Boko Haram et l’éternel conflit centrafricain, il note cependant que les allégations d’exécutions extrajudiciaires et autres abus contre les manifestants impliquant le BIR sont inacceptables. Tout comme le harcèlement des activistes. Ce qui, à son avis, peut devenir un motif de radicalisation des populations. Tant de choses qui devraient permettre aux Etats-Unis de suspendre son assistance sécuritaire aux forces étrangères convaincues de graves violations des droits de l’Homme.

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