l’Institution camerounaise de l’enfance : La nécessaire réhabilitation

65 ans ! C’est l’âge qu’affiche aujourd’hui l’Institution camerounaise de l’enfance (ICE) de Betamba, située dans cette petite localité du département du Mbam-et-Kim dans la région du Centre. Inutile donc de rappeler que c’est sous la période coloniale, précisément par un arrêté du 11 mars 1952, que cette structure chargée de recevoir les enfants moralement et matériellement abandonnés, dont la plupart lui étaient confiés par des décisions de justice ou par le ministère des Affaires sociales pour leur surveillance et leur éducation, a vu le jour. L’institution a donc pris de l’âge et paraissait ne plus être que l’ombre d’elle-même. L’ICE qui a reçu ses premiers pensionnaires le 6 décembre 1952 n’existait plus que de nom. Si elle a été créée sous l’administration coloniale, c’est en 1968 que le gouvernement camerounais en a véritablement pris les commandes. La dernière rénovation de l’institution remonte également à cette période avec l’appui de partenaires suisses. Les enfants qui y étaient admis devaient apprendre divers métiers : l’agriculture, l’élevage, la mécanique auto, la vannerie, la maçonnerie. L’objectif assigné à l’Institution était la formation des enfants pendant une période de trois ans en vue de faciliter leur réinsertion sociale.

En avril dernier, le ministre des Affaires sociales a visité les locaux de l’ICE. Le gouvernement avait alors annoncé sa réhabilitation dans un avenir très proche, car les missions qui lui sont assignées trouvent encore leur fondement aujourd’hui. Ce département ministériel continue de faire face à la question des enfants abandonnés et qui ne demandent qu’à réintégrer le tissu social. Le gouvernement vient de décider de remettre l’ICE à flot par le biais du Génie militaire, une direction du ministère de la Défense qui va procéder à la modernisation selon les termes de l’accord de partenariat qui a été signé hier à Yaoundé entre le ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Joseph Beti Assomo et sa collègue des Affaires sociales, Pauline Irène Nguene. Il convient de rappeler que la convention signée hier rentre dans le plan de réhabilitation de cette institution décidé il y a peu par le gouvernement et qui s’étend sur la période 2017-2020. Une réhabilitation qui vise à adapter cette mythique institution au contexte socio-sécuritaire et en faire un « incubateur de développement pour la jeunesse inadaptée sociale au Cameroun à l’horizon », comme l’affirmait, lors de sa descente sur le terrain la ministre Pauline Irène Nguene.