L’insécurité aux frontières pèse sur l’économie nationale

Selon un rapport publié par le ministère camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, l’activité touristique à l’Extrême-Nord a baissé de 16%

 

L’insécurité à la frontière Est avec la République centrafricaine, mais aussi dans les régions septentrionales adossées au Nigeria, cause d’énormes dégâts dans le tissu économique du Cameroun, selon le rapport que vient de publier le ministère de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du territoire (Minepat).

Le document fait état d’une baisse de l’activité touristique à l’Extrême-Nord de l’ordre de 16%, la plupart des représentations diplomatiques accréditées dans le pays ayant formellement déconseillé à leurs ressortissants tout séjour dans ces zones régulièrement secouées par les exactions de la secte islamiste Boko Haram dénommée maintenant ”province ouest-africaine de l’organisation de l’Etat islamique”.

La région de l’Est, par contre, voit ses établissements d’hébergement crouler sous les demandes, du fait à la fois de l’afflux des réfugiés centrafricains et de l’arrivée massive de personnels humanitaires internationaux.

Ainsi, là où la même zone voit ses activités de transport augmenter de 1,7% en rapport avec la logistique humanitaire, l’Extrême-Nord enregistre un recul de 45% à cause de la fermeture des frontières terrestres avec le grand voisin nigérian.

 

Insécurité alimentaire: les populations exposées.

Ces phénomènes conjugués aboutissent à un recul notable du commerce dont le Nigeria est à la fois le principal débouché, le pourvoyeur en produits manufacturés et l’incontournable importateur.

Le secteur agropastoral est lui aussi sinistré, une situation aggravée dans le septentrion par la recrudescence des conflits entre agriculteurs et éleveurs et entre éleveurs. Ce à quoi s’ajoutent les incursions intempestives des bandes armées centrafricaines à l’Est ayant poussé les agriculteurs à abandonner leurs exploitations, sans oublier la difficulté d’approvisionnement en intrants qui augure une forte baisse des productions.

Dans les mêmes régions, selon le Minepat, plusieurs marchés publics sont menacés ou déjà atteint de forclusion suite à leur abandon par les entrepreneurs et à la mise en chômage technique des travailleurs.

D’une manière générale, ce département fait état de la montée en puissance du phénomène de contrebande, de l’expansion (+35%) de consommation du carburant frelaté encore appelé “zoua-zoua” dans l’Extrême-Nord, une région qui a également vu 25% du personnel hôtelier compressé selon les estimations du Syndicat patronal des industries hôtelières et du tourisme.