Ligue 1: L’ombre des attentats de Maroua a plané

Minute de silence, messages anti-terroristes, surveillance renforcée et autres mesures sécuritaires étaient au programme des matches de la 26ème journée programmés dimanche à Douala.

L’ombre des attentats terroristes perpétrés cette semaine à Maroua a plané sur les rencontres de la 26ème journée de la Ligue 1 programmés à Douala le dimanche 26 juillet 2015.

Le stade de la Réunification a connu une inflation du nombre des forces de police habituellement présentes. Postés à toutes les entrées, cellesci ont procédé à la fouille de tous ceux qui entraient dans l’enceinte du quartier Bépanda.
Les policiers s’attardaient spécialement sur les sacs. Ils les ouvraient et vérifiaient leur contenu. C’est la première fois que l’on voyait la police se déployer et agir ainsi dans l’arène de Bépanda. Tout près d’eux, des responsables et agents du Syndicat national des footballeurs du Cameroun (Synafoc) ont distribué des imprimés de couleur rouge sur lesquels était inscrit le message suivant : « non au terrorisme. Le football est un vecteur de paix et de cohésion sociale !!! Ensemble et unis, nous vaincrons !!! ».

Sur le terrain aussi, les attentats se sont invités. Les joueurs et officiels de la rencontre Botafogo- Panthère arboraient un brassard noir. Comme sur les autres stades concernés par les matches de Ligue 1 dimanche, le stade omnisports de Douala tout entier, a observé une minute de silence en mémoire des victimes des attentats- suicides qui endeuillent la Cameroun depuis deux semaines.
A propos du spectacle proprement dit, les choses n’ont pas commencé de la plus belle manière pour les footballeurs. Les protagonistes de la première rencontre Astres-Fovu de Baham ont souffert des intempéries. La pluie qui s’est abattue sur la capitale économique dès les premières heures de la matinée a inondé le gazon synthétique de troisième génération. La circulation du ballon s’en est trouvée affectée. Ce qui n’a pas empêché les visiteurs de Fovu de mener au score 2-0 avant de se faire rattraper au score et l’emporter finalement 3-2. La seconde partie a été plus disputée que la première. Notamment à la faveur de l’évaporation des eaux.
Panthère du Ndé a effectué une démonstration de force physique devant un Botafogo de Douala tout aussi entreprenant mais qui n’a pas su trouver le chemin des filets de son bien coriace adversaire. Les deux équipes se sont séparées sur un score nul et vierge mais ce résultat est loin de satisfaire l’entraîneur de Botafogo dont l’équipe n’a plus gagné de match depuis 4 journées.
Quant à Astres, l’autre équipe de Douala qui a évolué ce jour dans la « cuvette de Bépanda », elle reste sur deux défaites. Des défaites survenues alors que l’équipe est conduit par l’entraîneur adjoint Charlemagne Mbongo, le remplaçant de Richard Towa, en froid avec la direction d’Astres.

“Richard Towa ne nous manque pas”: Charlemagne Mbongo. L’entraîneur adjoint des Astres explique la contre-performance de son club face à Fovu.

Quelle lecture faites-vous de la prestation d’Astres cet après-midi ?
Fovu est une équipe qui était sous pression parce qu’elle est mal classée. Leur victoire est un peu poussive, mais Ngosso ayant remis les pendules à l’heure, elle a réussi quand même à trouver des ressources
pour marquer ce troisième but qui, je pense, est en train de les amener à sauver leur saison. C’est un match que nous avons joué comme les autres. Notamment pour revenir au score comme nous l’avons fait, vous comprenez que les gars avaient toute la volonté de gagner ce match.

Qu’est-ce qui explique que vous soyez menés 2-0 avant de réagir ? Votre équipe a-telle un problème ?
Non ! Nous avons été menés ici 2-0 par Yong sport de Bamenda. Nous sommes arrivés à revenir au score et à marquer le troisième but qui nous avait donné les trois points. Donc, c’est le foot ! Si aujourd’hui,
nous avions été menés et sommes revenus au score, cela veut dire que notre équipe a des ressources. Nous allons travailler pour éradiquer pour éradiquer ce problème qui nous fait toujours prendre des buts et commencer à courir après le score.

Parlons de vous. Vous êtes à la tête du staff technique d’Astres depuis quelque temps. Est-ce que c’est l’intérim qui se prolonge ou alors vous avez déjà endossé la tunique d’entraîneur titulaire ?
Je pense que vous conjuguez bien vous-mêmes votre verbe. Je suis en train d’assurer l’intérim en attendant que le directeur technique que vous connaissez bien et qui est le patron de ce projet que je suis en
train de conduire aujourd’hui puisse régler ses petits problèmes.

Comment est la vie sans Richard Towa ? Ets-ce que vous avez l’impression qu’un être vous manque ?
Nous continuons notre traintrain quotidien. Nous sommes des professionnels. Nous sommes engagés avec le club, pas pour un individu. Nous continuons à travailler pour que l’équipe ait des résultats. Nous ne dirons pas qu’il nous manque. Le dire serait vouloir que l’on considère qu’il y a des êtres indispensables. En matière de sports collectifs il n’y a ni joueurs ni entraîneurs indispensables. Vous vivez cette équipe depuis le début de la saison. A la première journée ici à Douala, le directeur technique n’était pas sur le banc de touche, j’ai assuré l’intérim. Contre Fovu à Bafoussam, il avait des problèmes de famille, j’ai assuré l’intérim. Si aujourd’hui, il tombait malade, estce que l’équipe arrêterait de travailler ? Je ne pense pas qu’elle va cesser d’exister parce qu’un individu est tombé malade.
Propos recueillis par P.A.N.

Ligue 1/Résultats de la 26ème journée
Coton sport – Lion blessé : 2-1
Canon sportif – Dragon de Yaoundé : 0-1
Apejes de Mfou – Tonnerre : 1 – 0
Botafogo de Douala – Panthère : 0-0
Ums de Loum – New Stars 2-1
Unisport – Union de Douala : 0- 0
Yong sport – Bamboutos : 1-1
Astres de Douala – Fovu de Baham : 2-3