Ligue 1 et 2: fin de saison électrique

Cette semaine, le championnat national de football, Ligue 1 et 2, va traverser sa 29e journée. Il ne restera plus alors que sept journées avant de connaître les lauréats 2015. Et si les fins de saison sont en général des périodes de suspense intense et de manœuvres diverses, on peut dire que l’incertitude atteint des sommets cette fois. La tension est, en effet, palpable sur et en dehors des stades. On pensait, par exemple, que le titre ne serait qu’une formalité pour Coton Sport, lui qui comptait jusqu’à très récemment encore, près de onze points d’avance sur son poursuivant immédiat. Mais voilà, un mauvais concours de circonstance (le retrait de trois points et la perte d’un match sur tapis vert) et une deuxième défaite en championnat (contre Union de Douala) lors de la 28e journée, relancent les débats. Le club de Garoua ne compte plus que cinq points d’avance sur son dauphin au classement. Derrière, les places pour les coupes africaines valent de l’or. En bas du classement, la messe est dite. Le Tonnerre de Yaoundé est relégué depuis plusieurs journées en Ligue 2. Pour le reste, Njalla Quan, Canon, Ums, Cosmos, Fovu ou Lion blessé sont dans une position inconfortable.

C’est également le cas de Ngoketundja et de Belabo, deux équipes qui veulent rester en Ligue 2. Problème, il n’y aura qu’une place en jeu, alors que Scorpion est presque déjà condamné. Ici, les trois premières équipes accèderont en division supérieure. On peut donc comprendre que la bataille soit féroce entre Racing, Aigle, Eding et Feutcheu. Outre des places sur le devant de la scène, il faut préciser que ces équipes se battent également pour les récompenses promises par la Ligue de football professionnel du Cameroun.

Les enjeux sont donc énormes et on peut comprendre cette ambiance délétère qui s’est installée dans le championnat. Didier Gomes da Rosa, le manager général de Coton Sport, a déclaré dans les médias que ses joueurs avaient été approchés par des adversaires. Une autre fois, c’est Bamboutos qui récuse un arbitre. On aurait également aperçu des responsables de tel club discuter avec des futurs adversaires pour trouver des arrangements à l’amiable. La probité des arbitres n’est pas non plus garantie, tant les hommes en noir condensent le flot des plaintes. Le moindre geste, le moindre coup de sifflet ou la moindre décision est interprétée selon les intérêts. Comme quoi, les matchs ne se jouent plus sur le terrain mais bien en dehors, avec diverses manœuvres souterraines. L’enjeu a définitivement pris le pas sur le jeu. A cela, s’ajoutent des rumeurs, démenties depuis le temps, autour d’un probable passage à 20 clubs la saison prochaine. Et du coup, aucune équipe ne descendrait.

Du côté de la LPFC, on reconnaît que l’ambiance se détériore chaque jour un peu plus. Mais, « on ne peut pas toujours tout contrôler », déclare Thérèse Manguele, secrétaire générale. La Ligue promet tout de même de se montrer sévère pour garder le calme. Ce ne sera certainement pas chose facile. La tension continuera de monter et on n’a certainement pas fini d’entendre les uns et les autres s’accuser de tous les maux. Espérons toutefois que cela ne nuise pas trop au spectacle sur le terrain parce que les spectateurs, eux, attendent de voir les acteurs se surpasser dans cette ambiance digne de l’époque de la Guerre froide.