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Les transporteurs narguent les populations

Les transporteurs narguent les populations

Après la hausse des prix des carburants intervenue la semaine dernière, certains transporteurs interurbains augmentent arbitrairement les tarifs de transport, foulant ainsi aux pieds, la réglementation en vigueur.

A Ngoumou, bourgade située à une cinquantaine de km de Yaoundé, grande est la surprise des passagers attendant les cars. Sans crier gare, les transporteurs de cette ligne ont pris l’initiative d’augmenter les prix la semaine dernière. Désormais, il faut débourser 750 F Cfa de Ngoumou à Yaoundé. Et 1000 F Cfa d’Akono pour la capitale. Petit Esso, chauffeur sur ce tronçon, se justifie «je mets désormais 4500 F Cfa de carburant, si les prix restent à 600 F Cfa, nous allons travailler à perte. Si rien n’est fait, nous serons obligés de grever».

Dans le hall d’attente, les passagers sont visiblement désorientés. «J’ai failli dormir à Yaoundé hier, car croyant que le coût était de 600 F Cfa. Je me suis retrouvé à payer 750 F Cfa. Et je me demande comment les chauffeurs peuvent-ils augmenter les prix sans avertir les passagers et sans une entente avec les autorités de la place» psalmodie une dame dépassée. A Mvan, les transporteurs se font peu diserts sur la question. Ici tout se fait dans la discrétion. Si dans certaines agences, les anciens prix sont toujours en vigueur, chez d’autres, il y’a eu une légère hausse de 500 voire 1000 F Cfa. Mêmes les mototaximen ont revu le coût de transport à la hausse. Du carrefour Nsam au collège Obam, il faut désormais débourser entre 150 à 200 F Cfa. La nuit venue, les prix grimpent encore plus 200 à 300 F Cfa, voire plus. Pour toute réponse «le prix du carburant a augmenté» grogne un mototaximan stationné.

Hausse arbitraire. La hausse des prix des hydrocarbures induit celle du coût des transports urbain et interurbain. Sur cette question, les personnes rencontrées sont presqu’unanimes. «Il en va de soi que l’Etat ayant augmenté le prix des hydrocarbures, le coût du transport allait subir le même sort, mais l’embêtant est que certains transporteurs décident d’eux-mêmes de fixer les nouveaux coûts, sans une concertation consensuelle avec les autorités administratives et surtout sans tenir compte du pouvoir d’achat des populations» déclare sous cape un fonctionnaire à Ngoumou. Approché un employé de la mairie de cette ville affirme que «les réunions sont en cours et que les prix doivent restés inchangés en attendant la fin de ces différentes rencontres. Nous sommes tous surpris de constater que pendant que les réunions se multiplient, les transporteurs prennent l’initiative d’augmenter les prix de transport». Et selon les sources bien introduites, les anciens prix (Ngoumou, 600, Akono 750 et Nfinda 1000 F Cfa) avaient été arrêtés entre les transporteurs et les autorités administratives de ce département (Mefou et Akono)

Et la loi. Le coût des transports urbains et interurbains au Cameroun est réglementé et fixé par le ministère du commerce et celui des transports en concertation avec les syndicats de ce secteur. Dans le cadre du ramassage des passagers par taxis, les prix ont été fixés la semaine dernière à 250 F Cfa en journée et 300 F Cfa dans la nuit. Cependant dans certains cas, le prix se négocie entre le passager et le chauffeur. «Quand je pars de Nsam à Olezoa , je propose 100 F Cfa, et la plupart des taximen acceptent» clame Aurélien Angongo, ouvrier dans un chantier à Obobogo. Le coût du transport interurbain est homologué comme suit : 14 FCfa/km pour des passagers âgés de 10 ans et plus. 7 FCfa/km pour les passagers de 7 à 10 ans. Les enfants de moins de 7ans sont exonérés. Les bagages se paient comme suit : De 0 à 100 km, un colis de 15 à 50 kg coûte 350 FCfa. De 50 à 200 kg, le coût est de 600 FCfa.

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