Les médias du Cameroun sont-ils si déconnectés de la proximité ?» : Analyse des sondages de Mars 2014

Les médias du Cameroun sont-ils si déconnectés de la proximité ?» : Analyse des sondages de Mars 2014

 

Après plusieurs semaines de discussion entre les médias en ligne vs médias sur papier, un sondage a été initié afin d’apporter plus de visibilité pour nos médias sur papier. Le sondage de mars 2014 fut effectué en deux temps afin de recenser les points détestés par les camerounais(es) ; En seconde manche du sondage, Les réponses ont été reprises dans le but de voir le pourcentage des points détestés et aussi voir les moments de la journée brisés pour lire les informations en ligne ; Les canaux de diffusion ont été en premier lieu Camer.be, ensuite différents fora estudiantins, politiques, médiatiques, et autres ; certains médias en ligne ont repris l’appel au sondage.

Pour ceux et celles qui n’ont pas participé, c’est qu’ils/elles déclarent n’avoir aucun rapport direct avec les médias. Il est important de souligner que le nombre de clics n’implique pas que le lecteur ou la lectrice a effectivement lu l’article qu’il soit court, moyen ou long; Ceci pourrait montrer que les sites les plus visités ne signifie pas que les articles sont forcément lus. Au fait ce sondage de mars 2014 fut une première campagne de sensibilisation pour une visibilité des médias(qualité, contenu, design, etc…) afin d’attirer les camerounais(es) à lire effectivement et à acheter également les articles produits par les médias.

Trois spécialistes du domaine sociologie, philosophie, politique, ont été invités à analyser les réponses aux sondages que nous livrons pour lecture.
En première partie, les analyses de ces  spécialistes du domaine sociologie, philosophie, politique ; Ensuite quelques commentaires commentés pris dans le forum 237medias.

Analyse 1 : On peut découper ce sondage en trois parties[Serge Banyongen, PhD]

I – démographie

Les personnes ayant répondus sont principalement les hommes pour une proportion de 70% contre 30% de femmes. Ces chiffres ne donnent pas cependant une indication sur la présence sur le net en fonction des genres. Il faudrait plutôt le percevoir en fonction de l’intérêt des hommes et des femmes qui sur le net comme dans la vie diffèrent.

La tranche d’âge des répondants est comprise entre 18 et 45 ans. Elle correspond effectivement à celle qui est la plus active sur le net. On constate néanmoins que la moitié des répondants a entre 26-35 ans. Ce qui correspond aussi à une tranche des camerounais qui en Europe et en occident disponible des possibilités d’accès au net mais aussi qui veut participer et faire acte utile de sa présence sur le net. L’absence des personnes âgées de plus de 45 ans ne signifie pas forcément qu’elles ne sont pas présentes sur le net mais bien qu’elles ne trouvent peut-être pas intérêt à y participer.

Quant au lieu de résidence des répondants, une grande majorité est situé dans l’hémisphère du globe. Cette déclinaison est sans doute mue par un accès plus facile au TIC. Dans ce contexte 25% des personnes résidentes au Cameroun est assez honorable puisque l’on peut laisser comprendre qu’au vu des difficultés de connexion des internautes dans le triangle national, il y a chez eux, une envie de capitaliser sur le temps qu’il y a passent et répondre à un suffrage en ligne sans motivation additionnelle que la fourniture d’information peut passer pour un luxe.

Il est à regretter que le sondage ne dise pas à partir de quel type d’appareils (mobile ou fixe) les réponses sont recueillies. Ce qui aurait donné une idée assez claire des habitudes de navigation des répondants et partant de leur capacité à obtenir les médias en ligne.

II- l’intérêt pour l’information

On peut dire que les répondants ont un assez grand intérêt pour l’information puisque plus de la moitié d’entre eux font une transaction en vue d’avoir accès à l’information. Le sondage ne permet pas de dire d’où se situent ceux qui paient le plus pour avoir accès à l’information. Il ressort toutefois que les répondants sont prêts à payer pour avoir de l’information peu importe la fréquence celle-ci a donc une valeur et du prix pour eux.
III- La préférence en matière d’information

Il ressort de ce sondage que l’information dite utile a la préférence des répondants. Il s’agit d’un type d’information donc l’exploitation sera susceptible d’apporter une gratification qui ne soit pas qu’émotionnelle. Il y a un contraste certes pas trop grand mais remarquable quand même entre les préférences de contenu des répondants qui fait la part belle à l’économie interne 70% mais aussi les nouvelles technologies pour 70% ainsi qu’à l’éducation et à la santé. Il est assez surprenant que le divertissement (sports, arts et cultures) occupe une si faible place. On peut en tirer deux conclusions : soit les répondants ont un niveau d’éducation assez élevé parce que l’exposition aux thématiques sélectionnées à défaut de nécessiter une érudition en la matière, requiert néanmoins un niveau minimum de connaissance pour en faciliter la compréhension. D’un autre coté cela peut simplement signifier que les répondants dissocient l’information utile produit par les médias généralistes de celle de divertissement produite par les médias spécialisés. Le sondage ne permet pas de connaître le type de médias qui servent de sources aux répondants.

Serge Banyongen, PhD
Part-Time professor / Chargé de cours
École d’études politiques / School of Political Studies
Université d’Ottawa / University of Ottawa
Édifice Desmarais / Desmarais Building
55 Laurier E., (Pièce / Room 9128)
Ottawa, Ontario K1N 6N5
Tél: (613) 697 – 5488

Analyse 2 : Présentation partielle des résultats Tangang Meli Loumgam dont la thèse de doctorat «  porte sur la gestion euro-africaine des migrations analysée sous le prisme du concept de gouvernance en mettant un accent particulier sur son caractère partenarial et démocratique »

Votre lieu de résidence

Dans ce sondage la moitié des participant(e)s réside en Europe et presque 39 % vivent en Afrique. Il est très intéressant de noter qu’un sondage basé sur le web connaisse une aussi forte participation en Afrique. On aurait en effet attendu que la participation africaine à un sondage et de surcroit basé sur le web soit moins importante. À l’opposée, la faible participation (7,41 %) des personnes qui résident en Amérique du Nord est étonnante. Cela est d’autant plus surprenant au regard de la forte communauté camerounaise qui vit dans cette partie du monde. L’accès au web est y plus aisé et la familiarisation avec les sondages est y plus vraisemblable. On peut expliquer ce résultat en émettant deux hypothèses. L’une serait étroitement liée au sondage lui-même. « camer.be » et certains fora ont servi comme plateforme pour propager le sondage. Peut-être que ces canaux ne sont pas fréquentés par les camerounais(es) de la région d’Amérique du Nord. Par ailleurs, cette faible participation peut  aussi avoir un rapport avec la langue. En d’autres termes, l’anglais aurait peut-être suscité plus d’engouement. L’autre hypothèse serait que les camerounais(es) de l’Amérique du Nord s’intéressent moins aux médias camerounais.

Quels sont les médias camerounais que vous aimez lire en ligne ou généralement sur papier?

À la question de savoir « quels sont les médias camerounais que vous aimez lire en ligne ou généralement sur papier? », 15 médias ont été cité. En tête de liste se côtoient deux quotidiens à capitaux privés. 74 % des participant(e)s aiment lire le quotidien « Le Messager » que Pius Njawé a créé en 1979. L’autre quotidien est « Mutations » qui le suit avec 2 % de moins. L’écart entre ces deux medias et les autres est très impressionnant. Seulement la moitié des personnes sondées déclarent aimer le journal à capitaux publiques « Cameroon-Tribune », ainsi que les quotidiens « Le Jour » et « La Nouvelle Expression » suivi de « L’œil du Sahel » avec quant à lui 40 %.  Après ces quatre médias, on observe à nouveau un grand fossé puisque le journal satirique « Le Popoli » et le « La voix du Paysan » qui suivent ne sont estimés chacun que par à peine un quart des participant(e)s. Entre ces deux journaux et les trois suivants, on note une fois de plus un écart considérable. Il s’agit de « The Post », « Le soir » et de « La nouvelle tribune » qui totalisent chacun 10 % d’opinion favorable. Le tableau finit avec « The Herald » (6%), « Dikalo » (4%), « Le Detective » (2 %) et « Le journal officiel » (2 %). Au regard de ces chiffres, on peut dire que la présente enquête laisse entrevoir une division du paysage médiatique en quatre groupes. Pour mieux comprendre cette typologie, il faudrait plus de recherches.

Alors que le quotidien à capitaux publiques « Cameroon-Tribune » est lu par la moitié des personnes sondées, « Le journal officiel » par contre n’est suivi que par 2 % de ces mêmes personnes. Manifestement, les personnes sondées accordent moins d’importance au « Journal officiel » qu’à la presse officielle. Ceci peut être expliqué d’une part par le fait que l’accès au « journal officiel » n’est pas toujours facile et d’autre part ce fait peut être imputable au manque de confiance à l’oral en faveur de l’écrit.

Il est enfin aussi important de révéler que le mensuel de l’entrepreneur rural « La voix du paysan » ainsi que le bi-hebdomadaire régional « L’œil du Sahel » occupent une place respectable dans le résultat du sondage. L’agriculture semble jouer un rôle important auprès des personnes sondées. Pour ce qui est de « L’œil du Sahel », il est difficile d’apporter une explication sur la base des données disponibles. Mais on peut supposer qu’il y a eu parmi les  participant(e)s beaucoup de personnes ayant une affinité avec le grand-nord du pays.

Quelle note attribuez-vous aux médias en ligne ou sur papier?

En ce qui concerne la question relative à la note que les personnes sondées attribueraient aux médias en ligne ou sur papier, il y avait 8 options de réponse allant de « excellent » à « très mauvais ». Certes aucun(e) participant(e) n’attribue les notes « excellent » et « très bien », mais presque les trois quarts donnent une note positive aux médias camerounais. Autrement-dit, seulement un quart trouve les médias « médiocres » (15,79 %), « mauvais » (5,26 %) ou « très mauvais » (5,26 %). Cela étant, comment expliquer que les meilleures notes ne soient pas attribuées, mais par contre les plus mauvaises ? Vraisemblablement, les participant(e)s estiment que les médias font leur travail de manière satisfaisante, mais sans distinction particulière. Cependant, ces médias connaissent des manquements graves. Au total plus de trente manquements ont été énumérés.

Si votre note est située entre [Passage – Médiocre] Pourquoi? 

La plus grosse critique que les deux tiers des personnes sondées émettent concerne la reprise des informations des agences internationales sans leurs propres analyses. En deuxièmes position viennent avec chacun 58,33 % le manque de professionnalisme, la légèreté dans le traitement de l’information, le manque de précision ainsi que l’analyse parfois très superficielle. Au milieu du tableau se trouvent la diffamation, la mauvaise qualité des informations sans sources de vérification ainsi que la mauvaise qualité des analyses.  Au sommet de la deuxième moitié du tableau, à peine 42 % des participant(e)s estime que l’ignorance / inculture, les louanges du pouvoir en place et le manque d’entretien des sites constituent un problème pour les médias camerounais. Arrogance, griotisme, titre ronflant sans rapport avec le contenu, manque d’investigation, mauvaise information, traitement du même sujet par tous les ressorts comme une simple copie, trop de sujet d’ordre politique suivent et sont approuvés par les un tiers des personnes sondées comme maux minant les médias. Un quart partage les avis selon lesquels les médias seraient trop colonisés et caractérisés par les débats transformés en séance d’injures, un style rédactionnel mauvais, l’inexactitude des faits et le manque d’un véritable breaking news. Seulement 16,67 % des participant(e)s croient que les médias ont un rapport avec l’acculturation, la division de la société en classes et le ternissement de l’image du pays. Au bas du tableau, 8,33 %  trouvent que les médias sont incapables de fonder comme médiateur, sont en proie au sensationnalisme et ont des contenus trop longs. Alors qu’un grand reproche dont tous les médias font face aujourd’hui concerne la tendance à la recherche du sensationnel, il est marquant de voir qu’aussi peu de personnes sondées  portent cette critique aux médias camerounais.

Lorsque l’on compare l’appréciation largement positive dont jouissent les médias camerounais et les critiques dont ils font l’objet dans ce même sondage, il apparaît une certaine contradiction. Contradiction parce qu’au regard les critiques faites, on aurait attendu une note plutôt mauvaise. Pourquoi dont ce résultat ambivalent ? Soit il est dû à la suite des questions donc à la minière par laquelle les questions se suivent. En d’autres termes, si la question sur les manquements avait été posée avant la question sur la note, on aurait eu un résultat différent. Soit l’ambivalence résulte du fait que l’homme est enclin à être très inspiré lorsqu’il s’agit d’apporter un jugement critique. Dans ce cas alors les participant(e)s auraient été très appliqué(e)s quand il a fallu justifier les notes négatives.

Analyse 3: Presse écrite camerounaise : Les habitudes de lectures de la diaspora camerounaise

1-La presse écrite camerounaise face au vent de l’Est et l’onction de la diaspora européenne et active

La presse écrite camerounaise connaît, depuis un certain temps, une décrépitude criarde. C’est pendant ces années de braise (de 1990 à 1992) qu’elle a connu une effervescence particulièrement mouvementée. Crise politique aidant, à savoir le vent des libertés de l’Est, le Cameroun se voit dans la mouvance des conquêtes des idéaux démocratiques qui secouent désormais l’Afrique noire particulièrement. Cette extase et cet enthousiasme font mobiliser les peuples restés longtemps sous des dictatures, voire du totalitarisme. Les camerounais plus avisés commencent à comprendre que l’heure est venue de changer complètement des habitudes de consommation car l’information devenait désormais une ressource indispensable à l’épanouissement des citoyens responsables et épris de liberté. Le besoin d’informations se fait donc ressentir. La bourse et le panier de la ménagère aidant, chacun s’est alors mis à la lecture des papyrus considérés comme outils de vulgarisation et de préparation de ce citoyen qui doit être toujours prêt à choisir les hommes et à assumer ses choix personnels.
Ce besoin grandit de plus en plus avec l’évolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) dans le monde. Nous avons notamment les télévisions qui se créent et se modernisent, les radios deviennent des FM avec une qualité du son semblable au disque CD, l’avènement des outils informatique qui a permis l’implantation des cybercafés et internet, etc. La presse écrite camerounaise, plus florissante encore, se heurte désormais à un challenge qui est celui de s’arrimer à la donne. Évidemment, elle sera alors confrontée au niveau de développement technologique du pays qui tarde lui-aussi à s’arrimer.  Ce qui est surtout grave, c’est l’accès à ces outils de première nécessité. Les années qui suivirent ces années de braise seront déterminantes pour les journaux qui réussiront à se maintenir dans la danse, car la révolution des nouvelles technologies ne seront pas les seuls à mettre la presse écrite en question. Les phénomènes comme le départ, pour ne pas dire la fuite des intellectuels des années de braise (les opposants et les étudiants formant le Parlement de l’Université de Yaoundé) et l’augmentation de la population universitaire, donc le monde universitaire et intellectuel, considéré comme les clients potentiels vont être aussi un coup dur pour cette presse. C’est cette catégorie de la population qui était considérée comme la plus grande consommatrice des journaux dits d’opinion. Les journaux d’opinion justement avaient pignon sur rue à cette époque. Comme il est mentionné plus haut, l’option des lignes éditoriales axées sur la formation de l’opinion, donc du citoyen, était bien pensée du fait que le multipartisme avait des exigences plus complexes que le citoyen devait maîtriser. Voilà donc pourquoi les chiffres obtenus du sondage nous montrent une concentration la majorité de cette catégorie se répertoriée en Europe (65%).

Pourquoi la diaspora européenne est-elle la plus active que toutes les autres, à savoir la diaspora de l’Amérique du Nord (5%) ? évidemment, il faut remonter dans le temps pour constater que les l’Europe et plus particulièrement l’Allemagne qui compte le plus grand nombre de la diaspora camerounaise dans le monde, a été le pays le plus attractif par le dynamisme de son économie et par le fait de l’histoire. Il est tout à fait certain que les camerounais étaient encore obnubilé par la grande Allemagne malgré sa défaite à la 2ème Guerre Mondiale. Ce pays, jusqu’à l’heure actuelle fascine toujours les jeunes générations actuelles. Il n’y a qu’à voir l’effervescence avec laquelle les jeunes bacheliers sollicitent les cours de langue allemande dans le but de poursuivre les études dans ce pays européen. La puissance économique actuelle de ce géant européen leur donne donc raison aujourd’hui. Ce pays attire la sympathie des Camerounais et même des Africains en matière d’innovations techniques et technologiques. Ce leadership allemand va encore être d’actualité pour beaucoup d’années encore compte de la permanence et de la régularité avec laquelle l’environnement économique s’adapte à l’évolution du monde, sans oublier l’accent mis sur le développement culturelle qui est par ailleurs l’un des gages de la fondation des savoirs scientifiques. Ce recours à la culture est surtout le socle par lequel l’Allemagne va bâtir sa réputation en matière de technologie convoitée par les Africains de la jeune génération. Voilà pourquoi les débat sur le recours à la culture a lieu actuellement chez les intellectuels actuellement avec la propension des langues nationales dans les écoles. L’Afrique de l’Ouest, dans ce domaine, est la plus avancée dans le développement des langues nationales dans les écoles. Vivement que les débats aient donc lieu pour faire avancer la science dans nos contrées.

2-L’émergence de la génération consciente et la position de la presse écrite camerounaise

Ces années de braise justement ont été marqué par une mobilisation de la jeunesse, plus particulièrement. A cette période, on pourrait estimer que la plupart des lecteurs des journaux écrits étaient des jeunes, puisque le Parlement, actif en faveur de la jeunesse, était l’un des acteurs les plus perspicaces de par son nombre. Cette tendance de la courbe serait loin d’être renversée aujourd’hui. Si la catégorie de la population (tranche d’âge entre : [26-35]) des lecteurs des journaux écrits s’évalue à 55%, l’on pourrait d’emblée situer l’âge de ces enquêtés à maximum 10 ans à l’époque des années de braise. Voilà donc le contraste ! Comment imaginer que les jeunes de 10 ans maximum pendant les années de braise se trouvent être aujourd’hui des plus grands lecteurs assidus de la presse écrites camerounaise ?

Cette catégorie d’âge est considérée comme une période transitoire entre le monde universitaire et le monde professionnel. Elle représente aussi une période de mutation et de transformation idéologique dans la vie d’un citoyen averti. Parmi ces transformations, il y a le besoin, non seulement d’insertion professionnelle, mais aussi et surtout le besoin de fonder une famille, d’avoir une vie personnelle stable, pour beaucoup d’entre eux. En considérant donc que la majorité de nos enquêtés se trouvent donc en Occident et particulièrement en Europe, nous pouvons aisément, par le fait-là, estimer que c’est cette catégorie-là qui s’exile le plus, donc qui est majoritaire en Occident. Les jeunes ayant suivi des études secondaires et universitaires au Cameroun et qui se trouvent butés par une orientation professionnelle au pays penseront, évidemment, à s’exiler. Les informations relatives à ces transformations sur le développement des pensées idéologiques, la construction et les transformations idéologiques sont donc importantes pour le développement l’individu et la formation du citoyen en plein croissance idéologique.

Cette catégorie d’âge représente aussi la période où les gens ont un réel besoin d’informations relatives aux convictions politiques. Cette période représente l’âge où la plupart des individus s’engagent politiquement. La consommation des journaux de tout bord et plus particulièrement de la presse écrite s’avère être un acte d’engagement citoyen. Les informations sur les activités des partis politiques, sur les événements à caractères économique, social et culturel sont importantes pour avoir une opinion sur l’état d’avancement du niveau d’évolution de la société à laquelle on appartient. En anthropologie humaine on parle de l’âge de raison, contrairement à la psychologie qui considère l’âge de raison celui qui suit après l’adolescence. Les Camerounais qui s’organisent à travers les associations d’entraide et association humanitaire sont en droite ligne dans l’action citoyenne. Les informations et les pensées idéologiques tirées de ces médias de la presse écrites incitent l’action citoyenne à travers le secours du pays sinistré par la mauvaise gouvernance. Les actions en faveurs de la population désœuvrée s’inscrit aussi en droite ligne dans cette volonté de prendre possession du système, donc le renversement des systèmes totalitaristes.

Les données de l’enquête nous révèlent un aspect important concernant la qualité des journaux. Il faut signaler que la notion qualité ici est générique. Pour la mesurer, nous avons fait appel au système de notation de huit (08) échelles (1. Excellent ; 2. Très bien ; 3. Bien ; 4. Assez bien ; 5. Mauvais ; 6. Très mauvais ; 7. Passable 8. Médiocre). La sentence est donc irrévocable : les journaux de la presse écrite sont considérés comme « passables ». Cette appréciation est tout de même observée par 30% de personnes enquêtées et cela démontre que le travail réalisé par les journalistes de la presse écrite est insuffisant. Ce jugement est à prendre en compte dans l’amélioration du contenu des journaux incriminés. Peut-être faut-il interroger à présent cette option éditoriale d’antan en l’orientant vers les contenus plus concrets. En effet, si l’on peut penser que les journaux d’opinion n’ont plus pignon sur rue et tendent plutôt à laisser la place aux journaux d’information, le changement de cette approche est encore à requalifier : les journaux de la presse écrite sont-ils majoritairement d’opinion ou d’information. La réponse à cette question permettra peut-être d’avoir une solution partielle à la question de la décadence de la presse écrite. Une autre question importante aurait été celle de savoir les raisons pour laquelle les camerounais attribuent cette note. Il y aurait eu matière à cogiter sur le sujet. Qu’à cela ne tienne, il faut le dire tout de même, cette note ne doit pas être une sinécure et c’est une volonté absolue d’amélioration que d’avoir les journaux écrits tournés définitivement vers la modernité, car la diaspora, frottée au monde Occidental où l’accès à la technologie et la modernité est de plus en plus considérée comme le souci majeure des gouvernants, ne voient pas d’un bon œil le niveau de développement de cette presse toujours à la recherche de ses repères après l’apparition des nouvelles technologies.

TCHAKOUNTE KEMAYOU Charlot Yves (TKC_YVES)

Université de Douala-Faculté des Lettres et Sciences Humaines-Département de sociologie
Domaines d’intervention: Sociologie du travail; Sociologie des organisations; Économie informelle; travail des enfants
Domaines d’actions caritatives: Protection et droits des enfants et des personnes en situation de handicap; Médiations

4. Commentaires commentés pris dans le forum 237médias

Un homme des médias camerounais a écrit l’autre jour dans le forum 237média qu’au Cameroun, « tous les médias vendent par jour entre 5.000 et 10.000 contre 100.000 exemplaires au Sénégal » où en septembre 2003, Youssou N’Dour auteur-compositeur, interprète et musicien sénégalais « crée un groupe de presse baptisé Futurs Médias à partir du journal L’Observateur (Sénégal), quotidien rapidement devenu le plus lu au Sénégal avec un tirage 100 000 exemplaires et complété avec la Radio Futurs Médias (RFM), et, depuis septembre 2010, de la chaîne Télé Futurs Médias (TFM) » [1] alors le « 2eme tirage en Afrique derrière El watan d’Algerie qui fait 200 000 ». Annie Payep d’arguer que « les journaux coûtent 200 FCFA au Sénégal» ce qui amènera Monsieur Tchienehom, Journaliste, basé à Douala et à Yaoundé de dire qu’« il y a un effort surhumain à accomplir! » au en Afrique en miniature.

A première vue, une des lectures comparatives serait que « 5.000 et 10.000  exemplaires » achetés par jour au Cameroun équivaut à près au nombre d’habitants d’un quartier de Baham ou de Monatélé, tandis que « 100 000 exemplaires » vendus au Sénégal feraient le nombre d’habitants d’une dizaine de quartiers dans le Mfounfi ;
Les média sénégalais seraient alors plus connectés à la proximité que ceux du triangle national qui est plus dans une perspective de se déconnecter de la proximité ;

Vérification qu’on peut entrevoir les propos de Mme Annie Payep de la télévision panafricaine voxafrica.com : « Les journaux coûtent 200 FCFA au Sénégal. Là-bas un modèle économique parallèle assez astucieux a été mis sur pied. Les petites annonces. De toutes petites annonces et les gens paient souvent entre 500 et 2000 pour les publier. Chercher une maison, un chien, une bonne, un plombier, vendre une voiture etc… On peut retrouver facilement une centaine d’annonces par édition. J’ai trouvé ça pas mal et astucieux. Après il reste que la répartition du marché de la publicité parait plus claire là-bas qu’ici de même que l’aide à la presse qui est quand même conséquente 530 millions en 2013 (public et privé) »

Ceci impliquerait à dire que les médias sénégalais sont pour « pour tout le monde » tandis qu’ils restent seulement à la portée d’une poignée d’« Élites-camerounaises riches » ; et que les annonces sont pour tous et out-off-luxe » au pays des Diop (Dirago, Cheick Anta); pendant qu’elles sont au pays de Mongo Beti, « pour un grain de sable des personnes riches aux « prix-in-luxe »

5. Solution : Connecter la masse dans les médias. Il n’y a pas seulement la politique comme sujets de débat ou à traiter

Sources
[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Youssou_N%27Dour

 

camernews-Revue_de_presse

camernews-Revue_de_presse