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Les journaux camerounais toujours à fond sur le rapport de la catastrophe ferroviaire d’Eséka

Les journaux camerounais toujours à fond sur le rapport de la catastrophe ferroviaire d’Eséka

Les journaux camerounais parus vendredi, au lendemain d’un jour férié du fait de l’Ascension, sont amplement revenus sur les contours du rapport publié trois jours plus tôt par la présidence de la République et relatif à l’accident ferroviaire du 21 octobre 2016 à Eséka, qui a fait 79 morts et plus de 500 blessés.Le Jour, dont le sujet constitue le titre principal, s’interroge lourdement sur le moment de la publication dudit rapport d’enquête par le chef de l’État, qui survient alors que la crise anglophone, dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, s’enlise au fil des jours.

L’hebdomadaire L’Essentiel, lui, salue à tout rompre cette diligence présidentielle : «On le disait lent, à la limite inerte, lui-même auteur de cette inertie dont il accusait souvent ses collaborateurs et enclin à laisser pourrir les situations, puis à enterrer les dossiers. Les Camerounais étaient convaincus que la Commission d’enquête sur la catastrophe d’Eséka ne rendrait jamais ses conclusions comme bien d’autres auparavant. Ils exhortaient le président de la République à livrer la vérité, tant leur douleur était grande et leurs critiques virulentes sur un patrimoine routier abandonné et un patrimoine ferroviaire bradé.»

La publication évoque un «Paul Biya inattendu», qui depuis quelques mois est au charbon, contrôlant, auditant, grondant, menaçant et brisant l’étau organisé de l’échec et de l’enterrement des projets, avec une capacité d’écoute et une volonté de comprendre et de réparer, si possible, et quoique cela coûte, les erreurs du passé dans la crise anglophone.

Comme le relèvent fort opportunément les prescriptions du président de la République, les ingrédients du déraillement, analyse le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, étaient malheureusement réunis pour que survienne une catastrophe de ce genre.

«C’est clair, le drame aurait pu être évité si les différents acteurs n’avaient pas autant minimisé le risque. D’accord, la décision de rallonger la rame a été dictée par le souci de répondre à une demande décuplée par la rupture de la circulation du l’axe routier Yaoundé-Douala, après l’effondrement d’un pont à Matomb. Sur le principe du bénéfice du doute, on suppose qu’elle a été prise de bonne foi. Cela justifiait-il que les vérifications sécuritaires élémentaires soient reléguées au second plan ? Non !»

Pour InfoMatin, la synthèse du rapport de la catastrophe ferroviaire, qui «a établi la responsabilité, à titre principal, du transporteur» Cameroon Railways (Camrail), filiale du Groupe Bolloré et concessionnaire du chemin de fer camerounais, est tout simplement un exercice de ponce-pilatisme dont le contenu est à la fois biaisé et orienté, évitant ainsi l’implication de membres du gouvernement.

Tour à tour, ce journal pointe l’implication des chefs de département des Transports et des Travaux publics, qui viennent ainsi d’être épargnés par une commission d’enquête composée essentiellement de hauts commis de l’État, et qui semble avoir eu pour principal souci de privilégier le principe de solidarité gouvernementale.

«Difficile, d’être à la fois juge et partie. Avec le recul, l’on comprend la réticence de certains acteurs publics à l’idée de la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, revendiquée par la société civile au lendemain de la catastrophe.»

 

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