Les Bonnes Affaires Des Délestages

Les commerçants des bougies, des lampes solaires, entre autres, font des recettes importantes.

Ce lundi matin (hier), Ousmane est au bord d’une rupture de stock. Revendeur de bougies depuis peu au lieudit Mvog-Atangana Mballa, une extension du marché Mvog-Mbi (situé en plein cœur de Yaoundé), il en est le principal fournisseur dans le voisinage. C’est que, face à la crise énergétique que traverse le pays depuis quelques semaines, avec son corollaires de coupures intempestives et prolongées, les habitants de ce quartier, comme ceux de la plupart des localités du Cameroun, font recours  à des moyens parfois des plus archaïques pour se procurer un peu de feu, une fois la nuit tombée. Tout est fonction de l’épaisseur de son portefeuille.

Dans la plupart des ménages de ce quartier, la bougie à usage domestique à la cote. « La semaine dernière, j’ai écoulé une vingtaine de cartons de bougies qui m’ont permis de réaliser de bons bénéfices », se réjouit Ousmane. Qui a augmenté son chiffre d’affaires en un laps de temps relativement court. « Avant, je tenais une caisse de cigarette. Je me suis mis dans ce commerce il y a environ trois semaines. Au fur et à mesure que le temps passe, les recettes sont bonnes, même s’il y a des journées mortes. Aujourd’hui, j’entends prendre des bougies en grosses quantités afin de les revendre aux petits boutiquiers », projette, galvanisé, Ousmane.

Comme Ousmane, bons nombres de commerçants connaissent des ventes importantes de leurs bougies. La spéculation s’installe même peu à peu. «Il y a deux semaines, j’achetais le paquet de bougies à 600 F Cfa. Après, c’est monté à 700 F Cfa, pour cumuler à 800 F Cfa actuellement », explique une consommatrice rencontrée hier au marché Mvog-Mbi.  À côté du commerce pour le moins florissant des bougies, celui des lampes solaires semble aussi avoir pris de l’ampleur ces derniers jours. Aussi bien les petits commerces, les grands magasins que les vendeurs à la criée trouvent leur compte ; preuve irréfutable de la bonne santé de ce petit secteur par ces jours de crise. On est parti du prix habituel de 15000 F Cfa l’unité (pour la plus chère) à 20.000 F Cfa. Du coup, les magasins chinois, qui offrent ces lampes à des coûts réduits, battent les records de vente à Yaoundé – ces objets étaient jusqu’ici prisés par les habitants des zones reculées non électrifiées.

Lampes-tempêtes   

Selon un responsable de l’une de ces échoppes, le prix des lampes varient entre 1500 F Cfa et 15 000 Fcfa. Les plus vendues sont celles qui coûtent entre 1500 et 2000 Fcfa. « Nous ne pouvons pas vous donner nos chiffres avec exactitudes, mais, ils sont acceptables», confie sous anonymat une employée d’un commerce chinois.

Si les lampes solaires et les bougies sont prisées, il n’en est pas de même pour les  autres moyens tels que les lampes-tempête et les lampes torches. « Les populations de Yaoundé sont de plus en plus modernes et préfèrent utiliser des moyens d’éclairage plus softs », explique Ali, soudeur et commerçant de lampes tempêtes. Il va donc de soi que dans un tel contexte,  les recettes du pétrole lampant dans les stations services n’aient pas connu jusqu’ici une amélioration.

« Sincèrement, nos recettes de pétrole sont stables. On ne peut vraiment pas dire que ces coupures nous avantagent. Nous avons les mêmes clients, c’est-à-dire les villageois qui prennent en grande quantité pour revendre dans les villages. Surtout qu’ici, c’est beaucoup plus une gare routière », explique un employé d’une station-service située à Mvog-Mbi. L’existence en petit nombre de groupes électrogènes à pétrole expliquerait aussi cette situation, tandis que la tendance est haussière au niveau des ventes du super et du gasoil, qui font tourner plus de 80% des groupes électrogènes.