Le gouverneur s’oppose à la tenue du colloque sur Ahidjo à Garoua

Le gouverneur s’oppose à la tenue du colloque sur Ahidjo à Garoua

Joseph Otto Wilson suggère que celui-ci se tienne ailleurs que dans le Nord.

Le colloque de Garoua annoncé les 7 et 8 février 2014 a de fortes chances de ne pas se tenir dans le chef-lieu de la région du Nord. L’entrevue qui s’est déroulée dans l’après-midi du 17 janvier 2014 dans les services du gouverneur entre Aboubakar Ousmane Mey, président du comité d’organisation du colloque de Garoua et le patron des lieux Joseph Otto Wilson, donne clairement les contours de son interdiction.

Flanqué de son secretaire général Fidèle Tegni, le gouverneur a clairement marqué son opposition à la tenue de cet évènement. Il craint, dit-il, des mouvements  incontrôlés. Autrement dit, une atteinte à l’ordre public. «Pourquoi n’organisez-vous pas votre conférence ailleurs, comme par exemple à Yaoundé où se trouve le siège des institutions. Pourquoi seulement Garoua alors que l’ancien Président était le Président de tous les Camerounais ? Je n’autoriserais pas cete rencontre à Garoua», s’est fendu le patron de la région. Aboubakar Ousmane Mey, venu présenter ses civilités au gouverneur et lui donner des garanties sur la tenue de la manifestation, a été totalement désarçonné.

«Le gouverneur que je suis allé voir par courtoisie m’a effectivement dit que c’est à Yaoundé que je dois faire tout le désordre là, que c’est là-bas qu’il y a des intellectuels. Il m’a demandé de les laisser tranquille à Garoua non sans m’avoir rappelé les positions de mon père et de mes frères dans le système. Il m’a dit que lui et les populations de Garoua ne comprenaient pas ce que je voulais faire, et même si j’avais demandé l’accord de la famille ? », a confirmé Aboubakar Ousmane Mey.

 

La sortie du gouverneur confirme de fait la position de l’administration : en l’état actuel, pas de colloque sous le thème : «Panser les mémoires plurielles blessées pour repenser le Cameroun » avec pour sous thème « Au de là des heurts et malheurs historiques liés à l’exercice du pouvoir, comment la Nation peut-elle être reconnaissante à Ahmadou Ahidjo ». Pis, l’administration considère le président exécutif de la Conférence de Garoua comme un dangereux subversif. Le 19 janvier 2014, le sous-préfet de Garoua 2, François Essomba Mabaya, flanqué de gendarmes, a fait une descente au Motel Plaza où séjournait Aboubakar Ousmane Mey. Il l’a mis en garde contre l’organisation de toute réunion illégale et sommé les responsables de l’hôtel de signaler toute rencontre qu’il pourrait organiser en ces lieux.

Le lundi 20 janvier 2014, c’était au tour du sous-préfet de Garoua 1er, Sardouna Ali, qui recevait la demande d’autorisation de manifestation publique dans son arrondissement, de signifier clairement qu’il n’acceptera pas sa tenue. «Il m’a dit que je ne recevrais jamais l’autorisation pour tenir cette conférence. Nous sommes dans le régime de déclaration et j’attends de voir ce que l’autorité administrative va dire pour rejeter la demande. Et c’est seulement après que nous aviserons », poursuit Aboubakar Ousmane Mey. La demande de manifestation publique a été introduite, faut-il l’indiquer, au nom de l’association Justice Plus et du Centre africain d’études stratégiques pour la promotion de la paix et de son développement (Caped).

L’évènement est prévu pour se tenir à la permanence du parti Rdpc, située à l’avenue des banques. De ce côté, l’organisateur ne devrait pas avoir beaucoup de soucis. «Il nous a contactés dans ce sens. S’il dispose de son autorisation de manifestation, il n’y a aucune raison que la salle ne lui soit pas accordée», rassure Ishaga Malam, responsable de la permanence du Rdpc. Il reste que l’attitude de l’administration surprend ici plus d’un. «Aminatou Ahidjo est venue faire campagne pour le Rdpc sans aucun problème, son frère est ambassadeur itinérant. S’il y a une rencontre sur l’ex-président, en quoi cela peut-il être un problème ?», s’interroge Moussa Abdou, un militant du Rdpc.

camernews-Ahidjo

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