LE GOUVERNEMENT CAMEROUNAIS DÉFEND LA LOI SUR LE TERRORISME

LE GOUVERNEMENT CAMEROUNAIS DÉFEND LA LOI SUR LE TERRORISME

Le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, a qualifié de ‘’flagrant délit d’altération de la vérité et de tentative d’instrumentalisation de l’opinion publique », la mobilisation à laquelle appellent des leaders de l’opposition et de la société civile au sujet de la loi récemment votée par le Parlement et relative à la répression des actes de terrorisme.

Dans un point de presse organisé lundi soir à Yaoundé, le ministre a dénoncé les ‘’manipulateurs » qui entendent, par ce stratagème, ‘’structurer la conscience collective du peuple camerounais tout entier sur l’idée que la promulgation de ce texte de loi constituerait un recul de démocratie et un retour à la pensée unique ».

M. Tchiroma les accuse aussi de vouloir provoquer, au sein de la population, un mouvement de rejet et de contestation à la fois massive et peut-être même violente.

Pour lui, ‘’des procureurs autoproclamés ont choisi de travestir la réalité des faits et de mettre à l’index » les institutions du pays, à commencer par la présidence de la République.

Le porte-parole du gouvernement s’est inscrit en faux contre des soupçons d’étouffement dans l’œuf et d’écrasement de toute velléité de protestation populaire, dans le seul but de préparer une succession incontestée au sommet de l’État, avec comme mode opératoire la réduction au silence de la presse, la militarisation tous azimuts de la justice ainsi que le recul de l’État de droit.

Les médias ayant relayé cet appel à la résistance ont aussi été pris à partie, accusés de véhiculer ‘’un agenda politique occulte, mais parfaitement huilé », dressé par des personnes prises en ‘’flagrant délit de mensonge et de tentative de désinformation ».

A travers sa définition, telle que contenue dans le texte querellé, l’acte de terrorisme, a-t-il soutenu, sort définitivement du champ politique en tant que mode d’expression idéologique et viatique de conquête du pouvoir dans un contexte de démocratie et d’État de droit, consacrant ainsi une dépolitisation de l’acte de terrorisme et, a contrario et à aucun moment, une sémantisation terroriste de l’acte politique.

Le texte, dont la promulgation par le président de la République est attendue, condamne à la peine de mort notamment tout individu accusé d’intimider la population, de provoquer une situation de terreur ou de contraindre la victime, le gouvernement et/ou une organisation, nationale ou internationale, à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque, à adopter ou à renoncer à une position particulière ou à agir selon certains principes.

 

camernews-Issa-Tchiroma

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