L’AÏD EL-FITR ET LA SECTE BOKO HARAM FONT MAUVAIS MENAGE

L’AÏD EL-FITR ET LA SECTE BOKO HARAM FONT MAUVAIS MENAGE

Pour rendre la guerre déclarée à Boko Haram par le Président Paul Biya plus efficace, et faciliter la tâche du terrain à nos militaires, c’est au peuple de dénoncer les membres de la secte et dénoncer leurs complices.

A Yaoundé, la capitale du Cameroun, comme sur l’ensemble du territoire national, la prière collective marquant la fin du mois de jeune de Ramadan a eu lieu le 28 juillet 2014, sous la menace d’une portion de pseudos musulmans, les islamistes de la secte Boko Haram. Après 30 jours de privations, d’abstention et de sacrifices corporels, les musulmans camerounais ont célébré la fin du jeûne de Ramadan dans un contexte de peur. Et pour cause, la veille de la célébration de l’Aïd El-Fitr, l’épouse du vice-Premier ministre Amadou Ali, ainsi qu’un chef traditionnel, des membres de leurs familles et des gendarmes ont été enlevés lors d’une double attaque meurtrière qui a eu lieu dans la localité de Kolofota dans l’Extrême-nord du Cameroun. Des hommes armés ont pris d’assaut la maison du sultan Seiny Boukar Lamine, et celle d’Amadou Ali, le vice-Premier ministre, ministre chargé des Relations avec le Parlement, Plus de 13 personnes ont été tuées.

Cette double attaque violente, inhumaine et quasi animalesque a donc fait des morts et de nombreuses personnes disparues. Attribuée au groupe islamiste Boko Haram, cette double attaque est venue teinter le Ramadan d’une couleur rouge de sang, dans une tuerie sauvage de sang froid qui n’a d’égale barbarie que la folie de ses auteurs. Dans tous les prêches à travers le pays, les Imam sont tous revenus sur la situation sécuritaire fragile dans la région de l’Extrême-Nord et ont qualifié les actes de barbarie perpétrés par les Islamistes de Boko Haram comme des actes bestiaux érigés en « crimes » que ne tolère pas les préceptes coraniques et la foi musulmane prise comme faux prétexte de lutte idéologique par les membres de la secte terroriste qui sème la mort au Nigéria et au Nord du Cameroun.

Oui, l’Islam, la vraie, n’est pas une organisation du crime, mais une réligion d’amour, de tolérance et de paix, d’unité et de solidarité. L’Islam du Prophète Mahomet n’est pas celle des hors-la-loi semant la terreur et la mort, la peur et l’émoi. La secte Boko Haram se sert de l’Islam comme un rempart. Un prétexte. Un mobile malhabile. Non, Boko Haram n’est pas musulman !

Aux quatre coins du pays, en plein air comme dans les Mosquées, les Imams ont tenu à clarifier l’Islam comme un socle religieux humaniste, et non comme une association abjecte de malfaiteurs. Les actes de l’Islam sont religieux. Ceux de la secte Boko Haram sont des actes irréligieux. Ces actes sont des agissements meurtriers de voyous et de bandits et sont condamnés par les Imams et toute la religion musulmane. La preuve du caractère irréligieux de Boko Haram réside dans les actes atroces perpétrés en plein mois de Ramadan qui est un instant de purification et de dialogue avec Allah le Très Miséricordieux. Un vrai croyant évite le péché pendant le Ramadan. Il ne perpétue pas le péché.

C’est aussi le modèle d’enseignement professé aux jeunes par les guides spirituels de l’Islam qui ont invité les jeunes à ne pas collaborer avec les terroristes et à ne pas devenir eux-mêmes des apprentis sorciers ou apprentis terroristes, car Allah en reconnait pas ses fils dans le crime. L’Islam au Cameroun est un Islam de tolérance, d’acceptation, de partage, de communion. Et la guerre que livre le président de la République, SEM Paul Biya contre Boko Haram est une guerre qui existe pour protéger notre pays fondé sur la laïcité et la tolérance, l’unité de tous les Camerounais, la démocratie et les libertés.

Le Cameroun, comme d’autres pays de la région, a renforcé sa lutte contre Boko Haram, après l’indignation internationale qui avait suivi l’enlèvement au Nigeria de plus de 200 lycéennes le 14 avril 2014. L’armée est déployée dans ce vaste territoire où les frontières sont poreuses et immatérialisées, des régions où les hommes se confondent, où d’honnêtes citoyens vivent avec des malfrats, et où, surtout la dénonciation des bandits n’entre pas dans les us et coutumes. C’est cette nébuleuse qui rend d’ailleurs al lutte contre Boko Haram difficile tant il s’agit d’une guerre furtive.

Nécessité d’une guerre totale

Devant une telle difficulté à distinguer le bon grain de l’ivraie, il n’y a que les populations qui peuvent aider l’Etat et le chef de l’Etat dans l’identification et la dénonciation des membres de la secte qui vivent fondus dans les populations. Les croyants ont aussi un rôle déterminant de dénonciation à jouer. La lutte contre Biko Haram doit se faire avec l’implication de tous les Camerounais. L’Etat vient de mettre en place des méthodes modernes de dénonciation par SMS (messageries téléphoniques) et des coups de fils sous anonymat devraient permettre plus d’efficacité.

Seules les populations des deux pays, le Nigéria et le  Cameroun, avec la sincère collaboration des services de renseignement peuvent venir à bout des cerveaux de Boko Haram, car comment comprendre que cette secte évolue en toute impunité entre les deux pays qui additionnent plus de 180 millions d’habitants tous les deux ? Comme Jacques Doo Bell du journal Le Messager qui se pose une kyrielle de questions sur Boko Haram, je me les pose aussi. Comment comprendre que Boko Haram arrive à garder ses otages pendant des jours, des semaines et même des mois sans susciter le moindre soupçon des voisins ?

Comment peut-on comprendre et admettre que cette secte puisse dissimuler, sans éveiller la vigilance du voisinage, quelques personnes comme cela s’est passé avec les membres de la famille française Moulin-Fournier, et les missionnaires ? Comment peut-on cacher plus de 200 lycéennes sans se faire avoir ? Il y a forcement des complicités et des traitrises. Qui sont donc ces « Juda » qui renseignent et guident l’ennemi ? Le cache, ne le dénonce pas et le protège ? A qui profiterait la déstabilisation du pays ? Mener une bonne guerre contre Boko Haram consiste à dénoncer les terroristes et à dénoncer tous ceux qui refusent de dénoncer. Peut-être même utiliser les mêmes méthodes que les terroristes en mettant leurs têtes à prix forts payés en euros et en dollar… Cette méthode a donné des résultats spectaculaires en Irak. Pourquoi pas ?

camernews-Boko-Haram

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